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La rédemption par le polar... suite et fin

Publié le 23/08/2010
Troisième et dernière partie de notre visite aux auteurs enfermés.

Cesare Battisti , né en 1954, a, quant à lui, goûté aux geôles italiennes. Il fait un premier séjour en prison en 1968 au moment de la vague contestataire, prône la lutte armée. Déclaré "subversif" par l'Etat, il est condamné sans preuve à six années de réclusion pour braquage. Pris dans une rafle anti-terroriste, il parvient à s'évader après deux ans en cellule et prend le large, via la France, puis le Mexique. Il obtient le statut de réfugié politique et s'installe à Paris en 1990. Son premier livre paraît en 1992 à la Série Noire Les habits d'ombre et met en scène d'anciens militants des Brigades Rouges, condamnés à la prison à perpétuité dans leur pays et contraints à l'exil. Son oeuvre compte désormais une vingtaine de titres (dontBuena onda, Jamais plus sans fusil, Dernières cartouches, Vitoria) qui tous embrassent – voire embrasent - des motifs récurrents tels que : la politique, l'action, la lutte armée, l'engagement, la révolution.

Massimo Carlotto connait aussi le militantisme politique et l'emprisonnement. Il représente ainsi une nouvelle génération d'écrivains de polar, qui ont une grande expérience des sujets qu'ils abordent, parfois à leurs dépens... Membre de Lotta Continua, groupe d'extrême-gauche, il se retrouve arbitrairement emprisonné : du jour (le 20 janvier 1976) où il se présente à la police pour témoigner sur le meurtre d'une jeune étudiante, il est immédiatement accusé du crime, commence alors pour lui un véritable cauchemar. La machine judiciaire s'emballe : il passe six ans en détention, fait l'objet de onze procès, usant quatre-vingt-six juges ! - jusqu'au 7 avril 1993 où le Président de la République signe sa grâce ! Il est devenu bien malgré lui un cas judiciaire en Italie : "l'affaire Carlotto". Il raconte la cavale hallucinante d'un homme condamné pour un crime qu'il n'a pas commis dansEn fuite, autobiographie qui révèle ses talents d'auteur, confirmés dansLa vérité de l'alligator etArrivederci amore.

Battisti a participé à un collectif de nouvelles thématiques sur le thème de la prison, en compagnie d'autres auteurs de romans noirs français : Marc Villard, Jérôme Leroy, Thierry Jonquet, Serge Quadruppani, Gérard Delteil, Guy Dardel, Jean-Pierre Bastid, Franck Pavloff etc, qui tous ou presque ont en commun d'avoir eu affaire à la prison ou de s'y être intéressés, directement ou indirectement, comme détenus, éducateurs, animateurs d'atelier d'écriture, psychologue… L'ouvrage ainsi constitué est paru en 2001 sous le titreNoir de taule et présente l'intérêt de multiples approches sur le sujet.

Dans le même ordre d'idée, terminons en citant un autre collectifLe Poulpe en prison ; faut-il présenter le Poulpe, alias le libertaire Gabriel Lecouvreur, personnage bien connu des lecteurs de romans policiers, dont les aventures sont signées à chaque fois par un auteur différent selon le respect de certaines règles ? La particularité de ce volume-ci est d'avoir été écrit en prison par six volontaires de la Maison d'arrêt de Valence.

Le trio polar : Karine, Sylvie, Olivier

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