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Ivan Rioufol

Publié le 01/01/2014
De l'urgence d'être réactionnaire, aux éditions PUF
Il y a urgence. À la veille de l'élection présidentielle, le citoyen lucide ne doit plus craindre de se revendiquer littéralement réactionnaire, c'est-à-dire de prêter son concours à des réactions politiques destinées à éviter les désastres qu'annoncent les effondrements de l'État-providence et de l'État-nation. La réalité le prouve : les dirigeants se montrent incapables de s'extraire seuls du politiquement correct qui empêche de nommer les choses et qui confond progrès et fuite en avant. L'islam le plus radical est, en France, le principal bénéficiaire de cet aveuglement. La France indignée, qui fulmine sur le Web, enjoint les élites de se réveiller avant qu'il ne soit trop tard. Elle ne désire pas revenir à un ancien monde. Elle entend défendre la modernité et l'humanisme, menacés par l'enseignement de l'oubli et de la non-appartenance. Le réactionnaire du XXIe siècle est un démocrate déçu et de plus en plus irrité, venu de la droite comme de la gauche. La pensée conforme le croit irrécupérable et veut l'offrir à Marine Le Pen. Le « néoréac » est, en réalité, en résonance avec la société civile qui a décidé de reprendre son destin en main. Il peut être le socle politique d'une future Union nationale. Il est le nouveau moderne.

Voilà ce qu'estime Ivan Rioufol, essayiste, éditorialiste au Figaro et titulaire du « Bloc-notes ».
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