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MollatVox 23

Publié le 09/10/2008
Les coups de coeur sonores des libraires
Adeline Macéra présente Les Futures Mystères de Paris, Vol.1, la balle du néant, de Roland C. Wagner, J'ai lu
Temple Sacré de l'Aube Radieuse - appelez-le Tem - n'est pas un détective privé comme les autres. Dans sa branche, le talent de transparence est un sacré atout... sauf quand vous voulez expressément que les gens vous voient ! C'est donc affublé de son fidèle borsalino vert fluo et secondé par Gloria, l'I.A. glamour et révolutionnaire, que Tem mène l'enquête sur la mort, a priori inexplicable, d'un physicien en chambre close.

Thi Hanh Ma présente Le Petit livre des élections américaines, de Nicole Bacharan, Ed. du Panama
Barack Obama ou John McCain ? Après huit ans d'une administration Bush pour le moins controversée, l'Amérique se prépare à changer de président et plus encore à changer d'ère, en élisant peut-être le premier Noir de son histoire.
Cette élection-là, c'est aussi un peu la nôtre. Car les États-Unis pèsent lourd dans les affaires du monde, ils influencent notre économie, notre politique, notre culture, nos modes de vie...
Obama ou McCain ? Quelles sont les vraies différences ? Que disent-ils, eux, sur l'immigration, les retraites, l'éducation, le Moyen-Orient, l'Europe, la France ? En quoi le choix des Américains touchera-t-il les Français ? Et aussi : comment fonctionne leur système électoral ? Est-ce vraiment si compliqué ?

Martine Borderie présente Oranges sanguines de Troy Blacklaws, ed. Flammarion
Élevé dans une ferme en Afrique du Sud, Gecko a une enfance plutôt heureuse entre Beauty la nounou zouloue et Lucky Strike le cuisinier, une mère infirmière aux idées libérales et un père héroïsé qui chasse le zèbre et le springbok. Puis viennent la confrontation à la réalité de la ségrégation, l'éveil sexuel et l'apprentissage politique tragi-comique au lycée du Cap, alors que pointe un inquiétant nuage à l'horizon : la conscription pour l'armée sud-africaine.
Oranges sanguines évoque, dans une prose âpre et sensuelle, le désir et la peur de grandir d'un adolescent blanc en Afrique du Sud dans le monde violent des dernières années de l'apartheid. Dans ce prolongement autofictionnel du très remarqué Karoo Boy, le narrateur cherche à dégager les images fondatrices qui l'ont conduit à aimer plus que tout autre ce pays qu'il fut pourtant condamné à fuir en tant que déserteur.

Martine Borderie présente Best love Rosie, de Nuala O'Faolain, ed. Sabine Wespieser
Dans ce roman lumineux, Nuala O'Faolain met en scène une femme généreuse, tourmentée et attachante, qui fait siennes toutes les interrogations de l'écrivain. Best love Rosie est un grand livre sur l'âge, la solitude, l'exil, le sentiment maternel et les chimères de l'amour.
Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Rien n'a changé dans le quartier populaire où elle a grandi, et la cohabitation avec Min, dépressive et alcoolique, n'a rien d'exaltant. En feuilletant pour sa tante des ouvrages de développement personnel, l'idée vient à Rosie de s'occuper utilement en rédigeant un manuel pour les plus de cinquante ans. Sa seule relation dans l'édition vivant aux États-Unis, elle se frottera, non sans heurts, au marché américain...
Le roman s'emballe quand Rosie voit débarquer à New York la tante Min, qu'elle avait laissée, le temps d'un aller-retour, dans une maison de repos. La vieille dame est galvanisée par sa découverte de l'Amérique : elle se fait des amies, trouve un travail, et pour rien au monde ne voudrait renouer avec son ancienne vie. Encore moins pour reprendre possession de la maison de son enfance, que l'armée veut lui restituer. Rosie, elle, tombe amoureuse de ce lieu magique de la côte irlandaise, et va, dans une osmose avec la nature enchanteresse et les animaux qu'elle adopte, s'y laisser pousser des racines.

Anne-Sophie Leman présente Les carnets de Minna, d'Elsie Heberstein et Anne Georget, ed . du Seuil
Un quart de siècle après la mort de sa mère dans le camp de concentration de Terezin, en Tchécoslovaquie, Anny Stern reçoit un paquet transmis par un inconnu. Lorsqu'elle se décide finalement à l'ouvrir, elle découvre des lettres, des photos et surtout un carnet de recettes fait de pages friables cousues ensemble et couvertes de frêles écritures.
Après l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne en 1939, Minna Pächter est déportée, comme tous les juifs du pays, dans le camp de Terezin. Elle a 67 ans et n'a pas voulu suivre ses enfants et son petit-fils partis à temps pour la Palestine.
Avec ses compagnes d'infortune, Minna tente de résister à l'anéantissement programmé par les nazis en se réfugiant dans l'évocation de leurs vies passées. Malgré la faim et l'épuisement, elles se remémorent les recettes qui faisaient vibrer leurs foyers. Minna les griffonne sur des bouts de papier, avec l'espoir de les transmettre un jour à sa fille Anny. Avant de mourir, le jour de Yom Kippour 1944 à l'hôpital du camp, Minna confie le précieux carnet à un ami détenu, le chargeant de retrouver sa fille en Palestine et de le lui remettre.

Anne Georget a rencontré le petit-fils de Minna, David Stern, aux États-Unis. Elle a réalisé en 2008 un film documentaire retraçant l'histoire de sa grand-mère et de son Kochbuch.

David Raiffé présente Notes de Lumière de Ray K. Metzker, ed. Steidl
Espion bienveillant des villes de Chicago et Philadelphie, explorateur de paysages intemporels, Ray K. Metzker livre la majeure partie de son oeuvre photographique des années 1950 à nos jours, au Musée de L'Elysée de Lausanne. Cette personnalité, méconnue de l'histoire de l'art, aborde la photographie tel un jeu, l'étape de la chambre noire comme un cérémonial. Découverte.

Laurence Faugère présente Pourquoi êtes-vous pauvres, de William T. Vollmann, Actes Sud
« Pourquoi êtes-vous pauvres ? » Cette question, William T. Vollmann a pris l'initiative de la poser, de par le monde, à quelques-unes de ces innombrables victimes de la pauvreté dont l'anonymat des statistiques s'entend à rendre « invisible » l'existence singulière, dans l'intention d'entendre, de leur bouche, des réponses susceptibles de jeter, sur un fléau planétaire, un éclairage permettant d'en prendre la juste et pleine mesure.
En invitant le lecteur à une rencontre à ce point frontale et sans complaisance avec des individus auxquels il a à coeur de restituer leur nom et la dignité de leur différence, William T. Vollmann permet enfin d'ouvrir, sur une désespérante « donnée objective » de l'histoire collective, des yeux pour le moins descillés.
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