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Adieu Dubillard

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Publié le 15/12/2011
L'écrivain français Roland Dubillard, maître de l'absurde, frère de plume d'Eugène Ionesco et de Samuel Beckett, vient de nous quitter à l'âge de 88 ans.Hommage
Roland Dubillard est né à Paris en 1923. Passionné de théâtre, il s'y consacre après une licence de philosophie. Paradoxe ou simple évolution ? En tout cas, il est plus qu'un simple dramaturge, puisqu'il écrit aussi de la poésie, des essais et des comédies. Son talent émerge grâce à Jean Tardieu qui lui commande de petits sketches pour la radio. Le succès est immédiat. C'est le temps des jeux sur le langage, sur son absurdité. Ses dialogues désopilants sont repris dans des spectacles donnés sous le nom de Diablogues — un ensemble de courtes scènes à deux, dont la seule prétention est de faire rire sans bêtise, comme Le gobe-douille ou L'eau en poudre — sur plusieurs scènes de la capitale. Il fait même partie des acteurs qui interprètent ses textes. Clown moderne, c'est dans son visage lunaire, ses gestes, que toute la subjectivité de ses textes prend une valeur originale dotée d'un humour mélancolique. Naïves hirondelles, sa pièce la plus connue, donnée pour la première fois en 1961, connaît un immense succès. Les personnages de Naïves hirondelles, marginaux, parlent pour ne rien dire, tentent de vivre sans y parvenir, se livrant à des activités dérisoires. Le style est plein de naturel ; il y a une tendresse toujours voilée d'humour, jusque dans ses trouvailles les plus inattendues. Sur cette lancée, Dubillard écrit la Maison d'os, l'histoire d'un vieillard livré à des serviteurs fantomatiques. En 1969, il continue avec Le jardin aux betteraves, l'histoire d'un quatuor de violonistes, tous enfermés dans une maison de la culture en forme de boîte à violon... On découvre que la maison est tour à tour un sous-marin, un train et un vaisseau spatial ; le voyage se poursuivra follement jusqu'au fond des abysses. Les Crabes et Les Bains de vapeur en 1970, Où boivent les vaches en 1972, sont appréciés par un public fidèle. Dubillard publie en 1974 un recueil de nouvelles, Olga ma vache, qui raconte la violente passion qu'un ruminant inspire à son propriétaire. Cet étrange amour plonge cet homme dans les situations les plus vraisemblables, vécues avec une intensité et une fantaisie désespérées. Prises dans un engrenage d'horizons tous différents, en confrontation ou en fusion, les œuvres de Roland Dubillard proposent la lecture d'un monde paradoxal. Les pièces de théâtre de Roland Dubillard sont régulièrement à l'affiche, notamment de la Comédie-Française. On a ainsi pu voir André Dussolier reprendre ses textes dans Monstres sacrés, sacrés monstres.


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