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Le XXe siècle américain en vingt femmes (2)

Publié le 25/09/2008
Suite de notre dossier consacré à l'excellent ouvrage de Cristina de Stefano : Aventurières américaines
Dotée d'une forte personnalité, Slim Keith (1916-1990) était un personnage très populaire de la jet set américaine et une véritable icône de la mode dans les années 1950 et 1960. Truman Capote s'inspira d'elle pour créer le personnage de Lady Coolbirth pour son célèbre roman inachevé intitulé Prières exaucées, après quoi elle ne lui adressa plus jamais la parole.

La carrière de la célèbre photographe Dorothea Lange (1895-1965) poussa celle-ci dans la direction inverse de celle que suivit Dandridge. Née sur la côte Est, elle s'installa à San Francisco à l'âge de 23 ans. Elle trouve alors ses sujets principaux dans la rue, faisant par exemple de nombreux clichés de sans abris pendant la Grande Dépression des années 1930. Son nom est effectivement indissociable de ces noires années de crise économique et sociale traversée par les Etats-Unis. Ainsi, ses travaux les plus connus ont-ils été réalisés pendant cette époque, dans le cadre d'une mission confiée par la FSA, organisme fédéral chargé de venir en aide aux fermiers les plus touchés par la crise. Vous pourrez vous documenter sur elle en feuilletant Dorothea Lange.

Autre grand nom de la photographie, la carrière de Lee Miller (1907-1977) commença timidement de l'autre côté de l'appareil. Après avoir servi de modèle à son père - un photographe amateur qui aimait à photographier des nus - elle fut ensuite photographiée par de grandes pointures du moment. Elle devint rapidement mannequin vedette pour le célèbre magazine Vogue. Sa carrière prend un tournant avec la Seconde Guerre Mondiale. Seule femme à recevoir une accréditation de correspondante de guerre auprès de l'armée des Etats-Unis, elle ramena des clichés qui firent sensation, immortalisant la vie des G.I., les bombardements sur Londres, la libération de Paris ou encore la découverte des camps de concentration. Une biographie de Lee Miller paraîtra en octobre, sous la plume de Mark Haworth-Boothn chez Hazan.

Si le nom de Josephine Nivison (1883-1968) ne vous dit rien, essayez celui d'Edward Hopper, très célèbre peintre américain du courant réaliste de l'après-guerre. Jo joua un rôle majeur dans la carrière de son mari. En effet, en plus d'être sa femme, elle s'arrangea pour demeurer sa seule et unique muse, refusant de le laisser peindre d'autres femmes qu'elle. Son dernier tableau, appelé Deux comédiens, les représente tous les deux à l'avant d'une d'une scène, prêts à disparaître après un spectacle. Stefano se trouve sans doute parmi les premiers biographes à se pencher tout particulièrement sur cette femme, comme en témoigne la rareté des références bibliographiques la concernant.

Autre grand nom de la décoration d'intérieur et de la grande-bourgeoisie américaine, Sister Parish (1910-1994) exerça son métier pendant une soixantaine d'années, symbolisant alors l'affirmation croissante des femmes dans des secteurs jusque là essentiellement masculin tout au long du 20e siècle. Outre sa passion pour les couvertures en patchwork, elle ne redoutait pas l'utilisation de couleurs vives, y compris sur le mobilier. D'après elle, ce qui comptait le plus était l'agencement de meubles que l'on aime et qui font que l'on se sent chez soi, quand bien même lorsqu'ils ne sont pas assortis. Sa résidence personnelle était effectivement un modèle d'éclectisme en la matière.

Journaliste, poète et écrivain, on se souvient de Dorothy Parker (1893-1967) pour son humour ravageur et son style souvent au vitriol. Orpheline à l'âge de 20 ans, elle a dû faire face à des soucis d'ordre financier tout au long de sa vie. D'abord critique de théâtre pour le magazine Vanity Fair, puis membre de l'équipe du New Yorker, elle fait parler d'elle en publiant des poèmes, récits courts et caustiques dans lesquels elle s'attaque tantôt à l'upper class américaine, tantôt au couple. Sa fin est aussi triste que sa jeunesse : elle meurt d'une attaque cardiaque après avoir sombré dans l'oubli, l'alcoolisme et la dépression.

La figure de Margaret Sanger (1879-1966) est assez ambigüe. Militante très active dès la fin des années 1910, on se souvient d'elle comme étant une pionnière en matière de contrôle des naissances, elle ouvre la première clinique de contraception à New York en 1916 et fonde l'ancêtre du Planning familial en 1921. Sa lutte en faveur de la généralisation de la contraception et de la liberté d'expression constitue le versant le moins contestable de ses idées. Pour autant, elle fut très critiquée à l'époque pour sa défense de l'eugénisme négatif. En effet, son action en faveur du contrôle des naissances n'était pas uniquement liée à sa volonté de permettre aux femmes de mieux gérer leurs vies. Il s'agissait en même temps de pouvoir faire en sorte que seuls les bébés "bien constitués" voient le jour...

Célèbre écrivain et poète, Anne Sexton (1928-1974) a fréquenté des ateliers de poésie avant d'animer le sien. Ses poèmes traitent de sujets affectant la gente féminine, tels que l'avortement, les menstruations, les plaisirs solitaires et l'adultère, à une époque où aborder de tels sujets était considéré comme choquant. Dès lors, il n'est pas exagéré d'affirmer qu'elle a bousculé les conventions thématiques de la poésie et à repoussé les frontières de ce genre littéraire.

Kay Swift (1897-1993) fut la première femme à composer l'intégralité d'une comédie musicale. Ecrite en 1930, Fine and Dandy comprend quelques unes de ses meilleures chansons.On se souvient également d'elle pour sa proximité avec George Gershwin. Initialement nourrie par des conceptions plutôt élitiste de la musique classique, il parvint à lui faire écrire des oeuvres plus populaires. A la mort de ce dernier, elle collabora avec son frère Ira pour effectuer des arrangements sur son oeuvre et la publier de façon posthume.

Le nom de Tasha Tudor (1915-2008) est associé au monde de la littérature de jeunesse puisqu'elle écrivait et illustrait des livres pour enfants. Elle a reçu de nombreuses récompenses, dont la Médaille Regina. Ses textes, souvent construits en rimes, étaient accompagnés d'illustrations délicates dans des couleurs pastelles, généralement entourées par des motifs floraux et faunesques. Notons qu'elle est décédée le 18 juin dernier, après la parution du livre de Cristina De Stefano.

Véritable sex-symbole des années 1920 aux années 1940, Mae West (1893-1980) était actrice et scénariste. Ses dialogues étaient souvent crus, comme en témoigne la réplique suivante, demeurée cèlèbre : "Là, dans ta poche, c'est ton revolver ou t'es juste content de me voir ?" Elle avait un style vestimentaire bien à elle, arborant corsets serrés et talons de 20 cm. Pour la petite histoire, le gilet de sauvetage gonflable doit son nom à ses formes généreuses.

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