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Hommage à Neal Adams et George Pérez

Une actualité de Libraires BD/Manga
Publié le 17/05/2022
Deux créateurs, deux esprits novateurs, deux légendes. Le comic-book super-héroïque perd aujourd'hui deux génies avec Neal Adams et George Pérez. Hommage à deux artistes ayant bousculé le grand monde des super-héros !

Début 2022, deux légendes du comic-book super héroïque américain nous ont quittés : George Pérez et Neal Adams.

Tous deux ont œuvré pour les écuries Marvel et DC Comics de longues années durant, chacun ayant apporté une pierre nouvelle à l’édifice gigantesque que représente l’industrie papier des super héros.

Aujourd’hui nous vous proposons un petit retour sur ces deux hommes qui ont remué pas mal de choses chez nos héros préférés.


Qui était Neal Adams ?

C’est en 1967 que Neal Adams fait ses premières armes chez DC Comics en remaniant la série centrée autour du personnage de Deadman (que nous verrons plusieurs années plus tard au sein des rangs de la Justice League Dark aux côtés de Zatanna, Constantine ou encore Swamp Thing). Ce que propose Adams c’est un trait plus réaliste, sombre et une construction des planches très proche d’une mise en scène cinématographique.

Toutefois, c'est en 1970 que Adams commence son travail de refonte du personnage du Batman. Jusqu’à présent mal mené dans le serial des années 60 avec Adam West dans le rôle du justicier milliardaire, le Batman redevient grâce au trait et aux écrits de Adams un vigilante noctambule très accès sur le côté détective. Le Batman récupère à l’occasion un batsuit plus sombre, des oreilles plus longues, des gadgets moins farfelus, n’agit plus que de nuit et n’opère en duo avec Robin qu’à de très rares moments. De plus, la némésis du dark knight, le Joker, récupère peu à peu sa psychologie de prince du crime et de psychopathe assoiffé de chaos et de violence.

C’est avec l’aide du génial Dennis O’Neil (créateur du personnage de Azrael magnifiquement rebooté dans le nom moins grandiose Curse of the white knight de Sean Murphy) que Neal Adams inventera celui qui est encore aujourd’hui un des plus grands adversaires du chevalier noir avec Ra’s Al Ghul. Ce dernier, un être immortel souhaitant purifier le monde en détruisant les plus grandes villes du globe étant gangrenées par la violence et l’injustice, est le seul ennemi du justicier à la cape à avoir deviné l’identité de son alter-ego civil mais également le seul à proposer au Batman de reprendre sa croisade suite à sa disparition.

Toujours aux côtés de Dennis O’Neil, Adams opère une résurrection au sein de l’univers DC, en proposant aux lecteurs une nouvelle aventure crossover (mélangeant les personnages de deux séries différentes) avec Green Lantern/Green Arrow (surement deux des super héros de l’univers DC les plus sous-côtés alors que réellement intéressant et intriguant). Avec cette nouvelle série, les deux hommes proposent une histoire plus mature, aux thèmes d’actualité et ancrés dans la réalité de l’époque. En effet l’archer et le protecteur du secteur 2814 combattront tour à tour le racisme, des dealers de stupéfiants mais aussi des leaders de sectes.

Côté Marvel, Neal Adams contribue grandement à la remise sur le devant de la scène du groupe des X-Men en ramenant les personnages phare de la série comme Magneto, Charles Xavier mais aussi les mechas traqueurs de mutants avec les Sentinelles. Toujours chez Marvel, Adams installe les pierres à l’édifice d’un des arcs les plus importants et cultes des Avengers avec la guerre qui oppose les Skrulls et les Krees (arc narratif repris dans le film Captain Marvel).

Le dernier coup de maître de Neal Adams aura lieu en 1975. L’adaptation cinématographique de Superman est en pleine préparation (le Superman de Richard Donner de 1978 reste encore aujourd’hui, avec le Man of steel de Zack Snyder, le meilleur film sur l’homme d’acier jamais fait) mais petit problème les deux pères du boy-scout en bleu et rouge (Jerry Siegel et Joe Shuster) ne furent pas crédité en tant que créateur du dernier fils de Krypton dans les crédits du futur métrage. Adams se sera battu pour les deux artistes et ces derniers seront bel et bien crédités au générique du film mettant en scène le regretté Christopher Reeves.



Qui était George Pérez ?

Connu pour son travail sur Les Vengeurs (Les Avengers donc) chez Marvel, George Pérez s'illustre grâce à son intervention sur la série des Young Teen Titans aux côtés de Marv Wolfman. La dite série voit Nightwing, Beast Boy, Raven, Starfire, Kid Flash et Wonder Girl affronter différentes menaces telles que Trigon (entité maléfique père de Raven) ou encore le mercenaire super-soldat Deathstroke. Petite aparté, l’arc des Titans développé par Pérez fait l’objet d’une adaptation télévisuelle réellement efficace et fidèle avec la série Titans actuellement diffusée sur Netflix.

Mais c’est en 1985 que George Pérez, accompagné de Marv Wolfman, va réellement impacter le monde du comic book super-héroïque. Crisis on infinite earths, soit le reboot le plus fou qu'ait connu DC Comics jusqu’à la publication de Flashpoint en 2011. Dans le récit, l’antimonitor (entité cosmique antagoniste) projette une vague d’antimatière ayant pour but de détruire toutes les terres présentes dans le multiverse de DC. L’équipe de super-héros composée de tout le panel de DC arrive à repousser la menace ayant pour résultante de faire fusionner toutes les terres parallèles en une seule et unique réalité amenant donc à un recommencement total des aventures de nos héros. S’en suivront des reboots et de nouvelles origines stories pour nos héros préférés dont le plus fameux sera le Batman Year One de 1986.  

Suite au bouleversement de l’univers DC Comics, Pérez s’en ira reprendre les origines et le futur de Wonder Woman en ancrant plus sa mythologie dans les récits de légendes grecques.

Très sporadiquement, l’auteur travaillera sur des séries telles que Hulk pour Marvel ou encore The return of Donna Troy (la Wonder Girl des Teen Titans) chez DC. 

Et en 2003, l’artiste revient pour un nouveau grand coup éditorial avec le crossover aussi génial qu’étrange JLA/Avengers ou les héros de la Justice League font équipe avec les membres des Avengers. 


Deux légendes, deux grands artistes qui auront réussi à remanier des catalogues éditoriaux s’étant enlisés dans un enfer de publication. Neal Adams et George Pérez resteront dans nos esprit et dans nos yeux de lecteurs comme des visionnaires ayant donné à nos héros préférés le visage qu’ils possèdent encore aujourd’hui, celui d’icônes et de symboles ayant transcendé leurs avatars de papiers.

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