Chargement...
Chargement...

Aquitaines : voyages immobiles

Auteur : Louis Émié

Paru le : 07/03/2009
Éditeur(s) : le Festin
Série(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Préfacier : Yves Harté

Un coup de coeur de Mollat

Le Festin réédite cet écrivain, « mystique et passionné », qui mérite que l'on se souvienne de lui.

L'Aquitaine n'existe pas. Ce n'est pas une découverte, c'est une triste constatation : on a chez nous plus souvent le sentiment d'être périgourdin, béarnais, basque ou landais qu'aquitain. Cette région, qui peut sembler à certains plutôt le fruit d'une logique administrative, est peut-être trop riche pour trouver à se contenir dans un seul vocable. C'est d'autant plus courageux de la part des éditions du Festin, qui depuis vingt ans s'activent pour faire reconnaître le patrimoine et l'activité de cette vaste contrée, d'avoir choisi de le mettre au pluriel dans le titre du recueil de textes de Louis Emié qu'elles font paraître aujourd'hui. Mais c'est précisément cette pluralité que la riche plume de ce grand oublié des Lettres bordelaises interroge tout au long des pages de ces « voyages immobiles ». Né en 1900 et fort d'une ascendance où l'Espagne venait se mêler au sang gascon, Louis Emié a traversé son siècle, « mystique et passionné » selon les mots d'Yves Harté qui signe une magnifique et très juste préface à ce livre, son œil de poète, car il était poète avant tout, relevant au gré de ses voyages ou de ses simples promenades des éclats de vie et de beauté, des souvenirs qui ne demandaient qu'à renaître. Aquitaines se propose de nous rendre cet écrivain et nous offre cette chance de renouer avec une voix perdue, une voix belle et claire qui connaissait le prix des mots. Avec lui le Bordeaux d'avant-guerre retrouve ses couleurs et ses nuances, ce port inquiétant et grouillant de vie s'anime au son de musiques changeantes : il y a ce pont transbordeur à l'ombre duquel une faune s'agite, il y a ce quartier de Bacalan dont Emié parle avec tant de ferveur, ces marchés aux puces où l'éternité côtoie l'éphémère, ces foires d'où sourd une mélancolie née dans l'enfance, ce Grand Théâtre où la grande bourgeoisie se donne en spectacle, il y a ce cours Victor-Hugo beau comme un fleuve où se lit toute la contradiction de cette ville refermée sur elle-même en même temps qu'ouverte sur le monde, il y a tant de souvenirs dans ce beau livre qu'on en sort plus vieux d'un siècle mais plus riche de mille histoires. L'art de la « promenade sentimentale » est porté haut par cet enfant de Guyenne qui a su mieux que quiconque raconter, à petites touches, à la manière de ces peintres qu'il aimait tant, la variété de ce pays qui est le nôtre et que nous connaissons si mal, arc-boutés sur notre savoir dédaigneux et nos a priori calcifiés. Il faut donc se presser de découvrir enfin cet oublié qui nous est rendu, que l'on se sente aquitain ou non…

PS : ce beau livre est augmenté de courts récits de Louis Emié qui à eux seuls auraient mérité de constituer un volume. L'évidence de son talent y éclate en quelques pages.



Retrouvez les coups de cœur et l'actualité du rayon Littérature sur son blog tenu par les libraires.

20,00 €
Expédié en 24/48h
Livraison à partir de 0,01 €
-5 % Retrait en magasin avec la carte Mollat
en savoir plus

Résumé

Un portrait passionné de l'Aquitaine : Bordeaux et son port, ses dockers, la Gascogne et ses gestes, ses paroles, ses visages, l'Espagne et ses fonds de cafés où le castillan était la seule langue autorisée. ©Electre 2017

Quatrième de couverture

Aquitaines Voyages immobiles Il y a, dans ces Aquitaines contemplatives, sensuelles et passionnées, une géographie des mots, des odeurs et des corps, le portrait d'un Bordeaux en clair-obscur, du temps du port, des dockers et de la canaille. Il y a les formes puissantes et généreuses de la Gascogne, le journal des heures au travail de la terre, des gestes, des paroles et des visages. Il y a aussi l'Espagne, à laquelle Louis Emié, poète, romancier et journaliste à Sud Ouest, était étroitement relié par sa mère, cet autre pays dont il fit la connaissance au fond de cafés où le castillan était la seule langue autorisée. Mais surtout, il y a Emié lui-même, « l'autre » grand oublié de Bordeaux - comme l'ont été ses amis Raymond Guérin et Jean Forton -, dont on redécouvre, à travers ce recueil inédit de textes, la langue unique, intense et mélodieuse, celle d'une âme espagnole façonnée par la France.

Contenus Mollat en relation

Dossiers

Pages de plages (2)

La suite de nos choix de lectures estivales...

Fiche Technique

Paru le : 07/03/2009

Thématique : Littérature Française

Auteur(s) : Auteur : Louis Émié

Éditeur(s) : le Festin

Collection(s) : Les cahiers de l'éveilleur

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-915262-89-6

EAN13 : 9782915262896

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 218

Hauteur : 21 cm / Largeur : 14 cm

Épaisseur : - cm

Poids : 500 g