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Raymond Jeanvrot, une passion royaliste

Publié le 13/11/2007
Evocation originale de l'histoire de France - et notamment de la restauration - à travers la dynastie des Bourbons - doublée d'un tableau sans fard de la haute société bordelaise de la première moitié du XXe siècle jusqu'au années soixante, cette exposition du musée des arts décoratifs de Bordeaux nous permet de vous offrir une visite guidée en compagnie de Bernadette de Boysson, conservateur.

Le Bordelais Raymond Jeanvrot (1884-1966), idéaliste, raffiné et doué d'une grande (souvent douloureuse) sensibilité, fut un homme de goût et de culture, musicien, amoureux de l'art du passé et de la beauté sous toutes ses formes. Il consacra toute sa vie, son amour et son énergie à collectionner, de manière quasi obsessionnelle, tout ce qu'il put réunir sur sa famille notamment la société créole bordelaise du XIXe siècle, à laquelle appartenait sa mère, et surtout, des souvenirs royalistes et plus particulièrement sur les Bourbons de la Restauration, Louis XVIII, Charles X, les Angoulême, la duchesse de Berry et le duc de Bordeaux, comte de Chambord, héritier ultime, mort sans postérité. Une collection légitimiste qui permet de faire connaître d'une manière privilégiée et émouvante un pan méconnu de l'histoire de France

Parallèlement à la constitution de sa collection qui est aussi, grâce à la diversité des objets réunis, un chapitre de l'histoire du goût, Jeanvrot commença d'écrire, dès 1900, un journal qui l'accompagna tout au long de sa vie. Les très larges extraits de ce journal qui ne couvre pas moins de soixante-cinq années, dévoilent une personnalité attachante et hors du commun mais font comprendre le sens de la quête et de la réunion d'autant d'objets, un peu plus de 18 000 inscrits à l'inventaire

Pourquoi ce journal fut-il placé sous scellés pendant trente années ? Tout simplement parce que Jeanvrot était conscient de ce que certains de ses jugements couraient le risque d'offenser bon nombre de personnalités de la "société" bordelaise, sa sévérité recoupant parfois le constat ironique dressé par Mauriac dans son roman "Préséances".

Ce journal apporte l'histoire rare non seulement de la constitution d'une collection mais du devenir qui lui fut souhaité. Les chemins parcourus, les personnes rencontrées, les collectionneurs et marchands d'art sollicités mais aussi les surprises, les joies et les déceptions qui jalonnèrent une vie, tout est consigné. Et enfin cette quête ayant débouché sur le désir de laisser sa collection dans un musée de Bordeaux.

C'est à la découverte de cette collection foisonnante, unique en son genre et riche de plus de dix-huit mille pièces - aujourd'hui abritée par le musée des Arts décoratifs de Bordeaux qu'invite cette exposition - du 16 octobre 2007 au 7 janvier 2008 et le dossier que nous lui consacrons.

Renseignements : Musée des Arts décoratifs [voir].

Illustration musicale : Gioacchino Rossini, La gazza ladra, The Chamber Orchestra of Europe, dir. Claudio Abado, ed. Deutsche Grammophon

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