Très jeune, il se tourne vers la poésie : à seulement 14 ans, en 1965, il écrit son premier poème. Animé par sa passion du cinéma, il assiste à de nombreux cours de théâtre au conservatoire de Champigny-sur-Marne, sous la direction de Jacques Baillon. C’est à ce même mentor qu’il présentera sa première pièce, qu’il aura la chance de monter, et représentera dans le cadre de cet atelier.
Depuis le milieu des années quatre-vingt, il a écrit une dizaine de pièces. Ses œuvres, souvent teintées d'humour noir, abordent des thématiques profondes liées à la vieillesse, à la peur de la mort et aux dynamiques familiales.
Son premier grand succès, et pas des moindre, s’intitule Chambre 108. Il lui vaudra d’ailleurs la nomination du meilleur auteur aux Molières de 1991, distinction qu’il obtiendra à nouveau à l’édition de 2000 pour Raison de famille. Le dramaturge s’essaie même aux récits politiques, avec l’avant-scène Le voyage, dans lequel il explore les thèmes de l’immigration et de l’inconnu. Une pièce moderne, qui reprend de manière critique le mythe du rêve américain, où l’inconnu et le déplacement deviennent des métaphores de la condition humaine. Plusieurs metteurs en scène l’ont adaptée depuis 1997.
Ses personnages sont souvent à un moment charnière de leur existence, confrontés à la perte d’autonomie, au déclin de la mémoire, ou à la proximité de la mort. Ce qui nous frappe dans ses œuvres, c’est la dramaturgie du détail, du quotidien. Trouver le tragique dans une simple discussion de famille, un non-dit, une chambre d'hôpital. Lors d’une séance de dédicace à Villeneuve-sur-lot, il avouera d’ailleurs « Ce qui m’intéresse, c’est la comédie humaine ». Fin observateur de notre société, il retranscrit avec une grande justesse la finitude de l’existence, nos contradictions, et la fragilité du temps dans des dialogues tout simplement magnifiques.
Très attaché à la transmission de la littérature et de la lecture en général, Gérald Aubert mène depuis quarante ans une carrière de bibliothécaire en Seine-Saint-Denis. Ce choix n’est pas anodin puisqu’il lui permet de former les futurs bibliothécaires et ainsi partager sa passion de la lecture.
Depuis 2013, il assume des responsabilités de gouvernance et de gestion financière à la SGDL (Société des Gens De Lettres). D'abord administrateur, il a ensuite été chargé de la trésorerie de l'organisation pendant sept ans, assurant ce mandat de juin 2014 à juin 2021. A présent membre du comité, il siège à l’instance dirigeante de l’association.