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Le Naour et Marko - Historix : les coulisses de l'histoire de France

Mythes contre science : Découvrez comment une bande dessinée dépoussière le roman national enseigné par le Petit Lavisse.
Publié le 12/11/2025
A l'occasion de l'édition 2025 des "Rendez-vous de l'Histoire de Blois", Le Naour et Marko vous présentent leur ouvrage "Historix : les coulisses de l'histoire de France" aux éditions Dunod.
L'ambition de l'ouvrage est de confronter le récit national traditionnel — celui enseigné par les célèbres manuels d'Ernest Lavisse de la fin du XIXe siècle aux années 1950 — avec les avancées de la science historique contemporaine.

La BD met en scène cette dualité. Ernest Lavisse, personnifié en "instituteur national" (notre metteur en scène sur le théâtre de l'histoire), se heurte à une historienne contemporaine incarnant la recherche actuelle. Visuellement, le contraste est frappant : Lavisse est dessiné en sépia pour symboliser le passé, tandis que l'historienne est en couleurs fraîches et utilise des outils modernes.

Les auteurs expliquent leur processus de création : le scénariste, qui est historien, doit adapter son abondance de texte aux contraintes du dessin. La collaboration consiste à casser la bulle du texte pour privilégier l'image, en trouvant des astuces visuelles pour condenser l'information, comme l'utilisation d'une scène de théâtre avec des décors mobiles. Cette approche reflète le fond du propos : l'histoire est un spectacle dont les spectateurs sont invités à devenir acteurs, notamment lors de l'évocation de la Révolution française, où le peuple "déborde" la scène pour raconter l'histoire lui-même.

L'ouvrage déconstruit les mythes fondateurs de l'histoire de France (tel que Vercingétorix), exigeant un travail considérable de la part du scénariste qui doit non seulement reproduire le récit de Lavisse, mais surtout le confronter à la science actuelle.

Jean-Yves Le Naour insiste sur la vocation première de la bande dessinée : le divertissement. Il ne s'agit pas d'un cours illustré, mais d'une fiction avec ses codes (humour, émotion) dont le but est de donner "envie de tourner les pages". L'apprentissage de l'histoire et des leçons du passé est un "plus" obtenu avec plaisir.

Marko partage ses défis en tant qu'illustrateur, notamment celui de devoir sortir de sa zone de confort du XXe siècle pour dessiner des périodes plus anciennes. Il souligne la nécessité d'apposer son regard personnel et de ne pas se contenter de reproduire des caricatures ou peintures existantes.

Les auteurs concluent en soulignant la valeur de la BD comme "porte d'entrée plus facile" pour la transmission de l'histoire, notamment auprès des élèves.
Bibliographie