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Leonardo Padura, suite...

Publié le 15/07/2010
La suite de notre dossier Leonardo Padura.

Le Conejo (en français : "le lapin"), qui doit son surnom à ses grandes dents !
Ami de lycée de Mario et Carlos. Après une formation d'enseignant, il a quitté l'Education pour travailler à l'Institut d'Histoire où il peut réfléchir tranquillement à ses théories personnelles sur la marche du monde, sous forme d'hypothèses plus ou moins farfelues (et récurrentes !) parmi lesquelles : "Si les Anglais n'avaient pas quitté La Havane en 1763, Elvis Presley serait peut-être né à Pinar del Rio, autrement dit à River Pine City"... Le Conejo est capable de disserter inlassablement sur le sens de l'Histoire, à défaut d'avoir trop rêvé sur les livres qu'il ne s'est jamais résolu à écrire. "Vous avez réfléchi au genre de pays dont on a hérité ? (...) C'est un pays condamné à la démesure (...) Cette démesure, c'est notre pire châtiment : elle nous a mis au coeur de l'histoire. Souvenez-vous que Marti voulait équilibrer le monde à partir d'ici, le monde entier, comme s'il avait entre ses mains ce putain de levier que demandait Archimède. Le résultat, c'est que nous sommes tellement historiques que non seulement nous nous croyons les meilleurs, mais qu'en plus nous le sommes parfois. Et voilà les conséquences... sens historique et mauvaise mémoire, indolence et prédestination, grandeur et légèreté, idéalisme et pragmatisme, de quoi équilibrer les vertus et les défauts, non ? Mais au bout du compte la fatigue arrive. La fatigue d'être si historiques et si prédestinés."

La vieille Josefina, au prénom abrégé en "José"
Mère de Carlos le Flaco, âgée de plus de soixante-dix ans, d'une bonne humeur contagieuse, Josefina mitonne avec amour des petits plats pour son fils et ses amis. L'occasion pour Padura de nous faire goûter à la saveur et aux épices de la cuisine cubaine, car ses descriptions détaillées mettent l'eau à la bouche du lecteur !
Depuis vingt ans qu'il la connaît, Mario ne l'a jamais vue "fataliste ou vaincue". "Il l'admirait et l'aimait, parfois d'une façon plus tangible que sa propre mère avec laquelle il n'avait jamais eu ni l'identification ni la confiance que lui inspirait la mère de Carlos le Flaco".

Le major Antonio Rangel, dit "Vieux"
Le supérieur de Mario est un grand fumeur de cigares, préoccupé de sa forme et de son apparence. Mario le désespère, qui est souvent mal rasé, habillé n'importe comment. "Fumer et avoir l'air plus jeune étaient ses deux penchants avoués, et il y consacrait un soin d'artisan. C'est avec orgueil qu'il annonçait ses cinquante-huit ans, tout en souriant de son visage sans rides (...) Il portait l'uniforme bien ajusté. Ses cheveux blancs sur les tempes donnaient l'impression de n'être qu'un caprice de jeunesse ; il partageait ses fins d'après-midi entre la piscine et le cours de tennis, où son cigare l'accompagnait".
Avec ce personnage, Padura vous donnerait presque l'envie de fumer un cigare cubain, avec tout le rituel que cela suppose : "Derrière son bureau, le major Antonio Rangel présidait à la cérémonie de l'allumage d'un cigare. La flamme du briquet à gaz subtilement inclinée, il faisait tourner le cigare et à chaque mouvement de ses doigts correspondait une paisible exhalaison de fumée bleue qui flottait à la hauteur de ses yeux, l'entourant d'un nuage compact et parfumé (...) Tous ceux qui connaissaient sa passion fétichiste pour les bons havanes ne l'interrompaient jamais pendant qu'il en allumait un et, chaque fois qu'ils le pouvaient, ils lui offraient des cigares de marque (...)"
Après avoir travaillé dix ans ensemble dans la police, le major sera mis à la retraite anticipée par une équipe du Bureau des enquêtes internes ayant conclu à une baisse de ses capacités, tandis que le Conde décidera de démissionner.

En dehors du polar
Délaissant son personnage fétiche, Leonardo Padura a aussi écrit un beau roman sur l'exil : Le Palmier et l'étoile. Le héros enquête sur les causes de son expulsion de l'université et revient à Cuba après dix-huit ans d'exil, à la recherche d'un manuscrit du poète Heredia...

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