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Les adaptation de jeux-vidéos en BD

Une actualité de Libraires BD/Manga
Publié le 02/11/2022
Quand les jeux-vidéos investissent la bande dessinée !

De plus en plus, le jeux-vidéo est un art qui étend son spectre narratif dans d’autres médiums : la littérature, le cinéma, la télévision et, celui qui nous intéresse aujourd’hui, la bande dessinée.

Les adaptations, sequels, prequels et autres spin-offs sont nombreux et promettent aux joueurs les plus assidus une nouvelle plongée dans leur univers de prédilection. 


Aujourd’hui nous vous proposons un petit retour sur plusieurs œuvres ayant réussi leur passage de l’écran à la page.


Le 15 septembre 2022 sortait Nier : automata opération pearl harbor aux éditions Kurokawa. 

Dans un lointain futur, l'humanité fut envahie par une race extraterrestre. Dans le but de détruire le monde des Hommes, ces êtres venus d’ailleurs envoyèrent à la surface de notre planète des créatures mécaniques destructrices. L’humanité ayant perdu son combat, elle parti se réfugier en orbite dans des stations positionnées autour de la Lune. Pendant ces longues années de retraites, les humains mirent au point un programme d’androïdes visant à reconquérir la planète Terre, particularité du projet les combattants sont tous des combattantes. Chacune possède une spécificité qui lui est propre : armurière, combattante au corps à corps, analyste, cartographe… De plus, elles ne possèdent pas de nom, pas d’identité, toutes portent un numéro comme indicatif d'appellation. Enfin, dernière chose, nos héroïnes sont toutes vêtues de manières affriolantes en tenue de maid (serveuse dans les cafés japonais). Mais ce dernier point n'entache en rien leur caractère de femmes fortes, indépendantes et puissantes. 

Voici ce qu’est l’univers de Nier Automata.

Maintenant que vous êtes un peu plus familier avec le background de ce futur apocalyptique, venons en à Opération Pearl Harbor.

Plusieurs années après l’invasion de la Terre par cette race extraterrestre, l’humanité décide d’envoyer un bataillon d'androïdes détruire le serveur central régissant les créatures aliens mécaniques. Seize des meilleures sont envoyées au front. Mais lors de leur descente sur Terre à l’aide d’armures mécaniques automatisées (des mechas) douze des seize jeunes femmes se font abattre par de puissantes armes. Les quatre jeunes androïdes restantes devront poursuivre la mission seules, tout en faisant face à une poche de résistance pouvant leur apporter des réponses sur leur présence sur Terre et leur création de la main de l’Homme.


Adapté d’un jeu vidéo action-rpg (Nier : Automata) aux forts accents mélancoliques, ce Nier : automata opération pearl harbor décide de proposer aux lecteurs une aventures se déroulants bien des années avant les pérégrinations de 2B et 9S (les protagonistes du jeu) sur Terre. Des propres aveux du scénariste, l’histoire est des plus simpliste : un groupe de combattantes est dépêché sur Terre pour sauver l’humanité mais le chemin sera long et semé d'embûches. Ce qui est “important” dans ce premier tome, et début de série, ce sont les personnages. Bien qu’étant quelque peu sexualisées à outrance, toutes ces jeunes femmes possèdent une réelle personnalité, de vrais dilemmes moraux et un réel parcours de personnage qui les présentent comme des personnes entières et en proie aux doutes quant au bien fondé de leurs actions.  

Le manga est un très bon complément pour les fans du jeu-vidéo souhaitant en apprendre plus sur le lore de Nier (automata et non sur le premier jeu qui lui est diamétralement opposé à automata) mais également une très bonne aventure pour les néophytes : un excellent univers de science fiction développé grâce à des personnages attachants, au design des plus charmeurs et aux scènes d’action efficaces.



Autre série de jeux vidéo et autre série de mangas, plutôt deux à vrai dire.

En 2012 paraît Resident Evil - Marhawa Desire aux éditions Kurokawa. 

En parallèle de la sortie de Resident Evil 6 sur nos consoles préférées, le Japon propose aux lecteurs du monde entier une histoire se déroulant avant les aventures vidéoludiques de Chris, Léon, Jack et Ada.

Dans une école réputée de Singapour, tous les élèves semblent touchés par une maladie les rendant extrêmement agressifs, semblable à une forme de rage. Ayant fait appel à plusieurs scientifiques de renom pour tenter de percer les mystères de cette épidémie, une seule option est envisagée : le déploiement d’une arme bactériologique transformant toutes créatures biologiques en armes de destruction massive. Et dans ces cas là qui s’est qu’on appel ? Chris Redfield et les agents du B.S.A.A bien sur ! 

Intervenant au cœur même de l’établissement scolaire pour tenter de freiner la prolifération de cette arme, Chris et son équipe iront de révélation en révélation jusqu’à l'issue de l’histoire menant aux portes de Resident Evil 6.


Épousant complètement l’aspect action que la série a adopté depuis la sortie de l’opus Resident Evil 4, quitte à délaisser l’ambiance survival-horror de ses débuts, Marhawa Desire épouse parfaitement ce que sera l’aventure Resident Evil 6. Véritable introduction au jeu, en dévoilant ici l’identité de l’une des principales menaces, la série riche de 5 volumes se suit tantôt comme un actionner où les héros anéantissent des hordes de zombies, tantôt comme un shonen d’angoisse léger où l’on peut se demander d’où la menace va surgir.

Fidèle à ce que nous pourrions appeler “la nouvelle trilogie Resident Evil” (les opus 4,5 et 6), la série de Kurokawa est, d’une part, une sympathique aventure d’action/horreur pour les néophytes, mais également un petit complément plus qu'honorable pour les plus acharnés souhaitant tout savoir sur la timeline officielle de Resident Evil.


