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Un tour de Bassin

Publié le 19/11/2009
N'est-ce pas la meilleure période pour se laisser tenter par un tour du Bassin d'Arcachon et plonger, bien au chaud, dans la littérature qu'il a inspiré ?
Tous les prétextes sont bons pour évoquer  ce Bassin d'Arcachon qui nous est à la fois si proche et en même temps si lointain tant les cieux qui le recouvrent sont parfois bien différents des nôtres. Il a depuis longtemps inspiré les écrivains : en voici quelques uns à même de vous conforter dans l'idée que cette terre-là, si intimement mêlée à l'eau, est une belle inspiratrice.
Arcachon est somme toute une « invention » récente puisqu'on peut presque en dater avec précision la naissance. Il ne lui a fallu cependant pas longtemps pour se faire une place à part dans le paysage balnéaire et attirer excentriques et écrivains.
Le premier roman jamais écrit sur ce sujet a été redécouvert par Jean-Pierre Bernès, l'ami et éditeur de Borges, on le doit à Angelo de Sorr qui publia en 1855 Les Pinadas ou Le Sorcier avant de la faire suivre par Le chasseur d'alouettes deux ans plus tard. Audacieux mélange de réalisme et de magie, ces deux romans ont gardé un charme étrange qui nous rappelle quel mystère planait sur cette Lande encore peu connue. Mieux, beaucoup mieux qu'une curiosité.
Beaucoup plus connu quoique pour le moins négligé, Gabriele D'Annunzio fut un hôte célèbre de la Ville d'hiver où il trouva refuge, pourchassé par des créanciers et des femmes abandonnées. C'est dans sa belle demeure encombrée d'objets et de tableaux qu'il composa son dernier roman avant de se lancer dans une folle carrière d'aviateur. La Léda sans cygne est un petit bijou baroque, très « écrit » qui raconte l'amour impossible sur fond de forêt impénétrable d'un homme pour une inaccessible Léda.
Autre invité prestigieux, Jean Cocteau fit de longs séjours en ces lieux comme en témoigne sa correspondance où il évoque ce « paradis terrestre » où il se pare d'un bronze très marqué.
Robert Fleury, ancien maire d'Arcachon et bibliophile averti, tenta bien à une époque de donner à l'une des rues de sa ville le nom du génial et infréquentable Pierre Louÿs, c'était sans compter sur la « mauvaise réputation » indétachable de l'érotographe qui vécut pourtant ici une des aventures les plus importantes de sa vie que nous pouvons découvrir avec délice dans Le mariage de Pausole. Le fantôme enchanteur de Marie de Régnier y rôde.
Avec Jean Balde, cette auteure mal aimée qui sent un peu la poussière, c'est un autre Bassin qui nous est offert. Le Goeland, pour l'heure introuvable, nous plonge dans le quotidien des ostréiculteurs des années 20, ces travailleurs de la mer mal connus.
De grands auteurs ont fait de plus ou moins long séjours qui du côté du Pyla qui du côté de la ville. Pierre Benoît fréquentait l'estuaire mais ne dédaignait pas le Bassin, Marcel Aymé le traversait souvent, silencieux comme toujours, pour délaisser quelques heures l'accueillant Cap Ferret. Raymond Guérin, enfin redécouvert, s'y brûla les poumons, ivre de soleil et d'espace : il est d'ailleurs enterré dans le sable de ce bassin qu'il aimait tant. Jean Forton, qui est d'actualité ces derniers temps, a imaginé la scène forte de l'un de ses romans sur la route d'Arcachon, de sinistre mémoire, surtout les dimanches soirs.
Avec Les cotonniers de Bassalane, Michèle Perrein avait beaucoup fait parler d'elle il y a un quart de siècle en redonnant vie à des ouvriers de la mer, et c'est peu à peu devenu un classique toujours vivant chez nous quand reviennent les Fêtes.
Plus près de nous ce territoire continue à susciter très régulièrement des nouvelles, des romans. Parmi eux on retiendra Dominique Bona, Pierre Cassou-Noguès, Danielle Agostini disparue très récemment, Jeanne Faivre d'Arcier, Daniel Vigoulette ou Bertrand Guillot de Suduiraut. Et gageons que cette liste ne cessera jamais de s'allonger, tout du moins tant que ce lieu magique gardera son charme unique.


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