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La guerre de Tchétchénie

Publié le 13/11/2002
La récente prise d'otages de Moscou vient de rappeler violemment à ceux qui l'avaient oublié qu'une guerre se déroule en Tchétchénie, l'occasion pour nous de nous pencher sur ce conflit mal connu en France...

On a tendance à n'entendre actuellement que des discours très schématiques et manichéens sur ce sujet : guerre contre des terroristes islamistes, guerre coloniale, contre des clans mafieux, voire pour des prétextes purement économiques... En fait, et il semble que ce soit sa particularité, il y a un peu de tout cela dans l'affaire.

Tout a commencé... il y a très longtemps, au moins depuis que la Russie a décidé de coloniser le pays, on peut se reporter pour s'en persuader au livre de Mateï Cazacu, qui s'intéresse à ce conflit au XIXe siècle, ou à celui d'Alexandre Dumas consacré au chef de guerre Chamil.

Pour les événements contemporains, l'article sur la Tchétchénie dans les Mondes Rebelles constitue une bonne approche du problème, il trace la chronologie des événements, et, présentant surtout l'aspect politique du problème, il montre bien comment la situation a été durcie par la violence russe, comment ce conflit d'abord politique évolue en se compliquant du fait notamment de la diversité de la résistance tchétchène.

Car cette résistance est à l'image même du pays qui est loin d'être uni, comme le montrent Patrick Brunot et Viatcheslav Avioutskii, auteurs d'un Que sais je ? sur la Tchétchénie, qui présente l'histoire, l'économie, les structures du pays et aussi l'histoire de la guerre et l'aspect religieux.

Ce dernier thème et celui de l'islamisme sont développés dans le long article du Dictionnaire mondial de l'islamisme , coordonné par les cahiers de l'Orient, qui est axé, lui, sur cette composante de la crise. Il montre bien l'évolution religieuse du pays, surtout depuis l'accession au pouvoir de Doudaiev en 1991, qui chercha à briser l'isolement de son pays en se tournant vers les pays islamistes et en engageant des réformes qui remodelèrent profondément le pays jusque là sous l'influence d'un islam plutôt modéré.

Souvent plaie des autorités, les journalistes restent une bonne source d'information pour la connaissance de ce conflit, plusieurs textes étant ainsi disponibles, chacun avec sa vision des choses, sa sensibilité. Le plus élaboré de tous est Tchétchénie, un peuple sacrifié d'Isabelle Astigarraga. Fruit de longs séjours en Tchétchénie, au coeur des batailles et dans l'intimité du peuple, il s'attache aux souffrances des populations.

Anne Nivat, elle, raconte dans Chienne de guerre la guerre à partir de sa propre odyssée au coeur du conflit, comment elle est arrivée clandestinement, arrêtée, puis libérée par les russes. Arrêté lui aussi par les Tchétchènes, Brice Fleutiaux nous livre un récit plus centré sur son expérience d'otage. Signalons enfin les textes de journalistes Russes, d'abord celui d' Andreï Babitski, arrêté lui aussi mais par les autorités russes, et celui d'Anna Polikovskaia .

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