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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)

Un dossier de
Publié le 19/03/2026
Le Musée d'Orsay consacre une double exposition à Pierre-Auguste Renoir, figure essentielle du mouvement impressionniste. L'une intitulée Renoir et l'amour se concentre sur les débuts de son oeuvre (1865-1885), l'autre Renoir dessinateur compile pour la première fois une centaine de dessins, aquarelles, pastels d'un maître de la couleur.

Renoir et l’impressionnisme

Formé à l'École des Beaux-Arts de Paris, il rencontre Claude Monet, Alfred Sisley et Frédéric Bazille, et avec eux forge la sensibilité qui allait donner naissance à l'Impressionnisme.
En 1874, la première exposition du groupe révèle au public une peinture qui préfère la sensation fugace à la vérité définitive. Renoir y expose avec ferveur. Sa contribution au mouvement est singulière : là où Monet scrute la lumière sur l'eau et les cathédrales, Renoir la pose sur les visages, les robes de mousseline et les bras nus. Il est l'impressionniste du bonheur, celui qui refuse que la modernité soit triste.
Après une courte crise intime — le « syndrome d'Ingres » des années 1880, où il tente un retour au dessin strict —, il revient à sa manière première avec une maîtrise encore plus sensuelle, qu'il appelle lui-même sa « période nacrée ». Son œuvre incarne ainsi à la fois le cœur du mouvement impressionniste et sa perpétuelle remise en question.

La Peinture joyeuse de Renoir

Si l'impressionnisme est souvent associé aux paysages de plein air, Renoir, lui, est avant tout un peintre de l'humain. Son sujet central, presque obsessionnel, est la figure féminine — jeunes femmes lisant, se baignant, tressant leurs cheveux ou souriant dans la lumière d'une après-midi. Ces représentations ne sont jamais froides : elles débordent d'une tendresse charnelle, d'une lumière qui semble habiter les chairs elles-mêmes.
Il est également le peintre des scènes de sociabilité heureuse. Le Bal du moulin de la Galette (1876) en est l'emblème absolu : une foule de Parisiens ordinaires dansant, buvant et riant en plein air à Montmartre. Ce grand format, aujourd'hui conservé au musée d'Orsay, est une déclaration d'amour à la vie populaire et à l'instant présent, capturé dans des taches de lumière filtrée par les feuillages.
Les enfants, les fleurs, les natures mortes de fruits, la Seine en été — tout ce que Renoir touche se teinte d'une même qualité : l'imminence du plaisir. Il ne peint pas la souffrance, non par naïveté, mais par choix philosophique assumé. « Il faut embellir, » disait-il. Cette conviction esthétique, parfois critiquée comme un refus du réel, est en vérité une posture radicale dans un siècle hanté par la guerre, la misère et le doute.

Renoir est, de son vivant déjà, l'un des peintres les plus célèbres au monde. Ses tableaux entrent dans les grandes collections américaines dès la fin du XIXe siècle, contribuant à forger outre-Atlantique l'image d'un art français synonyme d'élégance et de douceur de vivre. Il demeure aujourd'hui l'un des artistes les plus présents dans les musées et les salles des ventes, ses toiles atteignant régulièrement des dizaines de millions d'euros.
Son influence sur la peinture du XXe siècle est moins directe que celle de Cézanne — qui ouvre la voie au cubisme — mais elle est réelle. Matisse lui doit beaucoup dans son rapport à la couleur comme jouissance pure. Les fauves, en général, héritent de sa liberté chromatique. On peur évoquer la période "Renoir" de Magritte, et bien des peintres figuratifs contemporains, en Europe comme aux États-Unis, revendiquent la leçon renoirienne d'une peinture qui affirme la beauté sans honte .

 

Catalogue d'exposition, monographies sur Pierre-Auguste Renoir

Ecrits de ou sur Pierre-Auguste Renoir