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Celui dont la vie était « une oeuvre d'art »

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Publié le 19/12/2011
C'est ainsi que son compatriote Milan Kundera qualifiait la vie de Vàclav Havel qui s'est éteint dimanche dans la capitale tchèque à l'âge de 75 ans.Hommage à un homme tour à tour dramaturge, dissident politique, prisonnier et « président-philosophe »

Dès ses premières œuvres dramatiques (Fête en plein air, Le rapport dont vous êtes l'objet, Pas moyen de se concentrer), écrites dans la première moitié des années 1960 et constituant une critique féroce de la langue de bois du régime tchécoslovaque de l'époque, Havel fut ressenti par le public tchèque comme un auteur éminemment politique et populaire, car il amenait dans l'atmosphère quelque peu délétère de la Tchécoslovaquie du début des années 1960 un souffle d'air nouveau et vivifiant.

Après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les pays du Pacte de Varsovie, Havel devint dissident et poursuivit son combat pour une société tchèque démocratique. Dans ses nouvelles pièces il fustigea non plus la langue de bois, mais la société de la « normalisation », où la lutte pour la démocratie se trouvait pratiquement abandonnée pour ne laisser place qu'aux seules préoccupations matérielles (Audience, Vernissage, Protestation). C'est à cette époque que ses activités politiques le conduisirent à plusieurs reprises en prison : il y passe près de cinq ans entre 1977 et 1989.

Personnage clé de la Révolution de velours, Vàclav Havel devient en 1993 le premier président de la République Tchèque indépendante - fonction qu'il occupe pendant plus de dix ans. Depuis la fin de son mandat, il continue à écrire et participe à de nombreuses actions en faveur des Droits de l'Homme.

Son œuvre (dont la majeure partie reste à rééditer) composée de pièces de théâtres versant dans l'absurde et d'essais politiques aux accents philosophiques a été distinguée en 2010 par le prix Franz Kafka.



Photographie : © Martin Kozàk


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