Seconde série Resident Evil toujours proposée par Kurokawa : Resident Evil - Heavenly Island

Cette fois-ci nous allons suivre la soeur de notre bon bodybuilder Chris Redfield, Claire Redfield. Dans cette histoire le monde est accro à une nouvelle télé-réalité répondant au nom de “Idol Survival” (sorte de Koh-Lanta mais sans Denis Brogniart et avec des idols en maillot de bain). Mais lorsqu’un poisson infecté par une souche du virus T (le même virus ayant détruit Racoon-City dans les jeux vidéos) est découvert non loin de l’île, mettant en danger toute l’équipe de tournage, Claire Redfield décide d’intervenir. A la suite de son intervention, Claire découvre que l’île abrite un ancien centre recherche de Umbrella Corporation (la société pharmaceutique antagoniste de la saga vidéoludique) bâti par un certain Spencer qui n’est autre que le créateur du virus T. Umbrella est présente et souhaite créer l’arme bactériologique la plus puissante jamais faite. 

Spin-off de la série principale, ce Heavenly Island est un divertissement de bonne facture, où le principal intérêt n’est pas ses mannequins en bikini mais bel et bien une aventure d’action menée tambour battant tout le long de ses 5 volumes.



Autre jeu, autre format. Cette fois-ci nous allons lorgner du côté du studio Ubisoft (père des excellentes séries Splinter Cell, Ghost Recon ou encore Prince of Persia) avec les adaptations en bande-dessinée de Watch Dogs Legion et Far Cry 6.


Dans le cas de Watch Dogs Legion nous suivons les aventures des hackers de l’organisation DedSec agissant contre les mercenaires de l’organisation Albion ayant la main mise sur les ressources technologiques du Royaume-Unis dans une ambiance post-Brexit. Cette dernière décision politique ayant mis à mal le pays, les britanniques sont désormais sous le contrôle d’une dictature technologique où chaque citoyen est surveillé, catalogué et répertorié. Voulant lutter contre ce nouveau régime à mi-chemin entre 1984 et la série télévisée Person Of Interest (influence dont les équipes d'Ubisoft ne se sont jamais cachées, en témoigne les nombreuses missions du premier jeu faisant directement écho à des épisodes de la série d’exception), les pirates informatiques/justiciers du groupe DedSec mettront leurs talents au profit des citoyens en détruisant à la base le régime d’Albion.

Retrouvant l’ambiance techno-rétro-futuriste du troisième épisode de la série Watch Dogs avec son lot de néons, de musiques ultra référencées années 80 et de styles vestimentaires tout en jean slim, perfecto en cuir et en lunettes de soleil aux verres fumées, la bande-dessinée proposée aux éditions Glénat arrive à tenir son pari. Celui de proposer une aventure en sus des diverses missions proposées dans le soft console, pour ici se concentrer sur un personnage, ses motivations et son ressenti face à la dictature d’Albion, contrairement au jeu, qui lui nous laissait prendre le contrôle de littéralement tous les habitants de Londres. 

Thriller d’action technologique très simple d’accès, fun et rythmé ce Watch Dogs Legion est une bonne pioche pour qui souhaite en savoir plus sur le jeu, ou tout simplement découvrir un nouvel univers de science-fiction.


Puis d’un autre côté nous avons Far Cry Les larmes d’Esperanza. Prequel au jeu Far Cry 6, l’histoire nous présente de Juan Cortes, un mercenaire venu prêter main forte au peuple opprimé de Santa Costa. Les conflits font rage dans ce petit pays d’Amérique du Sud depuis la découverte du tantale, un minerai qui bouleverse l’ordre économique du pays. Juan est également engagé pour assassiner le président en place et ainsi aider la révolution à récupérer le pays qui est sien.

Choisissant de ne pas adapter directement la ligne directrice de Far Cry 6, la bande-dessinée publiée chez Glénat fait le choix de nous compter une histoire prenant place dans l’univers du jeu pour en étendre le lore. 

Tout comme Watch Dogs Legion, ce Far Cry Les larmes d’Esperanza possède le luxe de pouvoir s’adresser à deux publics différents : les connaisseurs du jeu vidéo éponyme et les néophytes souhaitant se plonger dans une aventure originale. 


Enfin, en octobre sortira le comic-book basé sur l’univers de The Division. A l’origine The Division est un cover-shooter prenant place dans l’univers des romans de Tom Clancy où, suite à une épidémie d’envergure mondiale s’étant déclenchée lors du Black Friday à New-York, des citoyens ordinaires se retrouvent “activés” comme membres de la division. La division est une équipe de combattants hautement qualifiés se dressant contre les menaces extérieures comme intérieures lorsque la société s’est effondrée. Dans le comic-book The Division : extremis malis nous suivrons donc un agent de la division, Caleb Dunne, à la poursuite de la femme responsable de la mort de son collègue. Sa traque le mènera de New-York à Washington en faisant donc le lien entre les deux opus vidéoludiques, le premier prenant place peu de temps après l’épidémie dans la ville qui ne dort jamais et le second dans la capitale où les agents doivent repousser les différentes factions souhaitant prendre le contrôle de la ville.

Ici nous avons un comic-book faisant le lien entre deux jeux vidéo, Extremis Malis ne cherche pas tant à étendre le lore de The Division mais bel et bien à donner une cohérence à cet univers déjà très riche.


Comme nous avons pu le voir avec ces quelques exemples, la bande dessinée et le jeu vidéo peuvent être des médiums complémentaires. Certains récits n’auront pour but que de proposer des aventures dans les univers que nous affectionnons, tandis que d’autres se serviront des pages pour connecter des bouts de ces histoires que nous avons vécu manette en main.  

Les jeux-vidéos dans la BD