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Les bordelais ont du talent... Les dessinateurs de BD

Publié le 02/09/2008
A l'occasion de la candidature de Bordeaux au titre de Capitale culturelle de l'Europe en 2013, le rayon BD/jeunesse se montre un peu chauvin et met en avant quelques uns des illustrateurs bordelais qui font la réputation de la ville... suivez le guide.
Bast & Matyo
Souvent partenaires sur des projets, on aurait tendance à croire que ce n'est qu'une seule et même personne... et bien non !
Bast est né en 1974 à Bordeaux. D'abord graphiste et désormais professeur d'arts plastiques en collège, il a toujours penché vers la BD. Co-fondateur du café-BD en 2001, il produit régulièrement des BD au ton humouristique.
Matyo, quant à lui, est né en 1970 à Bordeaux aussi. Perfusé au Pif et au Picsou quand il était petit, c'est tout naturellement qu'il choisit de devenir dessinateur. Ses illustrations paraissent dans la presse aussi bien pour les petits (Toutalire, Les clés de l'actualité juinior, Petit à petit) que pour les grands (Pour la Science). Pour faire simple, on peut dire qu'il aime le dessin minimaliste et la couleur bleue.
Au sein d'un bibliographie qui commence à prendre de l'ampleur pour l'un comme pour l'autre, citons Bordeaux, les historiettes, ouvrage on ne peut plus d'actualités en cette course pour Bordeaux 2013, paru chez Sangam un éditeur bordelais aussi. Avec cette BD, partez, au travers de questions, à la découverte d'un Bordeaux insolite plein de curiosités auxquelles les habitants ne font plus attention. BD, photos, contes et légendes constituent cet album plein d'humour qui ne manquera pas de vous instruire.

François Ayroles
Il est né à Paris en 1969. 20 ans plus tard, il intègre l'atelier BD de l'école des beaux-arts d'Angoulême et collabore depuis régulièrement avec L'Association, Nathan et la presse (Libération, Les Inrockuptibles). Cet auteur, très ancré dans la nouvelle veine graphique, propose des albums variés, inattendus, pouvant retrancher les lecteurs dans de profonds antagonismes. Toujours un peu loufoques, provocants ou irritants, ses personnages donnent une véritable consistance aux albums. D'ailleurs ce côté expérimental se retrouve dans l'autre partie des travaux de François Ayroles : l'OuBaPo, l'Ouvroir de Bande déssinée Potentielle, le parallèle de l'OuLiPo, qu'il a rejoint dès 1994.
L'OuBaPo a été créé en 1992 et se propose de faire de la bande dessinée sous certaines règles appelées contraintes : le dessinateur devra s'y plier pour explorer les limites de son support. A titre d'exemple, on peut citer Jean qui rit et Jean qui pleure paru chez l'Association : ici, Ayroles fait un
travail graphique sur le destin parallèle de deux sosies, l'un chanceux et l'autre moins.

Nicolas Dumontheuil
Il est né à Agen en 1967. Après des études de communication visuelle, il travaille dans le secteur de la plublicité et fait ses premières illustrations  et story-boards. Sa première publication date de 1993 mais c'est l'album Qui a tué l'idiot ? qui l'impose dans le neuvième art en lui offrant l'Alph'art du meilleur album à Angoulême.
On se souvient aussi de sa série très sombre Le singe et la sirène qui raconte le quotidien de prostituées dans le quartier de Bacalan et qui a révélé toute sa maitrise graphique.
L'actualité nous fait aussi forcément parler de la parution du tome 3 de Big Foot, magistrale adaptation d'un roman de Richard Brautigan. D'ailleurs Nicolas Dumontheuil ne fait pas qu'adapter ce texte, il le revisite, lui donne une autre dimension, notamment grâce à ses illustrations précises, expressives et parfois mêmes drôles.

Guillaume Trouillard
En plus d'être illustrateur comme ses congénères, ce bientôt trentenaire a eu l'idée de créer sa propre maison d'édition dans un petit atelier de la rue de la Rousselle. Alors qu'il était toujours étudiant aux beaux-arts d'Angoulême, il décide de créer la revue Clafoutis dans laquelle il réunit tous les jeunes auteurs ayant les mêmes affinités graphiques et le même goût pour l'expérimentation que lui. Aucune contrainte de thèmes, de formats ou de style, chacun y met sa patte, point.
Afin de baliser cette publication, il crée une maison d'édition sous forme d'association dans laquelle il publie aussi ses propres ouvrages. Son dernier album, et non des moindres, Colibri  est superbe, plein de couleurs en étant pour autant loin d'être drôle. Guillaume Trouillard nous montre ici ce qu'il a vu lors de son voyage en Chine réalisé quelques années plus tôt. Dans cet album d'aquarelles, on découvre tout l'aspect militant de l'auteur ainsi que sa pensée politique. Colibri est à la fois une critique du capitalisme, une vision désabusée de l'humanité mais aussi du rêve et de l'humour. Vous l'aurez compris, un album particulièrement apprécié par vos libraires et qui a aussi été récompensé par LIbération  et au salon de Bassillac, en Dordogne.

Jean-Denis Pendanx
Ce dacquois de 42 ans est d'abord passé par Toulouse puis Paris avant de poser ses crayons et ses pinceaux à Bordeaux. Il débute sa carrière par des travaux d'illustration pour des éditeurs jeunesse (Père Castor Flammarion, Mango) et des magazines aussi différents que Science & Vie et Casus Belli (la défunte bible des joueurs de jeux de rôles hexagonaux), publie son premier album, Diavolo le solennel, dès 1991. Après avoir livré 4 tomes de la série fantastique Labyrinthes, il trouve en Alain Brézault un scénariste aussi passionné que lui par l'Afrique. De leur rencontre nait la trilogie des Corruptibles, un polar au comique grinçant se déroulant dans un Etat africain fictif. Après avoir signé le tendre et gouailleur Prises de gueules dans le livre sur le marché des Capucins de Christophe Dabitch, ce dernier et Pendanx se réunissent à nouveau pour les deux volumes d'Abdallahi (chez Futuropolis). Abdallahi raconte le périple de René Caillié, explorateur charentais solitaire décidé à être le premier européen à entrer dans Tombouctou (alors interdite aux Blancs) et à en revenir vivant. En 1824, l'intérieur de l'Afrique est encore terra incognitae pour les Européens. Caillié devra se faire passer pour un arabe Musulman et se faire aider par un ex-esclave noir, Arafanba pour parvenir à ses fins. Cette année, le duo a publié le premier volume d'une trilogie, toujours chez Futuropolis, autour du personnage de Jeronimus Cornelisz, instigateur au XVIIe siècle d'une sinistre mutinerie sur un navire hollandais, le Batavia, parti pour Java. C'est vers les gouffres de l'âme humaine que se tournent désormais Pendanx et Dabitch. Jeronimus est le récit, dans une tension croissante, de la naissance d'un monstre au fil de l'eau. Pendanx manifeste autant de talent à peindre les bleus de l'océan que les ocres de l'Afrique.


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