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Décrire la nature: une histoire des naturalistes

Une actualité de Jean-Baptiste
Publié le 07/03/2019
Notre perception de la nature n'a cessé de changer au fil des siècles. Elle a pu nous paraître comme une force hostile, un titan mythologique antédiluvien qu'il convenait d'apprivoiser et de dompter pour gagner le droit de survivre en son sein. Par la suite elle put devenir aussi gracieuse, mystérieuse et magnifique qu'une nymphe, digne des plus grands tableaux romantiques du XIXe siècle et des plus belles descriptions littéraires et scientifiques de l'époque moderne et contemporaine. Aujourd'hui elle nous semble tristement fragile et menacée...

Quelle fut la force qui permit à cette perception d'évoluer ? La curiosité humaine sans doute. Cette pulsion investigatrice qui poussa certains esprits scientifiques à s'interroger sur l'harmonie du monde et sur les milliards d'entités, vivantes ou non, qui existent et cohabitent ensemble dans ce grand tout qu'est le cosmos. Au XVe siècle le terme naturalis est ainsi employé pour désigner ceux qui commencent à se pencher sur l'histoire de la nature. Par la suite, avec les grandes découvertes et la colonisation du monde, l'Europe prend conscience de l'immensité du domaine du vivant et de la multiplicité enivrante des environnements et de leurs trésors naturels.

 

Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle que le terme de naturaliste acquiert ses lettres de noblesse avec des noms illustres comme Jean-Baptiste de Lamarck, Georges Cuvier, Georges-Louis Leclerc de Buffon, John Ray, Alexander von Humboldt ou encore Carl von Linné pour ne citer que quelques-unes des gouttes de cet océan d'explorateurs. Qu'ils aient été « de laboratoire », « de terrain », « de collection » ou « de préservation », ces naturalistes ont accompli un phénoménal travail de collecte et d'inventaire des trésors de notre planète, transformant ainsi cette impitoyable arène naturelle en véritable musée des merveilles de la Création.

 

Même si de nos jours le terme de naturaliste ne semble désigner que quelques amateurs passionnés, le XXe siècle ne fut pas avare en dignes héritiers de Pline l'Ancien et de Charles Darwin. Comment, par exemple, ne pas s’émerveiller devant les carnets et les récits d'un Théodore Monod qui tout au long de ces voyages, au fil des dunes mauritaniennes sublimées par le soleil couchant, découvrit, répertoria et décrit plus de 160 nouvelles espèces et collecta plus de 20 000 échantillons. « Au chameau et au bouc. Au véhicule et au récipient. Aux deux seuls vainqueurs du Sahara » : en ouverture de son récit Méharées ces quelques mots témoignent seuls du profond respect, de l'humilité et de l'immense admiration de l'homme pour la nature.

 

A l'occasion de la parution du livre de Bertrand Romain, Le détail du monde : l'art perdu de la description de la nature publié au éditions du Seuil, le rayon histoire vous invite à voyager par les livres et dans le temps au côté de ceux qui nous ont raconté et nous racontent encore par le texte et le dessin les mille et une richesses naturelles de notre planète.

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