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Littérature : nos favoris d'automne

Publié le 06/09/2006
La rentrée littéraire, ce sont près de 680 nouveaux romans qui arrivent sur les tables de la librairie. Les librairies ont donc lu pour vous, et élu leurs favoris.
Ouest de François Vallejo,V.Hamy
L'éditeur qui possède un sacré flair et une belle capacité à s'enthousiasmer y croit beaucoup et n'a pas manqué d'arguments pour nous vanter les beautés de ce nouveau roman de Vallejo déjà récompensé par de nombreux prix pour ses précédents opus. Nos réactions sont à la mesure de ce livre qui détonne dans le paysage romanesque de la rentrée : certains ont adhéré tout de suite, d'autres sont plus fébriles quand ce n'est pas circonspects, mais c'est plutôt bon signe (l'unanimité peut être suspecte…). Car ce livre vaut largement le détour et si l'on est pris par l'atmosphère étrange qui l'entoure, on ne le lâchera plus. Toute l'action se déroule dans le vaste huis clos du château des Perrières, propriété d'une famille de hobereaux dont la race achève de s'essouffler à l'ouest de la France en terres normandes. Le nouveau Baron qui prend possession du domaine a des idées neuves et le sang pauvre, on le dit rouge mais la vue du sang à la chasse le glace. Lambert qui a la responsabilité de ses chiens sent vite qu'entre son maître et lui, il va être question d'un affrontement où les crocs pourront déchirer profondément, que la terre qui les dissimule, les abrite ou les perd va être le théâtre de leur lutte, que sa famille est menacée et qu'il faudra en faire plus que la raison ne l'exige pour sauver son rang sinon sa place. On n'ira pas ici dévoiler l'intrigue très bien menée, préférant souligner le souci stylistique de F.Vallejo qui a trouvé un rythme, une langue pour coller à ces paysages, à ces terres capables d'engloutir jusqu'aux plus sombres péchés. Si Ouest n'est pas l'événement de la rentrée c'est en tout cas une valeur sûre qui confirme un écrivain en pleine possession de ses moyens littéraires et on aurait tort de ne pas y regarder de plus près.

Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer, L'Olivier
C'est d'abord un très beau livre jalonné de photos insolites et d'événements typographiques qui rythment le texte. C'est aussi et surtout une formidable mécanique romanesque à plusieurs voix qui interroge le passé pour tenter de saisir le présent et ne pas détruire l'avenir.
Oskar Schell est un petit garçon surdoué de 9 ans qui a perdu son papa dans les attentats du 11 Septembre. On tente de soigner sa mélancolie angoissée, ses manies, sa peur devant des questions (il en pose beaucoup), on ignore qu'il a intercepté les derniers messages de son père avant l'effondrement des tours. Il est persuadé qu'à ce titre il a une mission à remplir. Quand un an plus tard il découvre dans un vase une clef avec un nom, Black, il se persuade qu'il tient sa quête. Ayant établi la liste de tous les Black de la ville, il va entreprendre, alphabétiquement, d'aller les rencontrer pour leur demander quelle serrure peut bien correspondre à cette mystérieuse clef. Au-dessus de lui veillent d'étranges grands parents qui vont lui confier le mystère de leurs existences. Roman sur la mémoire et le deuil, Extrêmement fort…a ce charme des livres qui mettent en scène des enfants confrontés à l'inconnu face à des adultes heurtés par l'incompréhensible. .

Des chevaux noirs, Daniel Arsand, Stock
C'est la terrifiante histoire de Jo Harfang, pétri par les drames de ses ancêtres, qui du fond de sa prison nous raconte son épopée macabre.

Un texte troublant servi par une écriture cinglante, où le lecteur assiste le souffle court à la naissance d'un monstre. Un vrai choc littéraire.

Rien que du bonheur, Laurie Colwin, Autrement (A paraître)
Encore une fois mais hélas peut-être la dernière, Laurie Colwin comme une grande sœur bienveillante, nous raconte les désillusions des filles et leurs petites misères. Rien de spectaculaire dans ces histoires intimes, mais une justesse de ton et une clairvoyance qui nous réchauffent et nous enchantent.

Loin de soi, Anita Brookner, Fayard
Il est beaucoup question de solitude dans les romans d'Anita Brookner,dans ce dernier qui n'échappe pas à la règle,l'héroïne,à la mort de sa mère,cherche à remplir sa vie entre Paris et Londres,sans jamais trouver de félicité.



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