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Hommage à Sempé

Une actualité de Libraires BD/Manga
Publié le 12/08/2022
Génie éclectique, éternel optimiste, mélancolique, nostalgique... Au revoir Monsieur Sempé

"Il m'a fallu une grande force dans la vie pour dire "Peut-être" quand je pensais "Non", "Nous verrons" quand je pensais "Oui" et "À bientôt" quand je partais pour de bon.” (Sempé - De bon matin)

Le 11 août 2022, l'illustre Sempé s'en est allé. 

En plus de 70 ans de carrière, Sempé a émerveillé des milliers de lecteurs grâce à ses personnages si délicatement croqués, souvent perdus dans d'immenses paysages, des villes inhumaines et des rêveries plus grandes qu'eux.

Son œuvre éclectique marque l’itinéraire d’un véritable génie au parcours protéiforme.

Auréolé de succès grâce à ses nombreux dessins publiés dans les journaux Sud OuestLe FigaroL’expressParis Match, mais également le mondialement connu The New-Yorker, nous nous rappellerons aussi de Sempé pour avoir donné vie, avec Goscinny, au plus célèbre des petits écoliers, l'inimitable Petit Nicolas.

Né en 1932, Sempé (Pessacais d’origine) commence sa carrière de dessinateur humoristique en 1950 en proposant au journal Sud Ouest des créations signées par un certain DRO (en référence à l’anglais “to draw”).

Mais avant de réussir à vendre ses premières planches, il commence le dessin à l’âge de 12 ans. Ayant grandi dans une famille peu encline à son élévation culturelle, Sempé trouve du réconfort à l’école, dans les lignes des fictions policières de Maurice Leblanc mais également dans les articles de magazines féminins des amis de sa mère. 

C’est en 1954 que le girondin fera une rencontre décisive en faisant la connaissance de la légende René Goscinny. Les deux compères se lieront très vite d’amitié et après quelques péripéties plutôt mouvementées, la première aventure du Petit Nicolas prend vie dans la revue Le Moustique en 1955. 

C’est tout d’abord le journal 
Sud Ouest Dimanche qui passe commande auprès des deux amis et la forme que nous connaissons actuellement, une petite histoire parsemée de dessins, est adoptée. Scénarisé par Goscinny et mis en image par Sempé, et à la demande du courrier des lecteurs de Sud Ouest, l’histoire de ce petit écolier sera la première d’une longue série qui passionnera petits et grands et poursuivra sa publication en 1959 dans la revue Pilote (revue qui verra également grandit le plus connu des gaulois moustachu : Astérix). 

En parallèle du succès du Petit Nicolas, Sempé connaît la consécration dès 1953 en proposant ses dessins à de nombreux journaux. Et notamment en 1957 et sa collaboration avec le magazine américain Esquire où publient des grands noms de la littérature américaine.  Son parcours américain ne s'arrête pas là. En 1979, le magazine The New-Yorker propose en couverture la première collaboration de Sempé, association qui perdurera et qui permettra à l’artiste de créer pas moins d’une centaine de couverture pour l’hebdomadaire culturel.


En 1962, fort du succès du Petit Nicolas, les éditions Denoël proposent à Sempé un contrat d’édition.  Grâce aux albums Rien n'est simple et Tout se complique les lecteurs découvrent plus clairement un dessinateur qui croque avec autant de talent les malheurs du couple, l'envers des trente glorieuses que les petites lubies intimes. Parfois acide, souvent bienveillant il se dégage des dessins de Sempé un charme qui accompagne le lecteur longtemps.

Génie graphique et de l’humour, véritable touche à tout artistique ayant mis son talent au service du dessin, de l’écriture, de la peinture et de la caricature, Sempé restera dans nos esprit un éternel optimiste qui, bien que marqué par la vie et ses expériences dès son plus jeune âge, continuera de nous émerveiller même après sa disparition.

C'est avec admiration et grand plaisir que nous continuerons à parcourir son œuvre qui, tout comme l'aura de Sempé, restera éternelle ! 

Adieu Monsieur Sempé

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