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Jeremy Rifkin

Publié le 23/10/2002
Portrait d'une star des nouvelles théories économiques.

Né en 1943 dans le Colorado, cet expert en économie et en relations internationales est une personnalité influente aux Etats-Unis. Militant de longue date, Jéremy Rifkin est souvent appelé à témoigner devant le Congrès Américain, sur des sujets allant des menaces de guerre bactériologique à l'étiquetage des aliments transgéniques. Rifkin doit sa notoriété à 14 ouvrages, dont 4 sont disponibles en France, traitant de l'impact des changements techniques et scientifiques sur l'économie, l'emploi, la société et l'environnement.

La fin du travail. Editions La Découverte.
Selon Rifkin, alors que les évolutions technologiques passées ont toujours fait rejaillir des emplois, la "troisième révolution industrielle” qui se développe aujourd'hui se révèle être sans précédent. L'informatique et la bioéthique menacent le travail humain dans des secteurs tels que l'agriculture ou les services qui sont de plus en plus automatisés. Ainsi de nouveaux modes d'organisation rationnelle de la production (reengineering) conduisent l'évolution des tâches, des travailleurs et de leurs lieux de travail vers plus de virtualité.
Cette situation provoque le déclin de la classe moyenne et aggrave ainsi les rapports sociaux et creuse les inégalités. La hausse du chômage entraîne l'accroissement des comportements dangereux pour la société . D'autres part, le travail, de plus en plus orchestré par des robots et des ordinateurs, est devenu de plus en plus stressant et fatigant.
Le partage du travail apparaît comme une nécessité pour l'auteur. Aujourd'hui, il s'agit surtout de repenser le social . La seule issue à la perte de travail productif traditionnel est dans le développement d'un tissu associatif, afin d'occuper tous ceux qui sont menacés par l'inactivité. Dans cette perspective, c'est à l'Etat d'apporter un revenu minimum à tous.


L'âge de l'accès. Editions La Découverte.
De manière prophétique, Rifkin annonce l'avènement d'un nouveau système économique et la fin du capitalisme de marché. L'économie est en effet appelée à connaître de profondes mutations : le territoire cède la place au cyberespace et les marchés aux réseaux. Si la propriété ne disparaît pas, celle-ci restera dorénavant entre les mains des producteurs, les clients y accédant en payant un loyer ; l'accès supplante donc la propriété.
Les anciennes économies (agriculture, industries, économie des services) ne disparaissent pas ; elles deviennent des matières premières pour la prochaine étape, celle de l'économie de l'expérience ou nous vendons et achetons le temps lui même : “ Les secteurs de pointe du futur reposeront sur la « marchandisation » de toute une gamme d'expériences culturelles plutôt que sur les produits et les services traditionnels fournis par l'industrie. Les voyages et le tourisme international, les parcs à thème et les villes musées, les complexes de loisirs, la culture du corps, la mode, la cuisine, les sports professionnels, le jeu, le cinéma, la télévision, les mondes virtuels et toutes sortes d'activités récréatives reposant sur les médias électroniques sont en train de devenir l'axe porteur d'une forme d'hypercapitalisme qui exploite l'accès aux expériences culturelles. ” Voici résumé la thèse de Rifkin qui diagnostique rien de moins qu'une véritable révolution et un changement de civilisation.

L'économie hydrogène. Editions La Découverte.
L'évolution de la nature du travail, la révolution des biotechnologies et des communications, le caractère toujours plus temporel de l'activité économique et la lutte globale entre le capitalisme et la culture bouleversent le monde qui nous entoure et la conception que nous en avons.
C'est un bouleversement tout aussi profond qui va bientôt affecter nos habitudes énergétiques. L'époque moderne a été le produit de la maîtrise du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Qu'ils aient été de nature militaire, commerciale, sociale ou politique, tous les progrès réalisés au cours des deux derniers siècles ont été lies d'une façon ou d'une autre à l'énorme puissance dégagée par la combustion des énergies fossiles. Les anthropologues affirment que la quantité d'énergie consommée par habitant dans une société donnée est un indicateur fiable de son état de développement relatif. Au cours des deux siècles passés, la société occidentale a consommé plus d'énergie par habitant que toutes les autres sociétés au cours de leur histoire. Nous jouissons aujourd'hui d'un niveau de vie sans précédent et nous devons notre bonne fortune aux réserves d'hydrocarbures qui se sont formées en sous-sol.. Aujourd'hui le prix du pétrole est relativement bas sur les marchés mondiaux. Nos experts nous expliquent que si les réserves sont destinées à se tarir un jour, cela ne se produira pas avant 30 ou 40 ans au moins, ce qui laisse tout le temps nécessaire pur développer des sources d'énergies alternatives.

L'hydrogène est l'élément le plus léger, le plus simple et le plus répandu dans l'univers. Exploité sous forme d'énergie, il devient un "combustible éternel". Inépuisable, il est aussi non polluant puisqu'il ne contient pas un seul atome de carbone. Les fondations de ce que nous pouvons appeler l'économie hydrogène sont déjà là sous nos yeux. Au cours des prochaines années, la révolution de l'hydrogène va se fondre dans la révolution de l'ordinateur et des télécommunications pour donner naissance à un alliage puissant, susceptible de transformer de fond en comble les relations humaines au cours du XXI° et du XXII° siècle. Dans la mesure où l'hydrogène est universellement répandu et inépuisable, l'exploitation judicieuse de cette ressource permet d'envisager à terme l'émancipation de chaque être humain, inaugurant ainsi le premier régime énergétique véritablement démocratique de l'histoire humaine.

Mais l'économie mondiale, les différents pays producteurs de pétrole, les différents lobbies sont-ils véritablement prêts ?

Sophie Duclaud (avec la collaboration de Pierre Oudart)

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