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Mort de ma grand-mère

Auteur : Marcel Proust

Paru le : 15/11/2013
Éditeur(s) : Cent pages
Série(s) : Non précisé.
Collection(s) : Cosaques
Contributeur(s) : Postfacier : Bernard Franck

Un coup de coeur de Mollat

L'œuvre de Proust donne un tel sentiment d'immensité qu'elle fait souvent reculer ceux qui se présentent, volontaires quoique un peu inquiets, devant son seuil, vite enclins à trouver des excuses à leur renoncement : nous sommes tellement sollicités que trouver un havre de temps à lui consacrer paraît un luxe inconcevable.
On croit qu'il faut "entrer" dans la Recherche, s'y immerger, ne pas s'en laisser distraire pour jouir de son infinie distraction. Et on a raison. Proust réclame un temps qu'il vous restitue ensuite sous forme de bonheur et les moments de grâce qu'il offre laissent un souvenir profond.

Mais on a tort aussi. Proust, même en extraits, a une telle puissance d'envoûtement (ceux qui l'ont lu admettront que le mot n'est pas hyperbolique) qu'en lire quelques pages procure des sentiments voire des sensations assez rares qu'il serait dommage de dédaigner au nom de la sacro-sainte unité de l'œuvre. Je vous invite à en faire la démonstration sans attendre avec le superbe petit livre que les éditions Cent Pages éditent en cette année du centenaire (on dit souvent superbe en parlant des livres de cet éditeur qui a choisi d'honorer la typographie et de soigner les mises en page à rebours de ce qui se fait de supposément chic ces temps-ci où la mode est aux livres chiadés envahis de paratexte boursouflé et pour tout dire parfaitement encombrant qui se trompe d'objet) : Mort de ma grand-mère fait partie de la collection Cosaques qui rassemble sous un petit format des livres à glisser dans sa botte avant d'aller sabrer à tout va. Cent petites pages, à peine plus (cela en ferait moins de soixante en format poche) qui nous restituent l'un des plus fameux épisodes de la Recherche, la maladie et la disparition de l'aïeule aux prises avec les médecins (rappelons que Marcel est issu d'une famille de médecins et que son frère fut un ponte de son époque), les bons, les moins bons, les compatissants, et les autres, ces personnages de comédie que Molière a campé pour l'éternité (et son malheur définitif). Comme l'écrivait Bernard Frank dont est repris ici le texte malicieux et enthousiaste qu'il rédigea à son propos en 1992 : "la maladie attire forcément le médecin comme la viande la mouche". C'est dit brutalement mais c'est parlant. Car avec Marcel il y a toujours ce mélange de cruauté, souvent très drôle (qui n'a pas souri avec Proust ne mérite plus de sourire...), et de douleur, de justesse aiguë et d'abandon (comparer sa morte à une jeune fille couchée dans le marbre d'un tombeau du moyen âge). Fasciné par la mort qui rôde, troublé par le souvenir de ce malheur qui se glisse peu à peu dans le quotidien d'une famille, le narrateur s'approche en même temps au plus près de l'analyse de sa vocation pour l'écriture, liant dans un même mouvement maladie et littérature (c'est là qu'il évoque son attrait pour l'écrivain Bergotte). Qu'on se souvienne aussi d'un livre oublié, Le roman du malade de Louis de Robert paru en 1911 (Prix Fémina de cette année) qui passionna notre auteur qui en louait l'économie et le détachement. Thème central de l'ensemble, le rapport au corps qui disparaît et la mémoire qui en pourchasse le souvenir se déploie extraordinairement dans ce passage. Une heure, vous passerez une heure avec Proust (et quelques minutes délicieuses avec le trop négligé Bernard Frank, postfacier de circonstance) et vous retrouverez des couleurs et la certitude que lire de la littérature n'est pas qu'un simple passe-temps. On incitera donc avec ferveur à acquérir ce bel objet, qui pourrait devenir une rareté, autant les proustiens afin qu'il l'ait toujours à disposition dans leur poche intérieure, que ceux qui aspirent à découvrir le chef d'œuvre absolu de la littérature française du XX° siècle disposant ainsi en cent pages d'un extrait essentiel à humer avant de plonger dans le bouquet tout entier. Comme quoi les présents les plus gros ne sont pas toujours les meilleurs.
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Résumé

Dans cet extrait du troisième volet de A la recherche du temps perdu, le narrateur évoque la mort de sa grand-mère, victime d'une attaque cardiaque lors d'une promenade. ©Electre 2017

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Fiche Technique

Paru le : 15/11/2013

Thématique : Littérature Française

Auteur(s) : Auteur : Marcel Proust

Éditeur(s) : Cent pages

Collection(s) : Cosaques

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-916390-41-3

EAN13 : 9782916390413

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 125

Hauteur : 11 cm / Largeur : 9 cm

Épaisseur : 1 cm

Poids : 55 g