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Champagne pour tout le monde…caviar pour les autres

Publié le 06/11/2009
Les occasions de déboucher le Champagne sont trop rares et Noël semble assez loin encore malgré les promesses lumineuses des magasins en avance : alors laissez-vous entraîner par les petites et douces ivresses de livres sélectionnés par nous pour leur vertu réconfortante. C'est l'heure de l'apéro !
Nous rêvons tous d'histoires d'amour et l'âge n'y fait rien. Mais le monde moderne qui nous bassine de romances sur tous les écrans en est bien avare. Heureusement il reste des auteurs comme Martin Page pour nous plonger dans la virtualité absurde de la relation amoureuse et nous en faire sourire. Son modeste héros reçoit un jour un message sur son répondeur : une jeune femme le quitte…Son problème, c'est qu'il ne sait pas qui elle est…Va s'ensuivre la quête bizarre d'une femme d'autant plus fantasmée qu'elle est programmée pour vous quitter. Avec Martin les Pages tournent toutes seules, vives et enchantées malgré une pointe de désabusement. Peut-être une histoire d'amour ? sans doute…Mais, Champagne !
Vous l'aimez frappé le mousseux ?  ça tombe bien, le réfrigérateur est une spécialité d'Alain Monnier qui en a truffé son dernier roman. Il faut dire que son héroïne manque de veine : le sien tombe en panne, celui qui le remplace aussi, et le suivant itou également. Ce sera l'occasion pour elle de rentrer dans l'univers des communicants en tout genre, des dysfonctionnements de la société de consommation et de l'absurdité étourdissante parfois  de l'humain. Drôle, fin, intelligent, Monnier nous laisse un petit goût glacé sur le palais comme lorsque l'on mange un Mister Freeze.
En parlant de ce délice que l'on mange souvent au goûter, nous pensons tout de suite à l'héroïne Du vent dans mes mollets. A 10 ans, Rachel, est une petite fille déjà singulière. Entre ses copines, les goûters d'anniversaire ratés, les Barbie et ses parents bizarres, nous voici embarqués avec elle chez la psychologue, car voyez-vous, Rachel dort toute habillée avec son cartable, et il nous faut élucider ce mystère. Amusant et intelligent, cette courte comédie est un délice. Ce coup-ci ce sera plutôt du Champomy…
Bonne nouvelle pour les amateurs de Bush (pas la famille…), Piège nuptial du célèbre Douglas Kennedy renaît en poche et sous son nouveau titre (beaucoup l'ont lu sous celui de Cul de sac). Le héros, un journaliste, veut prendre des vacances dans l'Australie profonde sans se méfier des kangourous qu'on lui avait bien dit d'éviter. Résultat : ce n'est pas les kangourous qui vont le malmener mais d'autres mammifères et bien en chair : les femmes ! Et notamment une auto-stoppeuse un rien déjantée qui va lui faire passer des moments pas piqués des vers. On s'amuse énormément au pays des koalas même si les bulles, ici, sont plutôt celles d'une bonne bière chaude.
Retour en France, profonde comme une forêt des Ardennes, avec l'hilarant Franz Bartelt, qui sait lever le coude pour nous tirer de son panaché des nouvelles cocasses et tendres dont il a le secret. Le constant télescopage entre ses personnages, plutôt rustres et un rien mal dégrossis, et son vocabulaire, toujours surprenant, crée un irrésistible effet comique. Le bar des habitudes, une adresse à bien noter dans ses adresses favorites où emmener trinquer ses amis.
Choc des cultures entre l'urbain et le rural : une nana rencontre un mec, tout les sépare, elle bibliothécaire branchée, dans le vent, lui à la tête d'un troupeau de ruminants. Veufs tous les deux, ils vont se rencontrer au cimetière et imaginer réapprendre à vivre. C'est sans compter sur ce qui les sépare qui est bien plus profond que la tombe que chacun visite avec de moins en moins de ferveur. Etrange romance qui va tourner en eau de boudin, bluette qu'on a envie de conseiller à sa meilleure copine, ce petit pétillant petit vin suédois ensoleillera votre soirée d'ennui.
Dernier petit tour au royaume de l'absurde avec Joël Egloff qui signe avec L'homme que l'on prenait pour un autre une comédie dans la lignée de Marcel Aymé. Vous serez vite complice des aventures du héros malheureux et pourtant si drôle de ce roman qu'on ne lâche pas car ce garçon a la fâcheuse manie de réveiller chez les gens qu'il croise des souvenirs qui n'ont rien à voir avec lui (on a tous vécu ces discussions avec de parfaits inconnus qui vous prennent pour un autre, moment toujours drôle et un rien inquiétant…). Par procuration il va donc devenir un autre puis passer dans la peau d'un autre encore, entraîné par ce vertige qui consiste à assumer qui l'on n'est pas. Heureusement avec Egloff, ce qui pourrait être un cauchemar se transforme en comédie allègre, soda glacé dont les bulles explosent doucement sur le palais.
Mais tous ces apéritifs nous ont donné bien faim…

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