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Le Printemps des poètes 2010

Publié le 09/03/2010
Pour sa douzième édition, le Printemps de la poésie se pare de « couleurs femmes » en débutant symboliquement le 8 mars, jour de leur célébration dans le monde.
Pendant deux semaines (jusqu'au 21 mars), les femmes ne sont ni muses ni destinataires de vers mais mises à l'honneur en tant que créatrices d'univers et de langages qui n'ont rien à envier à leurs homologues de l'autre sexe. Ce festival donne l'occasion de vous présenter notre tour d'horizon de la poésie écrite par des femmes dont la diversité traduit la seule nécessité de (re)découvrir leurs voix singulières depuis la nuit des temps.

Arbres d'hiver Sylvia Plath
A la mort de son père, Sylvia Plath déclare : « Je ne parlerai plus jamais à Dieu ». Elle a 8 ans et ce grand drame marquera sa vie et ses poèmes au fer rouge. Douée mais sombre, sa vocation d'écrivain naît dès l'adolescence. Les poèmes de Sylvia Plath sont torturés, bruts et empreints d'une grande étrangeté. Le recueil Arbres d'hiver offre un excellent panorama et permet de découvrir en français et en anglais une poétesse de génie tout en ombre et en lumière.

Quatrains d'Emily Dickinso
En 2009, le toit de la maison – transformée en musée - d'Emily Dickinson s'est effondré, mais pas son talent. Considérée comme l'une des plus grandes poétesses du XIXème siècle, Emily Dickinson n'a eu de cesse de questionner la nature, la folie, la foi, l'amour et la mort. Ce recueil de quatrains, habité de fulgurances mystiques, est d'une modernité saisissante et influencera grandement la poésie américaine future.

Odes et fragments de Sappho
Recueil de la célèbre poétesse grecque à l'origine du terme saphisme, ce très joli ouvrage regroupe de nombreux fragments retrouvés un peu partout. Le lecteur a l'impression d'être une sorte d'archéologue. Douce, sensuelle, lyrique, guerrière, elle nous livre une poésie qui sonne comme étrangement actuelle, une poésie universelle qui chante l'amour.

Œuvres complètes de Cécile Sauvage
« Je veux me recueillir pour écouter ma joie, Ne te réveille pas d'un silence si grave. » Émule de Marceline Desbordes-Valmore, Cécile Sauvage porte ce nom terrible. Mais de sauvage, elle n'en a que le nom, car elle chante à travers ses doux poèmes la vie, la nature, la création et la joie d'être mère. Sa poésie la met à nu dans ce qui touche au plus intime. Ainsi, elle se livre sans fard avec simplicité et naturel pour notre plus grand bonheur.

Pas revoir Suivi de Neige rien et Récipients d'air de Valérie Rouzeau
Celle qui se proclame «toujours enfant» fait entendre depuis une dizaine d'années une voix assurément promise à durer. Assemblant les matériaux les plus composites, sa poésie oscille entre tradition et modernité, utilisant autant des vers rimés qu'une prose syncopée proche de la langue orale, des emprunts aux grands poètes du passé (Baudelaire, Apollinaire par exemple) que des références aux poètes américains contemporains qu'elle traduit également à merveille (Sylvia Plath et William Carlos Williams).

La poétesse et Biogres : Montaigne, Montesquieu, Mauriac de Liliane Giraudon
Avec «la poétesse» comme titre d'un de ses récents textes, Liliane Giraudon interroge plus que la part de féminin dans cette activité créatrice en se situant résolument du côté de ses «spectres familiers» ou «bien-aimé(e)s» (Walser, Tsvetaïeva, Rimbaud, Dickinson, Danielle Collobert,et dernièrement Montaigne, Montesquieu et Mauriac...) qui recomposent son «homobiographie» dont elle formule le projet sous la bannière du «vivrelireécrire» ou «écriredessiner».

Je te nous aime d'Albane Gellé
Disciple et amie de l'écrivain Antoine Emaz, Albane Gellé cherche à «dire au plus juste les émotions» avec les mots les plus simples. Dans un de ses derniers textes, il s'agit d'une histoire ordinaire entre «il» et «elle» (père/enfant ? amant/amante ?) scindés en courts textes sur l'immense page blanche de l'incommunicable et qui se rapprochent pour permettre un échange enfin possible entre «je» et «tu» dans un final éblouissant : «j'entre dans notre langue longtemps je te nous aime».

Très haut amour de Catherine Pozzi
En lisant Catherine Pozzi, son journal, ses poèmes, on entend les méandres de l'amour, du Très haut amour, qui enflamme l'âme et qui coupe, plongée dans le désespoir quand les sentiments se délitent... En filigrane se dessine sa liaison avec Paul Valéry, faite d'orages et de passion – entre éclats lyriques et déchirures.

Oeuvre poétique d'Alejandra Pizarnik
Poésie de l'intériorité, pureté de l'envol qui se fracasse, échos de silence et de tourmente, la beauté de la langue de cette grande poétesse argentine a la grâce du désespoir et de la lumière mêlés. Sa vie, insupportable douleur, s'achève à l'âge de 36 ans – elle s'est donnée la mort en 1972.

Requiem / Poème sans héros et autres poèmes d'Anna Akhmatova
La censure stalinienne a mis à l'index de nombreux poètes jugés «anticommunistes», ce fut le cas d'Anna Akhmatova, amie de Pasternak, Mandelstam, Tsvétaïeva, qui ne sera réhabilitée qu'en 1956. Sa poésie, mélancolique, porte l'empreinte de son destin. Elle évoque la douleur lancinante du quotidien, du temps qui passe, s'attarde sur un détail qu'elle transfigure, dépose au creux des mots sa révolte intérieure, car l'esprit du poète que l'on a voulu faire taire demeure fidèle à lui-même : indompté.


Céline C., Gwenaël Véronique M. et  Karine G.
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