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Les américains dans la grande guerre

Une actualité de Jean-Marc
Publié le 24/05/2017
Épisode méconnu, l’intervention des américains lors de la Grande Guerre marque un véritable tournant dans le conflit, non seulement pour l'histoire de l'Europe et de l'ensemble de la scène internationale mais également pour la société américaine.
Dans une note diplomatique rédigée pour l'ambassadeur français à Washington, le philosophe Henri Bergson avait qualifié dès le 8 août 1914 le conflit avec l'Allemagne de « lutte de la Civilisation contre la Barbarie ». Il faudra pourtant attendre le 6 avril 1917 pour que le Congrès américain vote en faveur de l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des Alliés.

En 1914, les États-Unis ont choisi de demeurer neutre dans le conflit qui vient d'éclater en Europe, le président Wilson souhaitant maintenir l'unité nationale d'un pays composé pour l'essentiel d'immigrants originaires des pays belligérants. En outre, militairement les États-Unis n'ont pas les moyens suffisants pour intervenir en Europe. Mais, peu à peu, face à l'escalade des violences et des provocations allemandes, comme le drame du Lusitania en 1915, l'opinion publique américaine évolue lentement en faveur d’une entrée en guerre aux côtes des Alliés, d’autant plus que les Allemands poursuivent une politique de plus en plus hostile, avec la proclamation d’une « guerre sous-marine à outrance », qui conduit à la destruction du Viligentia, navire battant pavillon américain. Ce drame et l’affaire du « télégramme Zimmermann », sont les provocations de trop. Une crise diplomatique majeure éclate entre les deux pays et le 3 février 1917, le président Wilson rompt les relations diplomatiques avec l'Allemagne.

Les États-Unis s'engagent donc dans la guerre. Le 18 mai 1917 la conscription est mise en place, et permet de porter les effectifs de l'armée de 127 000 hommes en 1917 à 4 millions de soldats en 1918. Le 13 juin 1917, le général Pershing, commandant du corps expéditionnaire, et le lieutenant Patton arrivent à Boulogne-sur-Mer pour y rencontrer les autorités françaises. Deux millions de soldats débarquent en France, principalement à Saint-Nazaire, à Brest, au Havre et à Bordeaux. Avec les hommes, ce sont aussi du matériel et de l'approvisionnement qui arrivent. L'année 1917 voit ainsi la mise en place de la machine de guerre des États-Unis, qui pour la première fois, interviennent dans un conflit à l’échelle mondiale et s’imposent comme une grande puissance. A leur arrivée sur le Vieux Continent, les soldats américains sont surnommés les « Sammies » en référence à l'Oncle Sam, ou encore les « Doughboys ».

Il faut également rendre hommage aux 370 000 soldats noirs qui s'engagent dans l'armée durant la Première Guerre mondiale, dont 200 000 qui sont envoyés sur le front. Ce nombre peu élevé est le reflet de la situation général des Noirs américains au début du XXe siècle, le principe retenu dans l'armée étant celui de la ségrégation. En effet, à leur arrivée en France, ils occupent d'abord des postes non combattants, relégués à des travaux manuels et des taches subalternes. Moins bien nourris, moins bien équipés, leur préparation étant chaotique, ils sont finalement  peu à peu intégrés aux unités combattantes. Considérés d’égal à égal par leurs homologues français, ils se sont rapidement distingués dans les tranchées, le racisme s’effaçant pour la première fois. Le plus célèbre régiment est le 369e, formé de Noirs new-yorkais, les « Harlem Hellfighters » qui se rendent populaire grâce à leur musique, le jazz, qu'ils font connaître sur le Vieux Continent. Ils sont les premiers Américains à recevoir des Français la croix de guerre. Leur retour sur le sol américain les ramène à leur triste condition bien loin de cette société française qu'ils ont idéalisée. Cette expérience est le point de départ de revendications et de révoltes à l’origine  des premières émeutes raciales, notamment dans la ville de Chicago.

Même s'ils ont parfois manqué d'expérience du commandement et d'une bonne connaissance du terrain, les américains ont néanmoins fait preuve d'un extraordinaire courage lors de la bataille du Bois Belleau (Aisne) en juin 1918, à Saint-Mihiel (Meuse) en septembre 1918 ou encore lors de la grande offensive Meuse-Argonne en septembre-novembre 1918. Il est difficile d'imaginer quelle aurait pu être l'issue de la Grande Guerre sans l'intervention américaine. Une chose est certaine : la contribution des États-Unis à la victoire finale fut autant psychologique que militaire, permettant ainsi à cette grande puissance de peser, un temps, directement dans les négociations et traités d’après-guerre.




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