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Colloque Naissance "La main ou l'outil"

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Le 07/11/2019
Horaires : 09:00 - 16:30
Publié le 07/10/2019
Colloque LA MAIN OU L'OUTIL Regards pluridisciplinaires sur l'évolution des techniques de la naissance Une initiative conjointe du master "soin, éthique, santé" de l'Université Bordeaux-Montaigne (https://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/formations/offre-de-formation-2016-2020/master-XB/philosophie-epistemologie-societes-PHILO.13/master-soin-ethique-et-sante-MES16_216.html), de l'Université de Bordeaux et de la Société d'Histoire de la Naissance (www.societe-histoire-naissance.fr)

7 novembre : FAIRE NAITRE AUX CONFINS DE LA MEDICALISATION : DE NOUVELLES VOIES D’AUTONOMIE ?

(programme conçu par le master Soin, éthique et santé de l'Université Bordeaux Montaigne)

participation gratuite, inscription obligatoire

A l’heure où dans les pays riches la norme est à la médicalisation de la naissance, que dire de ces naissances qui se situent aux confins de la médicalisation, soit parce qu’elles sont considérées comme démédicalisées (maisons de naissance, accouchement à domicile), soit parce qu’à l’inverse elles ont recours à une technicisation maximale (PMA, génétique) ?

Si à première vue ces deux types de pratiques s’opposent, ne peut-on aussi y voir deux modalités d’un même processus, lequel consisterait à faire naître selon ses propres choix, de manière singulière et autonome ? Ne s’agit-il pas là de nouvelles formes de naissance concourant ensemble, par la participation active des individus dans les décisions concernant la naissance, à corriger l’asymétrie qui caractérise la relation médecin/patient ou médecin/parents ?

Mais le parcours de PMA soumettant les individus au savoir, aux techniques médicales, aux normes qui les accompagnent, et l’instance médicale demeurant très présente y compris en contexte de démédicalisation, n’est-ce pas à un renforcement de l’asymétrie que ces pratiques contribuent ?

En somme, démédicalisation et technicisation accrues doivent-elles être considérées comme des formes possibles de mise au monde autonome, contribuant à accroître le pouvoir d’agir des individus, ou bien faut-il voir dans ces pratiques un renforcement du pouvoir médical et de l’assignation à ses normes ? Au-delà de l’opposition entre technophobie et glorification technique, et au prisme de ce qui peut apparaître comme des positions extrêmes et opposées, on s’interrogera ainsi sur le sens de la médecine de la naissance : s’inscrit-elle dans le cadre de la démocratie sanitaire et du renforcement du pouvoir des individus et de leur autonomie, ou bien apparaît-elle au service d’un pouvoir médical asservissant ?

9h : Accueil

9h30-10h15 : Sophie NAUDION (généticienne, CHU BORDEAUX) : « Naissance et génétique » (titre provisoire)

10h15-11h : Marie GAILLE (CNRS, Paris) : « Diagnostic prénatal et néonatal : de la technique à l’éthique »

11h-11h15 : Pause

11h15-12h : Guillaume DURAND (MCF en philosophie, Nantes) : « Pour une bienfaisance procréative ? La génétique au service de la procréation »

12h15-13h45 : Repas libre

13h45-14h30 : Laure LALLEMAND (médecin généraliste, Bordeaux) : « La naprotechnologie : devenir expert de sa propre fertilité »

14h30-15h15 : Marie LAMARCHE (MCF, HDR en droit, Bordeaux) : « La naissance : fait biologique et qualifications juridiques »

15h15-15h30 : Pause

15h30-16h15 : Mathieu AZCUE (doctorant en sociologie, Lyon) : « Institutionnalisation de l’accouchement physiologique et logiques politiques et sociales » (titre provisoire)

16h30 : Fin de la journée




8 et 9 novembre : SENS ET TECHNIQUES AUTOUR DE LA NAISSANCE D’HIER A AUJOURD’HUI

(programme conçu par la Société d'Histoire de la Naissance)

participation payante, inscription obligatoire


La main ou l’outil ? La sage-femme ou le chirurgien ? Ces deux questions dessinent une alternative a priori radicale, qui a longtemps accompagné la compréhension des naissances du passé et le rôle de ceux qui accompagnaient les parturientes.

Pendant des siècles, les femmes, qui seules accompagnaient les accouchements, n’ont eu à leur disposition comme “outils de travail“ que leurs cinq sens. Du côté des hommes de l’art, chirurgiens puis médecins, le rapport aux sens se hiérarchise différemment. Depuis l’Antiquité, en cas d’accouchement « contre nature », ils peuvent être amenés à prolonger leur main en utilisant crochets, pinces et bistouris pour sauver la mère en dépeçant le fœtus.

À partir du XVIIIe siècle, en plus de leurs traditionnels outils de mort, ils ont à leur disposition les forceps qui permettent de terminer heureusement un accouchement difficile. L’utilisation parfois inconsidérée des instruments, permettant aux chirurgiens d’affirmer leur supériorité sur les sages-femmes agissant à mains nues, donne lieu, à partir de 1750, en France et en Angleterre, à une querelle entre les praticiens hommes et femmes, dont témoigne l’image utilisée pour l'affiche de ces journées.

Cette opposition entre auxiliaires féminins et masculins de la naissance ne doit cependant pas faire oublier que, pour les sages-femmes exerçant majoritairement à domicile jusque dans les années 1950, le forceps fait partie de leur équipement. On s’attachera donc à nuancer voire à corriger l’opposition genrée entre femmes à mains nues et hommes instrumentés, pour contribuer à une histoire des changements techniques progressifs dans l’art d’accompagner les naissances

Les débats seront organisés en deux journées : la première reviendra sur l’histoire des pratiques d’accouchement et des outils qui y sont associés ; la deuxième sera consacrée aux nouveaux objets techniques qui entourent aujourd’hui les accouchements et aux évolutions qui en découlent.

(illustration de Isaac Cruikshank pour le livre Man-midwifery dissected de John Blunt, pseudonyme de Samuel William Fores, 1793, © Wellcome Collection (Londres). CC BY 4.0 - https://www.bl.uk/collection-items/man-midwifery-dissected-by-samuel-w-fores )