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Perse-Iran : une belle filiation littéraire (2)

Publié le 08/06/2006
L'Iran d'aujourd'hui et ses littératures

La littérature iranienne aujourd'hui…
Elle est évidemment marquée par les évènements qu'a connus l'Iran depuis la fin des années 70. Par le biais de leurs publications, les écrivains iraniens nous livrent leurs expériences du fondamentalisme islamique, de la misère sociale et intellectuelle ambiante et évoquent leur combat pour la défense des libertés.

Sadegh Hedayat (1903 – 1951) est l'auteur de nombreux ouvrages, tels que Trois gouttes de sang (Phébus, 1988), Enterré vivant (José Corti, 1986) ou encore La Chouette aveugle (José Corti, 1991), une merveilleuse. De son temps, il était admiré par André Breton et Henry Miller.

Houchang Golchiri (1987-2003) Pourchassé impitoyablement par les autorités islamiques et devenu un héros pour l'intelligentsia de son pays, Golchiri a écrit quelques romans aussi brefs que beaux. On retiendra Le roi des noirs-vêtus à L'Inventaire qui n'hésite pas à aborder le thème de la guerre irako-iranienne, de la censure et des victimes intellectuelles qui en souffrirent.

Chahdortt Djavann, romancière et anthropologue, est née en Azerbaïdjan en 1967. Elle grandit à Téhéran avec sa mère et ses quatre frères et sœurs. Son père, Pacha Khan, est emprisonné par le Shah après la révolution de 1979. Véritable garçon manqué, elle a un grand besoin de liberté et décide très jeune de quitter son pays.
Après la Turquie, elle atterrit à Paris en 1993. Ne parlant pas le français, elle enchaîne divers emplois précaires et vit dans des conditions très difficiles. Elle parvient tout de même à rentrer à l'Ecole des hautes études en sciences sociales où elle étudie l'anthropologie. En 2002, elle publie Je viens d'ailleurs (éd. Sabine Wespieser) un premier roman écrit en français où elle raconte sa révolte face au régime islamique d'Iran. Auteur de romans comme d'essais, elle écrit près d'un ouvrage par an. Ses thèmes de prédilection sont la critique du fondamentalisme islamique et la défense des libertés individuelles.

Dowlatabadi, né en 1940 à Sabzevar, est l'auteur de nombreux récits et romans. Il apparaît comme l'héritier de la tradition romanesque de l'Iran moderne. Malheureusement, il n'existe qu'un ouvrage traduit et publié en français qui soit à ce jour disponible, Cinq histoires cruelles (Gallimard, 2002). Ecrites dans les années 60, ces nouvelles ont pour décor le monde rural iranien et évoquent les problèmes que peuvent rencontrer les paysans face à l'irruption de la modernité.

Sorour Kasmaï est née à Téhéran en 1962. Elle quitte l'Iran en 1983 et vit depuis à Paris. Auteur de nouvelles, elle est aussi traductrice et spécialiste du théâtre russe autant que de la littérature iranienne contemporaine. En 2000, un de ses textes est publié dans Jardins de solitude, recueil de nouvelles publié aux Mille et une nuits. Deux ans plus tard, elle écrit Cimetière de verre ; c'est le premier roman de la collection « Horizons persans » chez Actes sud, une collection consacrée aux littératures afghane et iranienne que l'auteur dirige aujourd'hui. Son dernier livre, La Vallée des aigles, paru chez Actes sud en 2006, est le récit de sa fuite d'Iran.

Azar Nafisi est née à Téhéran mais vit aujourd'hui à Washington. Professeur d'université en Iran, elle doit démissionner sous la pression des autorités iraniennes. Elle décide alors de réunir chez elle clandestinement sept de ses étudiantes pour leur faire découvrir la littérature occidentale. Cette expérience a duré deux ans et a fait l'objet d'un livre, Lire Lolita à Téhéran, qui a remporté le prix du meilleur livre étranger en 2004 et le prix des lectrices de Elle en 2005.

Un certain nombre de lecteurs connait déjà l'enfance de Marjane Satrapi, puisque celle-ci l'a racontée dans la série Persepolis, parue à l'Association à partir de l'année 2000. Pour les non initiés, rappelons que Marjane est née en 1969 à Téhéran. Elle appartient à une famille progressiste et connait très vite les restrictions grandissantes des libertés individuelles dues à la révolution islamique et à la guerre Iran – Irak. En 1984, elle est envoyée à Vienne par ses parents pour fuir le régime. Elle retourne ensuite en Iran pour suivre ses études supérieures. Après un mariage avorté, elle se rend en France, pays où elle réside encore aujourd'hui.Sa rencontre avec David B marque un tournant dans sa vie puisqu'il lui donne sa passion pour la bande dessinée. Dès son premier ouvrage, Persepolis, elle commence à rencontrer un succès critique et commercial. Après Broderies, nommé dans la catégorie du meilleur album au Festival d'Angoulême en 2004, c'est avec Poulet aux prunes qu'elle reçoit le prix du meilleur album en 2005.

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