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Gaspard Koenig - Aqua

Et si l’eau, bien plus qu'une simple ressource, était le dernier rempart de notre démocratie face au chaos climatique ?
Publié le 03/02/2026
Gaspard Koenig vous présente son ouvrage "Aqua" aux éditions de l'Observatoire. Entretien avec Sylvie Hazebroucq. Rentrée littéraire janvier 2026.
Dans ce second volet de sa télescopie des éléments amorcée avec Humus, Gaspard Koenig délaisse la terre pour sonder l'élément liquide. À travers une fresque chorale située dans un village imaginaire du bocage normand, l'auteur explore la fragilité de notre accès à l'eau dans un contexte de crise climatique imminente. Loin d'un plaidoyer écologique désincarné, Gaspard Koenig revendique une écriture "XIXe siècle", héritière d'un Émile Zola, où la documentation technique (hydrologie, méandres administratifs, codes juridiques) se mêle à une étude crue et souvent cynique de la nature humaine.

L'entretien met en lumière la dimension éminemment politique de l'eau. Pour l'auteur, elle est le "premier sujet démocratique" : historiquement, les sociétés se sont structurées autour de la gestion des sources. En décrivant la dépossession des maires ruraux au profit d'intercommunalités technocratiques, il interroge notre capacité à refaire "commun". Entre un énarque persuadé de détenir la solution technique et une nouvelle maire idéaliste qui dérive vers l'autoritarisme, Gaspard Koenig peint une société fracturée, incapable de nommer les nouveaux dérèglements qui la frappent.

Le ton de l'échange, à l'image du livre, oscille entre gravité et humour grinçant. Gaspard Koenig y confesse son attachement à ses personnages, même les plus défaillants, et explique comment le romancier, tel un photographe de guerre, utilise la fiction pour mettre à distance l'angoisse de la faillite hydrique. Un débat passionnant qui nous rappelle que l'eau, sous sa douceur apparente, reste l'élément le plus puissant, capable de dissoudre nos certitudes modernes.
Bibliographie