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Le Fémina ouvre le bal

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Publié le 05/11/2012
Coup d'envoi de la folle semaine des prix littéraires de l'automne avec l'attribution des trois prix Fémina 2012 qui récompensent Patrick Deville, Julie Otsuka et Tobie Nathan.Les auteurs en vidéo et les mots des libraires
Le prix Fémina du roman français 2012 : Peste et Choléra de Patrick Deville (Seuil).

Après Kampuchéa, Patrick Deville revient à ses amours indochinoises par un curieux biais : il ressuscite effectivement avec sa manière contournant et hélicoïdale la figure de Yersin, un des membres de la bande à Pasteur, ces hommes qui à la fin du XIX° siècle firent basculer la biologie moderne avec la découverte des vaccins. D'origine suisse, tôt orphelin, Yersin fait bande à part depuis toujours et ne cessera pas, sa vie durant, de choisir les voies les plus singulières pour affirmer son choix d'atteindre le bonheur. Mais, trop souvent, le monde et la virulence de ses microbes le rattrapent et il sort de son splendide isolement, ou de ses expéditions lointaines pour, notamment, éradiquer la peste (il donnera son nom au virus) ou accomplir un voyage crucial. Biographe voyageur qui revendique une subjectivité inventive, Deville constitue peu à peu une bio-bibliographie littéraire unique en son genre dont ce dernier avatar n'est pas le moins réussi.





Prix Fémina du roman étranger 2012 : Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus)

Elles sont toutes Japonaises, ont toutes embarqué sur le même bateau à destination des États-Unis, mais ne sont pas du même niveau social. Elles partent pour trouver une meilleure vie, avec dans leurs affaires quelques souvenirs et la photo de leur futur mari. Certaines sont heureuses de partir, d'autres non. Certaines aimeront ce qu'elles trouveront sur le sol américain, d'autres non. Certaines vivront, d'autres mourront. Écrit à la première personne du pluriel, ce magnifique petit texte nous raconte l'histoire de ces femmes, dont parfois une voix s'élève plus forte que les autres pour dévoiler une pensée qui lui est propre, qui ont évité sans le savoir les bombes nucléaires, mais qui – pour certaines – vivront la catastrophe de Pearl Harbor, traitées comme des ennemies. Unanimité des libraires autour de cette petite merveille, sorte de miniature qui conjugue ellipse oriental et finesse anglo-saxonne. Voilà un livre qui s'imposera, nous n'en doutons pas.






Le prix Fémina Essais 2012
revient à Tobie Nathan pour Ethno-roman publié aux éditions Grasset.


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