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La littérature comme matière vivante : l'art de la réécriture.
Publié le 30/03/2026
Tiphaine Samoyault vous présente son ouvrage "Toutes sortes de Misérables" aux éditions Seuil. Entretien avec Pierre Coutelle.
Dans cet échange, Tiphaine Samoyault explore la pérennité des classiques à travers le prisme de la réécriture et de la traduction. En prenant pour point de départ Les Misérables de Victor Hugo, elle analyse comment une œuvre accède au statut de "commun" mondial grâce à ses multiples avatars : éditions abrégées pour la jeunesse, adaptations cinématographiques ou comédies musicales. L'autrice démontre que l'idée d'un "original" pur est souvent une invention récente, rappelant que les textes antiques ou les pièces de William Shakespeare ont toujours été des matières mouvantes, transformées par les copistes, les traducteurs et les metteurs en scène.
L'entretien aborde les enjeux politiques et sociaux de ces mutations. Tiphaine Samoyault décrypte notamment la réception de l'œuvre de Victor Hugo en Chine via des traductions relais (japonais, anglais, russe), illustrant l'influence de la géopolitique sur la circulation des idées. Elle discute également de la modernisation de la langue chez Michel de Montaigne et de la fixation des contes par Charles Perrault, qui a parfois occulté des versions féminines plus puissantes. Loin de voir la réécriture comme une forme de censure, elle la définit comme la condition même de survie d'un classique : une œuvre qui n'est plus réinventée finit par se muséifier et mourir. Un plaidoyer pour une littérature active, capable de s'adapter aux sensibilités contemporaines pour rester un moteur de cohésion sociale.