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Corée, cinq auteurs...

Publié le 19/11/2003
Pour illustrer et compléter ce bref apperçu de la littérature coréenne, voici cinq auteurs... d'hier et d'aujourd'hui.

Ho Kyun
Considéré comme l'auteur du premier roman écrit en langue vernaculaire, Ho Kyun (1559-1618) est contemporain de Shakespeare et Cervantès. L'histoire de Hong Kiltong est un roman autobiographique très court mais néanmoins très important dans l'histoire de la Corée.
Issu d'une famille de hauts fonctionnaires lettrés, privé très jeune de son père, l'auteur dénonce l'exclusion des enfants illégitimes dicté par un code en 1471. Il plaide ainsi la supériorité de la valeur individuelle face à la naissance.
Ho Kyun est aussi un acteur important dans l'avènement du catholicisme en Corée. Lors de ses voyages à Pékin, il serait entré en contact avec les jésuites et aurait introduit les premiers textes chrétiens en Corée.
Révolté contre le pouvoir de l'époque, confucéen déçu, il est accusé de professer le bouddhisme. Il sera finalement condamné à mort et exécuté à l'âge de 50 ans, en 1618.


Yi Sang
On le surnomme le Rimbaud coréen bien que ses textes puissent, par leur humour froid et leur sens de l'absurde, être rapprochés de ceux de Beckett. Né en 1910, pendant l'occupation japonaise de la Corée, architecte de formation, il démissionne tôt d'un poste dans l'administration et s'exile à Tokyo. Tous les coréens connaissent Yi Sang, on le lit même parfois sans le comprendre…
En inventant de nouvelles ressources poétiques (absence d'espacements, utilisation de signes géométriques, chiffres et diagrammes, idéogrammes conceptuels,…) il a bouleversé l'esthétique traditionnelle de la poésie coréenne.
Grâce à l'écriture, il a su saisir son double destin d'homme malade (la tuberculose l'emportera à 27 ans) et d'intellectuel victime d'une dictature.


Hwang, Sun-Won
Sur fond du bouleversement historiques et sociaux dont il est le témoin, Hwang, Sun-Won brosse un portrait singulièrement vivant et chaleureux de ses concitoyens, de préférence choisis parmi les plus humbles paysans. Considéré comme le père fondateur de la littérature coréenne moderne, ses œuvres figurent aujourd'hui dans les programmes scolaires.


Yi Munyol
Né en 1948, année de la partition de la Corée, auteur à succès, il est considéré comme le chef de file de la littérature coréenne contemporaine.
Auteur marqué par l'histoire récente de sa patrie – la scission des deux Corée causera le départ de son père pour la Corée du Nord – son œuvre est dominée par une réflexion sur la liberté, qu'elle soit politique ou philosophique. Dans son roman Pour l'Empereur, l'un de ses textes les plus aboutis, il plaide pour la renaissance d'une culture écrasée par l'occidentalisation de la Corée.


Lee Seung-U
Ce jeune auteur (il est né en 1959) à vécu les premières années de son existence à Séoul. Comme la plupart des jeunes de sa génération il a été très fortement influence par la culture occidentale et ses auteurs en particulier. On retrouve donc trace dans son œuvre de certaines de ses lectures : Borgès, Gide, Kafka, etc.
Son roman, L'Envers de la vie, se situe dans le milieu protestant coréen. Selon lui, l'émergence en Corée des religions " occidentales " a généré une énergie refondatrice sous le régime de dictature. Bien que n'ayant pas vécu la partition coréenne, il souffre également de cette division et rêve de réunification.

Isabelle Bossard

 

Quelques liens :

  • Un site d'amoureux du pays du matin calme : Koreanvillage.
  • Le site de l'association France-Corée, un peu moche, mais érudit et complet.
  • L'histoire complète du Hangul, premier alphabet coréen.

 

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