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Ne quittez pas, je vous passe Stéphane Audeguy !

Publié le 14/04/2009
A l'occasion de la parution de Nous autres, son troisième roman, et de sa sélection au Prix Lavinal - Printemps des lecteurs, quelques mots de Stéphane Audeguy, interrogé par Sylvie Latour.
Il est des premiers romans qui doivent être lus comme une démonstration de la virtuosité de leur auteur et restent souvent sans suite, ou plutôt sans postérité. Il en est d'autres qui annoncent brillamment l'œuvre à venir et enchantent d'autant que l'écrivain, ensuite, ne déçoit pas. Ainsi en est-il de La Théorie des nuages de Stéphane Audeguy, roman qu'un mauvais jeu de mots pourrait présenter comme un coup de tonnerre si nous nous laissions aller et qui fut, outre l'authentique bonheur que sa lecture nous procura, le coup d'envoi d'une œuvre  se mêlent corps et âmes avec une réussite assez rare pour être soulignée.

A La Théorie des nuages succédèrent dont Fils unique, qui contait l'histoire de François Rousseau, frère dissipé de Jean-Jacques ; puis deux essais : une histoire des monstres publiée chez la Découverte / Gallimard ainsi qu'un Petit éloge de la douceur (les éloges doivent être brefs, sinon, ils font détester ce qu'ils encensent) que reçut la collection Folio.

Quelques textes suivirent  parus ici ou là, des préfaces, une anthologie lettrée d'anecdotes sur la mort de personnes célèbres, jusqu'à la parution, en ce début d'année, d'un Nous autres qui confirme s'il en était besoin, que nous avions raison de croire en lui. Au détachement que permet la virtuosité romanesque qui est la sienne, Stéphane Audeguy a préféré ici se colleter avec l'autobiographie pour en faire la matière d'un roman. Point d'autofiction ici, mais simplement le point de départ d'une histoire dont la vérité appartient à son auteur comme le récit nous appartient à nous, lecteurs.

Où l'on voit qu'un fils qui, pour tenter de respecter les dernières volontés d'un père presqu'inconnu et désormais mort (suicidé, assassiné ?) va trimballer son cadavre à travers un Kenya bien éloigné des images de safaris photographiques et du Daktari de notre enfance. Pays vrai et artificiel comme le sont les romans, le Kenya de Nous autres est – est-ce par hasard ? – la mémoire du monde contemporain où viennent s'échouer les utopies, qu'elles soient politiques, géopolitiques ou, bien sur,  personnelles. Une histoire du désenchantement, lancinant comme une ode antique et moderne comme la cruauté.  Et Nous autres rejoint là La théorie des nuages et faisant de nouveau s'incarner l'idée et s'idéaliser le monde…

Ce roman est à ce point une réussite que les libraires l'ont sélectionné, avec cinq autres, pour la troisième édition du Prix Lavinal – Printemps des lecteurs qui sera décerné au mois de juin. A cette occasion, Stéphane Audeguy a bien voulu se soumettre à nos questions pour un entretien téléphonique qui, nous l'espérons, vous donnera envie de découvrir ce singulier personnage des lettres françaises. Pour l'entendre, cliquez sur le bouton Podcasts qui se trouve à droite du titre.
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