Chargement...
Chargement...

Jean-Paul Desprat - Danton : bonhomme ou démon

L'historien Jean-Paul Desprat explore la dualité fascinante de Georges Jacques Danton, figure colossale de la Révolution française.
Publié le 19/01/2026
Jean-Paul Desprat vous présente son ouvrage "Danton : bonhomme ou démon" aux éditions Rocher. Entretien avec Jean Petaux.
Dans cet entretien riche en anecdotes historiques, Jean-Paul Desprat dresse le portrait de Georges Jacques Danton, un homme aux multiples visages : le "bonhomme" chaleureux, amateur d'échecs et de bonne chère, et le "démon" capable d'accompagner les fureurs populaires les plus sombres pour mieux tenter de les canaliser. Né en 1759 à Arcis-sur-Aube, ce fils de paysans aisés devenu avocat se distingue par une carrure de colosse et un mufle marqué par les accidents, qu'il qualifie lui-même de "figure âpre de la liberté".

L'historien souligne l'originalité de Danton, probablement dyslexique, ce qui expliquerait son génie de l'improvisation oratoire, faute de pouvoir rédiger ses discours. Entré tardivement en Révolution, il devient l'homme de l'action et des réseaux, s'imposant comme le chef du district des Cordeliers. Jean-Paul Desprat revient sur son pragmatisme parfois cynique : Danton est capable de se faire rémunérer par la Cour tout en la trahissant sans scrupule, et de voter la mort de Louis XVI par nécessité politique tout en cherchant secrètement à sauver le monarque.

Le débat met en lumière ses rivalités, notamment avec Madame Roland qui le déteste, et surtout avec Maximilien Robespierre, son "frère ennemi". Si Robespierre incarne la vertu glaciale, Danton représente une force vitale, rabelaisienne, attachée au droit de propriété et à une forme de libéralisme précurseur. Ministre de la Justice au lendemain du 10 août 1792, il devient l'âme de la défense nationale avec son célèbre cri : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !". Sa chute, orchestrée par Robespierre mêlant accusations politiques et affaires financières douteuses, se termine dans un élan shakespearien sur l'échafaud en 1794, prophétisant la fin imminente de ses propres bourreaux.
Bibliographie