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Prix littéraires 2005 : les lauréats.

Publié le 08/11/2005
Il semble que la vague soit passée. La bataille achevée, les – rares – blessés emportés par les ambulances, nous pouvons donc faire un bref inventaire des primés de l'année.

Lettrinetout seigneur, tout honneur, le Goncourt nouveau échoit à François Weyergans pour Trois jours chez ma mère, Grasset. Tentative de pendant maternel à Franz et François, Trois jours chez ma mère est un bref roman digressif et touchant où Weyergans donne le meilleur de lui-même.

La version junior du même prix, le Goncourt des Lycéens a été décerné à Sylvie Germain, pour Magnus (Albin Michel). Taclée au Renaudot pas Nina Bouraoui, la talentueuse Sylvie Germain devrait se consoler avec un prix dont la tenue et la crédibilité grandissent d'année en année.

Le premier des prix décerné cette automne fut le prix Décembre qui salua Charles Dantzig et son Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset) dont on a dit beaucoup de bien et un peu de mal.

Vint ensuite le Grand Prix du roman de l'Académie française qui révéla Henriette Jelinek pour Le Destin de Youri Voronine (de Fallois), passé un peu inaperçu dans le flot de nouveautés de cette rentrée 2005. Une belle deuxième chance pour ce joli roman du dépouillement...

Le prix Renaudot vient aussi à point pour Nina Bouraoui qui développe depuis une quinzaine d'années une œuvre âpre et violente et trouve dans Mes mauvaises pensées (Stock) un nouveau souffle, plus mûr mais dont rien n'apaise l'intranquilité.

Parmi les favoris des libraires d'ici, figuraitFuir (Ed. de Minuit), de Jean-Philippe Toussaint  que nous avons d'ailleurs reçu récemment. C'est donc avec plaisir que nous entourerons son volume du bandeau rouge du prix Médicis.

Le Médicis étranger va au turcOrhan Pamuk , pour Neige (Gallimard). Ceux qui pensent que ce prix ne lui a été décerné que pour d'obscures raisons politiques1 feraient bien de se pencher sur l'œuvre de ce génie du récit, certainement l'un des grands écrivains de ce temps...

LeMédicis de l'essai va à La vie sauve deLydie Violet et Marie Desplechin (Seuil), récit à deux voix de la lutte de Lydie Violet contre une tumeur au cerveau.

Autre coup de cœur, Asile de fous (Gallimard), de Régis Jauffret. Ce styliste incroyable, à l'humour aussi noir que dévastateur a reçu le prix Fémina.

Le Fémina étranger couronne la très prolixe Joyce Carol Oates pour Les Chutes.

Quand au Fémina essai, ce sera pour L'ensauvagement, de Thérèse Delpech (Grasset). Un dense traité sur les formes modernes de la barbarie.

Le dernier mais pas le moindre : le prix de consolation de l'année va à Michel Houellebecq dont La possibilité d'une île , lancé à grands frais par Fayard, son nouvel éditeur vient de recevoir le prix Interallié. Nul doute que le célèbre humoriste du désespoir saura faire son miel de ces péripéties qui ont passionné le petit monde éditorial depuis l'été. Quand à nous, nous trouvons que c'est là un beau palmarès à quelques oublis près : où sont en effet Pierre Assouline, Jean-Yves Cendrey, Hédi Kaddour et autres Olivier Adam ?

 

Une autre fois, peut-être...

 

 

(1)  Orhan Pamuk est poursuivi par les autorités judiciaires turques pour avoir déclaré à un hebdomadaire allemand que l'armée turque avait massacré des centaines de milliers d'arméniens et des milliers de kurdes. Il encourt une peine de trois ans de prison. Procès le 16 décembre.

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