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Gilles Savary - Mémoires politiques d'entre deux siècles : de la Gironde à Bruxelles

Des bancs de l'université de Bordeaux aux instances européennes, Gilles Savary livre une analyse sans concession sur cinquante ans de vie publique et l'évolution des mœurs politiques.
Publié le 19/01/2026
Gilles Savary vous présente son ouvrage "Mémoires politiques d'entre deux siècles : de la Gironde à Bruxelles" aux éditions le Bord de l'eau. Entretien avec Jean Petaux.
Ancien député français et européen, Gilles Savary propose ici bien plus qu’une simple autobiographie : il livre un témoignage sur les mutations de la démocratie représentative. Interrogé par Jean Petaux, il revient sur un parcours jalonné de rencontres avec des figures majeures (François Mitterrand, Alain Juppé, Philippe Madrelle) et marqué par une curiosité insatiable.

L'ancrage et la formation Le récit s'ouvre sur les terres limousines. Né à Oradour-sur-Vayres, Gilles Savary évoque une enfance bercée par les récits de sa mère postière et les dissonances entre l'héroïsme scolaire et la réalité de l'Occupation. Issu d'un milieu modeste où le mérite était le seul moteur de promotion, il décrit son arrivée à l'université de Bordeaux comme une aventure imprévue, avant d'être happé par le tournant historique de la décentralisation.

Les maîtres en politique L'entretien met en lumière les contrastes entre ses mentors. Il décrit Philippe Madrelle comme un intuitif absolu, maître dans l'art de gérer les passions humaines. Il évoque l'atypique Jean-Michel Baylet dans le Tarn-et-Garonne, figure d'une France rurale aujourd'hui transformée. Gilles Savary analyse aussi la dualité d'Alain Juppé, dont il salue le bilan d'intendant pour Bordeaux tout en soulignant une certaine rigidité face à la contradiction.

L'idéal européen et la fin d'un monde Le point de bascule reste le débat sur le traité de Maastricht en 1992. Pour Gilles Savary, l'Europe est l'unique rempart contre les nationalismes, une conviction renforcée par ses voyages et une visite bouleversante à Auschwitz. Enfin, il revient sur l'effondrement du Parti socialiste, qu'il attribue à un suicide interne orchestré par les "frondeurs". S'il a assisté à l'émergence d'Emmanuel Macron, il a refusé d'adhérer à son mouvement par fidélité à ses racines, préférant la liberté de l'écriture à la "drogue dure" de la vie électorale.
Bibliographie