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Robert Badinter : le combattant de la justice

Publié le 29/09/2009
« J'en ai bavé, mais ça valait la peine »
Robert Badinter a 22 ans lorsqu'il devient avocat en novembre 1950. C'était tout sauf une vocation. Presqu'un hasard. « Il fallait que je gagne ma vie »dira-t-il dans un entretien à l'Express en juillet 1973. Avocat donc il sera.

Intronisé chez Henri Torrès, une figure du barreau de Paris, le jeune Badinter  fait ses classes auprès du « Maitre ». Les deux hommes trouveront dans cette relation  un attachement immédiat, une filiation : Badinter remplace le fils de Torres, mort à la guerre, et le vieil avocat est le père que Robert Badinter a perdu dans les camps de concentration. C'est auprès de lui que naitra chez le jeune Robert la conviction abolitionniste. Et c'est au nom de cette conviction que le jeune avocat défendra des cas indéfendables mettant en péril  sa vie et  celle de sa famille : lettres d'insultes, de menaces, une bombe explosera  même dans le hall de son immeuble…

Les Français ont encore en mémoire les scènes d'hystérie collective déclenchées par différentes affaires criminelles défendues par Maître Badinter : Bontemps et Buffet (accusés de meurtre, condamnés puis exécutés), et surtout l'affaire Patrick Henry de qui il sauvera la tête après une éclatante plaidoirie. La Veuve, « la guillotine », n'aura pas la tête du meurtrier du petit Philippe Bertrand. Aux yeux des Français, Robert Badinter deviendra « Monsieur abolitionniste ».

Mais ce n'est qu'en 1981 que Robert Badinter, alors Garde des Sceaux sous le premier septennat de François Mitterrand, fera voter une loi qui abolira la peine de mort. La Justice en France ne tuera plus. Au cours de son mandat de Ministre, il fera supprimer la Cour de sureté de l'Etat, les tribunaux militaires, et obtiendra l'abrogation de l'article réprimant les rapports homosexuels.

Avocat détesté, ministre impopulaire, homme discret et réservé, Robert Badinter a mis des décennies avant que l'Histoire ne lui rende la reconnaissance qu'il mérite. Dans l'inventaire des années Mitterrand , à la question de savoir quelle personnalité a le plus marqué les Français, son nom  est toujours le premier cité.


Robert Badinter en quelques dates :

30 mars 1928 : naissance à Paris
1951 : avocat au barreau de Paris
1965 : agrégation de droit
1971 : adhésion au Parti Socialiste
1972 : affaire Bontemps et Buffet
1977 : affaire Patrick Henry
Juin 1981 : Garde des Sceaux
Septembre 1981 : abolition de la peine de mort
1986 : président du Conseil Constitutionnel
1995 : élu sénateur des Hauts-de-Seine
2004 : réélu sénateur




Image : Robert Badinter, février 2007 (détail). Source : Flickr - publiée sous licence Creative Commons.
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