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L. Karsavine écrivit ce texte en 1931, après son expulsion de la Russie en 1922 et la séparation d'Elena Skrzinskaïa, et après la fin du mouvement eurasien en 1930. Il y exprime une philosophie de la dépossession : renoncement total à soi-même, exhortation d'un désir de mourir aussi fort que le désir de vivre. Une expérience mystique, un abandon à la volonté divine. ©Electre 2025
Lev Karsavine (1892-1952) est l'une des figures les plus originales et les moins connues de la pensée russe. Issu du monde artistique pétersbourgeois (il était le frère de la ballerine Tamara Karsavina), il est très tôt devenu l'un des plus brillants historiens de l'Université de Saint-Pétersbourg, se consacrant à l'histoire des phénomènes religieux dans l'Italie des XIIe-XIIIe siècles - une histoire novatrice qui annonce sur de nombreux points l'École des Annales. La révolution de 1917 infléchit sa réflexion vers les destinées spirituelles de la Russie et la philosophie de l'histoire. Expulsé d'URSS en 1922 avec un grand nombre d'intellectuels, il participe, à Berlin, puis à Paris, au mouvement d'idées le plus célèbre de l'émigration, le mouvement «eurasien», qui se propose de réorienter la culture russe vers l'Asie et d'élaborer une nouvelle idéologie nationale pour la Russie future, post-communiste. En 1928, Karsavine s'installe à Kaunas, capitale de la Lituanie indépendante depuis 1918, pour enseigner l'histoire à l'Université Vytautas le Grand. C'est en lituanien qu'il enseignera désormais et qu'il publiera une Histoire de la culture européenne, composée sur la base de ses cours. Cette installation en Lituanie, en marge du monde européen, explique la relative confidentialité de son oeuvre. En 1945 il refuse de quitter ce pays, dans l'espoir d'être enfin «réuni» à la Russie. Mais son espoir de trouver un terrain d'entente avec les autorités soviétiques est vain : en 1949, il est arrêté, puis envoyé en camp de travail dans le Nord sibérien, où il meurt en 1952.
Les écrits philosophiques de Karsavine ont surtout contribué à mettre en lumière l'essentiel du patrimoine spirituel russe, mais à partir d'une connaissance intime de la mystique occidentale, de la scolastique, et de deux pensées qui l'ont particulièrement influencé : celles de Giordano Bruno et Nicolas de Cues. Les divergences et la complémentarité des chrétientés d'Orient et d'Occident, auxquelles il était également sensible, lui ont inspiré une série d'oeuvres portant sur les fondements de la métaphysique chrétienne, en particulier ce Poème de la mort, méditation sur le temps et sur la mort dont l'âpreté rappelle les écrits des existentialistes. Le propos central en est une invitation à «vouloir mourir». Ce plaidoyer passionné pour l'adhésion terrifiante à son propre anéantissement prend sa source dans une expérience mystique de renoncement total à soi-même, mais rappelle aussi le caractère essentiellement christocentrique de la pensée russe, et les notions d'incarnation et de sacrifice vers lesquelles elle ne cesse de revenir. Cette oeuvre comporte aussi une forte motivation biographique : elle se propose de reconquérir paradoxalement la femme aimée, dont l'auteur s'était volontairement séparé, en la convertissant à l'idée de sacrifice. C'est ce qui explique la dimension séductrice de cette apologie de la dépossession, et sa grande variété de tons, allant du pathétique à l'humour et même au burlesque.
Paru le : 22/09/2003
Thématique : Textes des Philosophes
Auteur(s) : Auteur : Lev Platonovitch Karsavine
Éditeur(s) :
Age d'homme
Collection(s) : Classiques slaves
Contributeur(s) : Editeur scientifique (ou intellectuel) : Françoise Lesourd - Traducteur : Françoise Lesourd
Série(s) : Non précisé.
ISBN : Non précisé.
EAN13 : 9782825118016
Reliure : Broché
Pages : 203
Hauteur: 23.0 cm / Largeur 16.0 cm
Épaisseur: 1.6 cm
Poids: 322 g