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Littératures ethnologiques

Publié le 13/01/2011
« Puisque la littérature nous parle de l'homme, ne doit-on pas lui reconnaître une certaine "valeur anthropologique" ? »Vincent Debaene
Il fut une tradition française où les ethnologues revenant de mission produisaient à partir de leur enquête une thèse soumise à l'approbation de leurs pairs ; s'ensuivait souvent un deuxième ouvrage, plus court, plus littéraire. Dans ce dernier, l'ethnologue retrouvait sa place dans l'expérience qu'il venait de mener au contact d'une autre culture.
Ces livres qui connurent le succès auprès du grand public renouaient en quelque sorte avec la tradition des récits de voyage que Lévi-Strauss appréciait tant. Il recommanda même souvent leurs lectures comme celle des pérégrinations de Jean de Léry au Brésil, ou encore, du journal de l'infortuné voyageur Hans Staden prisonnier d'une tribu anthropophage au XVIème siècle.
De ces récits ethnographiques naquirent de grandes collections telle que Terre humaine aux éditions Plon, dirigée par l'ethnologue Jean Malaurie ou encore la collection L'Espèce humaine chez Gallimard sous la direction d'Alfred Métraux.

Dans son passionnant ouvrage, L'Adieu au voyage, Vincent Debaene rappelle que la première moitié du XXème siècle connut l'enthousiasme des écrivains comme André Breton ou Roger Caillois pour l'ethnologie et l'implication d'ethnologues dans les milieux littéraires comme Michel Leiris ou Claude Lévi-Strauss lui-même.
Bien sûr, Tristes Tropiques devint l'emblème de cette connivence entre littérature et ethnologie, domaines souvent définis comme incompatibles tant l'ethnologie, discipline encore jeune, voulait se définir comme une science. Cependant, alors que celle-ci a su conquérir ses galons par la rigueur de la démarche scientifique, c'est bien souvent du côté de la littérature qu'elle a gagné ses marques de noblesse : L'Ile de Pâques, L'Afrique fantôme, Les Flambeurs d'hommes, sont autant d'exemples où le chercheur en retranscrivant des impressions, des évocations libres et personnelles parvient alors à rendre compte de la réalité d'un lieu, à rendre tangible des émotions, des liens, des rapports sociaux.
Vincent Debaene montre ainsi avec subtilité que la littérature participe pleinement à la transmission d'une forme de savoir.

Voici donc quelques petits morceaux choisis pour peut-être vous donner l'envie des voyages ethnographiques.
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