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Voyage au pays des samouraïs

Publié le 05/11/2003
Kyushu, Shikoku, Hanshu et Hokkaido, quatre îles principales entourées de 4000 îles plus petites nées, selon la légende, des larmes d'une déesse tombées dans la mer...

L'empire du soleil levant évoque généralement à nos esprits européens les samouraïs et leur code de conduite strict, les paysans coiffés de chapeaux coniques courbés sur les rizières, les élégantes aux kimonos soyeux et raffinés protégeant leur peau diaphane sous des ombrelles de papier huilé, ou encore l'architecture en ailes d'oiseaux recourbées des châteaux et des temples de bois sculptés. Autant d'images fortes qui ne sont qu'un bien léger aperçu d'une culture extrêmement riche quoique récente si l'on considère que le Japon n'a acquis une forte identité culturelle qu'au IXème siècle.

Le Japon a en effet été grandement redevable à ses voisins chinois et coréens -deux des civilisations les plus avancées du monde entre le VIème et le XII ème siècle - des inventions amenées par les immigrants sur l'archipel- qui apportent dans leurs maigres bagages l'art de la culture en terrasses et en champs inondés par exemple-, ou de la venue des moines bouddhistes se mettant au service des empereurs du Japon qui commencent à organiser leur pouvoir. Avec ces moines arrivent ainsi l'écriture et la religion bouddhiste.

Au IXème siècle, le royaume japonais devenant fort et solide, sa culture étant plus développée, le besoin d'avoir une écriture résolument nationale se fait sentir. On abandonne alors les caractères chinois en les faisant évoluer en deux nouvelles écritures : l'hiragana pour les mots purement japonais et le katakana pour les mots d'origine étrangère. C'est l'époque où la littérature japonaise acquiert ses lettres de noblesse. Les genres littéraires se multiplient avec l'émergence des recueils de poésie, journaux intimes, carnets de voyages et romans. Les femmes écrivains dominent à tel point la vie littéraire de l'ancien Japon que plusieurs hommes choisissent un nom de plume féminin. Elles ont laissé des oeuvres majeures telles que Notes de chevet de Sei Shonagon-journal intime écrit vers la fin du Xème siècle ou bien encore le célèbre Roman de Genji écrit vers l'an 1000 par Murasaki Shikibu, dame de la cour. Ce n'est que bien plus tard que le célèbre genre littéraire du haïku -court poème de 17 syllabes- s'imposera à la cour, écrits par des samouraïs et des courtisans.

 

Vivre comme les japonais permettra aux enfants à partir de 10 ans de découvrir l'histoire du pays du soleil levant à travers différents thèmes. Cet excellent documentaire richement illustré servira parfaitement d'introduction à la découverte de la culture nipponne.

Pour la période contemporaine, les plus jeunes pourront s'intéresser à Ma vie à Tokyo qui décrit sous forme d'album-documentaire la vie quotidienne d'une petite fille.

Dans le domaine de la fiction, les plus petits se réjouiront des deux séries cultes de Kazuo Iwamura : La famille Souris et ses nombreuses aventures empreintes de douceur et la trilogie consacrée aux Réflexions d'une grenouille , célébrissime au Japon où elle touche un large public. Adultes et enfants se plongent dans les dialogues zens et les questionnements métaphysiques de ces petits animaux pensants et délicats.

C'est dans les contes inspirés de la tradion japonaise que l'on retrouvera le plus cette délicatesse, ce raffinement et souvent cette mélancolie -voire cette douleur- si présentes dans le théâtre japonais, en particulier dans le théâtre Nô où les questions les plus graves, la mort et l'au-delà sont toujours abordées. La femme-oiseau , conte très populaire au Japon, est un des plus beaux exemples de ces contes où priment l'intensité dramatique et une profonde émotion, où l'on retrouve honneur, honnêteté et sacrifice de soi chers au bushido des samouraïs.

Autre conte emblématique de la culture japonaise, Les deux vies de Taro évoque quant à lui le thème de la fidélité, du souvenir, du secret de la vie et de la mort qui ne peut être révélé sans dommage pour celui qui l'entend.

Enfin, comment conclure sans dire la beauté du Japon féodal réinventé par Lian Hearn dans sa somptueuse trilogie Le clan des Otori , saga tumultueuse où se mêlent des paysages délicats tout droit sortis des visions d'Hiroshige et les combats les plus violents, les sentiments les plus subtils et les vengeances les plus impitoyables.

Un Japon contrasté comme il l'est aujourd'hui, tentant d'allier le respect des traditions au culte des technologies les plus avancées.

NB. Le Japon sera cette année le pays invité du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine Saint Denis.

illustration : DR

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