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Faire des émotions le moteur d'un être-ensemble démocratique.
Publié le 16/02/2026
Myriam Revault d'Allonnes vous présente son ouvrage "Passions publiques" aux éditions du Seuil. Entretien avec Mazarine Pingeot.
Dans cet entretien, Myriam Revault d'Allonnes explore la place des émotions au sein de l'espace public. Loin d'être des obstacles à la délibération, les passions constituent le socle de l'agir politique, à condition d'être travaillées et élaborées.
L'analyse débute par un retour au logos grec, indissociable de l'invention de la cité. Si Platon prône une domestication des passions par la raison, Aristote valorise le « raisonnable », une capacité de jugement intégrant la contingence et le sensible. La tragédie illustre cette transmutation : dans l'Orestie d'Eschyle, la violence originaire n'est pas éradiquée, mais transformée en une force protectrice pour la cité à travers la catharsis et la distance critique.
Myriam Revault d'Allonnes présente Jean-Jacques Rousseau comme le penseur d'une raison s'édifiant sur la sensibilité. La volonté générale n'est pas une abstraction, mais une puissance portée par des « affects expansifs » tels que l'amour de l'égalité.
La discussion aborde ensuite le concept de décivilisation de Norbert Elias. La philosophe précise que, pour l'auteur, ce terme désigne un effondrement interne de l'humanité et de la reconnaissance de l'altérité, illustré par le nazisme, plutôt qu'une menace venue de l'extérieur.
Enfin, le mouvement #MeToo est cité comme l'exemple d'une « passion publique » réussie. Il marque le passage de souffrances individuelles à une problématique politique majeure, transformant le vécu sensible en une volonté collective de justice.