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Toussaint Louverture : La Révolution française et le problème colonial

Auteur : Aimé Césaire


Un coup de coeur de Rayon Histoire

“Pourquoi les blancs échouèrent au départ, pourquoi les mulâtres échouèrent à l’arrivée, et pourquoi le groupe social le plus dénué, le groupe nègre [... ] réussit.” Aimé Césaire
Dans une langue magnifique, Césaire nous fait découvrir la Révolution Haïtienne de 1791. À la faveur du renversement que produit la Révolution française, des brèches s'ouvrent pour les colons, les mulâtres et surtout les esclaves dans les colonies françaises. Au long de trois parties, l’auteur permet de comprendre les évolutions et les accomplissements de ces trois groupes aux intérêts souvent opposés mais où se créent parfois des alliances de circonstance.

D’intenses débats, retranscrits par Césaire, traversent l’Assemblée constituante puis nationale, et laissent apparaître l’une des contradictions majeures de la Révolution française : se référer à la Déclaration des droits de l’Homme mais en exclure les Noir.e.s, libres ou non. Il n’y a qu’un seul député qui donne un discours pour l’arrêt total de l’esclavage, les plus radicaux se limitant à la volonté d’arrêter la traite transatlantique.

Ce texte se place comme un classique de la tradition de pensées radicales noires, érigeant Toussaint Louverture d’abord et d’autres figures comme Dessalines comme des références du combat noir pour l’émancipation. Toussaint Louverture, malgré l'affection que lui porte Césaire, n’est pas présenté comme infaillible mais il est la figure représentative de la première Révolution noire qui a réussi. Les Jacobins noirs (1938) de CLR James est une bonne lecture pour mieux comprendre le déroulement concret de la Révolution en Haïti, à l’époque Saint-Domingue, là où le livre de Césaire permet plus d'appréhender les rapports entre acteurs de la métropole et ceux des colonies et les impacts sur les différentes frondes contre les pouvoirs successifs sur l’Île.

Chronique historique aussi éclairante qu’ambitieuse, Toussaint Louverture, La Révolution française et le problème colonial reste un texte majeur pour repenser la Révolution française, tout en questionnant le monde contemporain et le Haïti d’aujourd’hui.
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Résumé

Retrace l'émergence du problème colonial (problème économique, social et racial) à l'aube de la Révolution française avec la révolution de Saint-Domingue. Montre comment la remise en question de la société coloniale par le pouvoir bourgeois issu de la révolution vit l'émergence du héros libérateur haïtien, Toussaint Louverture combattant de l'indépendance et organisateur de la nation. ©Electre 2026

Saint-Domingue est le premier pays des temps modernes à avoir posé dans la réalité et à avoir proposé à la réflexion des hommes, et cela dans toute sa complexité, sociale, économique, raciale, le grand problème que le XXe siècle s'essouffle à résoudre : le problème colonial.

Le premier pays où s'est noué ce problème.

Le premier pays où il s'est dénoué.

Quand pour la première fois, Toussaint Louverture fit irruption sur la scène historique, bien des mouvements étaient en train : le mouvement blanc vers l'autonomie et la liberté commerciale, le mouvement mulâtre vers l'égalité sociale ; le mouvement nègre vers la liberté.

Le pouvoir bourgeois issu de la Révolution Française éprouva que la liberté est indivisible, que l'on ne pouvait accorder la liberté politique ou économique aux planteurs blancs et maintenir les mulâtres sous la férule ; que l'on ne pouvait reconnaître l'égalité civile aux hommes de couleur libres et dans le même temps maintenir les nègres dans l'ergastule ; bref que pour libérer une des classes de la société coloniale, il fallait libérer Saint-Domingue elle-même, remettre en jeu l'existence même de la société coloniale : ce qui parut au pouvoir contraire aux intérêts de la France.

Quand Toussaint Louverture vint, ce fut pour prendre à la lettre la Déclaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer qu'il n'y a pas de race paria ; qu'il n'y a pas de pays marginal ; qu'il n'y a pas de peuples d'exception... On lui avait légué des bandes. Il en avait fait une armée. On lui avait laissé une jacquerie. Il en avait fait une Révolution ; une population, il en avait fait un peuple. Une colonie, il en avait fait un État ; mieux, une nation.

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Fiche Technique

Paru le : 26/02/2004

Thématique : Migrations

Auteur(s) : Auteur : Aimé Césaire

Éditeur(s) : Présence africaine

Collection(s) : Non précisé.

Contributeur(s) : Préfacier : Charles-André Julien

Série(s) : Non précisé.

ISBN : Non précisé.

EAN13 : 9782708703971

Reliure : Broché

Pages : 345

Hauteur: 21.0 cm / Largeur 14.0 cm


Épaisseur: 3.1 cm

Poids: 300 g