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ATTILA EXPRESS

Publié le 29/12/2006
Michel Ohl nous a écrit. Quelques mots sur le poète hongrois Attila Jozsef, de la plume et du stylo d'un écrivain inc(l)assable.

3 décembre 1937 Balatonszarszo Attila quitte la maison : Si le tardais, laissez la porte ouverte… Dans la petite gare un train de marchandises Attila se couche entre les roues le train s'ébranle brise la nuque sectionne la main droite l'innocent du village rapporte tout aux sœurs d'Attila 24 novembre 1937 se couche le dernier poème Voici qu'enfin j'ai trouvé ma patrie, Voici la terre où mon nom s'écrira Le sol me prend comme une tirelire décembre 36 « complainte tardive » je tâche, maman, de te recréer Sur un wagon, à plat ventre couché, je t'apportais des vivres et toi, tu n'étais plus ! * ( Ca fait très mal ) septembre 1936 « Balatonszarszo » Le train parti, la pluie traîne un cafard sournois… Elle enfuie, Seul je rentre chez moi « Après-midi d'été » 1934 Ma chérie coud à mes côtés. Aveugle, un train de marchandises : Nous l'écoutons passer… Hiver 33-34 « Eveil » A la gare de marchandises je gis sous un arbre, hors de vue, tel le silence L'air d'un mort, j'épie le gardien : au milieu des wagons son ombre fait un fantasque va-et-vient C'est tout près des rails que j'habite Dans la nuit éternellement, Foncent les jours qui se font suite. Dans chacun des compartiments c'est moi qui m'accoude et médite ( La danse de l'ours ) Juin 33 « Ode » Le train m'entraîne. Je viens te rejoindre tout bas, peut-être, tu me diras : 'ton lit est toujours où je suis couchée' Janvier 1933 « Nuit d'hiver » Nuit d'hiver au cœur de laquelle Comme une autre nuit d'hiver en miniature Arrive dans la plaine un train de marchandises
1932 Le bruit Nostalgique, Des trains de marchandises qu'on fait manœuvrer Menotte finement le muet paysage 1932 « Campagne » la terre Se referme sur elle-même, absente mère été 1926 « Assis, debout, tuant, tué » Cette chaise, la déplacer, au devant du train me tasser mon chapeau sur les rails caler « Un beau soir d'été » 1924 A grand fracas les trains arrivent et partent Des pancartes hurlent : 'Tu es aveugle' ( Ce n'est pas moi qui crie ) 1924 JOSZEF ATTILA, crois-le, je t'aime beaucoup, et cela je l'ai hérité de ma mère, bénie fut cette femme, vois-tu, au monde elle m'a mis Ce serait bien de prendre un ticket et remonter à l'origine de nous-mêmes automne 23 Qui d'un cœur tranquille oserait se coucher sur la voie où file un train ? ~ Personne (« Leçons »)
mai 1923 Attila se couche sur les rails un passant lui dit que le train ne viendra pas : il a tué un homme couché sur les rails un peu plus haut Mai 23 ( plus haut ? plus bas ? ) « Etrange supplique d'un homme couché sur les rails » J'étais le Christ : je suis à terre Voici le train, Il vient de loin Eté 1922 « Un homme ivre sur le rail » Etendu sur le rail un homme ivre repose ; Son poing gauche est crispé sur la gourde et le rail, tout à coup, D'un tremblement qui gronde et grandit, le secoue * A la Noël 1919 ma mère mourut ( Curriculum vitae fin février 37 ~ 11 avril 1905 : Joszef Attila voit le jour ) AIMEZ-MOI Phébus 2005 27€


Note du webmaster : le texte reproduit ici est une dactylographie de l'original de Michel Ohl. Il nous a été envoyé sous la forme d'un manuscrit illustré dont vous pourrez voir et télecharger un fac-similé en cliquant sur le dossier PDF ci-dessous (Attention : 2Mo !).

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