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Le festival Ritournelles fête ses dix ans !

Publié le 09/09/2014
Du 10 au 20 novembre, le festival Ritournelles explore les influences mutuelles entre les arts contemporains et l'univers du rêve...
Une présentation de Ritournelles par sa fondatrice, Marie-Laure Picot : «Depuis dix ans, nous explorons à travers les programmations du festival Ritournelles les nouvelles formes de créations contemporaines dans la littérature. Les mutations dans l'art sont déjà bien entamées et les termes d' «Industries culturelles » font aujourd'hui partie du discours dominant. On a perçu depuis longtemps les phénomènes d'hybridations dans la création. Les écrivains poursuivent leur travail à travers de multiples supports artistiques, les dispositifs audio et vidéo ont envahi les territoires de la danse, du spectacle vivant et de l'art contemporain. L'écrit est partout. L'appellation «écritures contemporaines» est devenue une sorte de signal récurrent de toutes les manifestions culturelles, quels que soient leurs domaines de compétences. »
Nous l'aurons compris : ce festival veut ouvrir au plus grand nombre la création la plus innovante, celle qui justement souffre d'un manque de visibilité, de compréhension  et de médiatisation. Grâce au choix de la transversalité, de la liberté d'accès et de la diversité des lieux culturels (théâtre, bibliothèque, musée, et librairie), les invités viendront d'horizons divers pour parcourir la thématique retenue (Ecrire/Rêver).
Le rêve demeure un support magique et énigmatique que les artistes ont de tous temps interrogé et inspire en retour bon nombre de pratiques. Nous pensons à l'apport fondateur du matériau du rêve dans la naissance de la théorie psychanalytique de Freud mais également dans les textes littéraires tels que A la recherche du temps perdu dont la fameuse scène inaugurale (« Longtemps je me suis couché de bonne heure… ») porte l'empreinte de ce matériau de l'inconscient comme déclencheur et fantasme de l'oeuvre à venir. La psychanalyste et auteur Sylvie Nève ainsi que l'écrivain Claude Chambard feront des lectures de rêves empruntés à Freud, Proust, Perec le jeudi 12 novembre au Molière. Pendant la durée du festival, on pourra y voir la projection d'un film des lecteurs du monument proustien réalisé par Véronique Aubouy, résultat d'un travail de 15 ans pour les trois premiers tomes (il en reste 4 à filmer, soit jusqu'en 2030 environ !). Vous pourrez écouter et interroger l'auteur de cette étrange et colossale entreprise d' « insomniaque » lors d'une conférence chez Mollat le mercredi 18 novembre. Elle sera accompagnée de la « poétesse » Liliane Giraudon qui présentera son dernier livre qui convoque les « 3 M » de Bordeaux (Montaigne, Montesquieu et Mauriac). Toujours en lien avec la littérature passée mais dans la volonté de donner à (re)découvrir des auteurs méconnus, la bibliothèque Mériadeck accueille des spécialistes de l'œuvre de Hélène Bessette (1918-2000) - qui fut révélée et célébrée notamment par Queneau et Duras - pour des lectures, performances et réflexions autour d'un univers qui côtoya la folie.  L'exploration de l'inconscient des écritures se poursuivra avec la venue exceptionnelle de Michel Butor le jeudi 19 novembre à l'occasion de la parution chez Argol d'un ouvrage qui fait le point sur le parcours de cet immense et prolifique écrivain qui a souvent utilisé le récit du rêve dans son œuvre (voir notamment la série Matière de rêves entre 1975 et 1985).  La journée du 17 novembre sera consacrée à la réflexion sur les liens entre écrire et rêver grâce à la participation d'intervenants variés (romanciers, comédien, critiques littéraire et d'art, philosophe) ainsi que des praticiens des deux domaines, comme par exemple Sébastien Smirou et Hervé Castanet, à la fois écrivains et psychanalystes. Ce dernier porte  une attention moderne  au nouage ancien art/littérature/psychanalyse notamment dans son dialogue avec les trouvailles poétiques de Christian Prigent.
 Le domaine de la poésie sera largement représenté à travers des expérimentations visuelles et sonores inédites : l'inauguration du festival le mardi 10 novembre au théâtre Molière-scène d'Aquitaine verra la rencontre des textes de l'écrivain Danielle Mémoire avec la musique de Steve Argüelles. Le 13 novembre, ce ne seront pas moins d'un metteur en scène, une comédienne, un plasticien-scénographe et un cinéaste qui s'empareront dans le même lieu du récent texte Electuaire du discours de Jérôme Mauche (éditions Bleu du ciel). Le CAPC proposera le jeudi 19 une performance de l'auteur et critique d'art Jean-Yves Jouannais, puis, le lendemain  le festival se conclura au Molière avec un croisement d'écritures féminines entre l'écrivain et chorégraphe Sabine Macher et la poète et « performer » Gwennaëlle Stubbe.
La richesse de la programmation permettra ainsi à tous les publics de satisfaire des curiosités culturelles multiples tout en s'adonnant au rêve de succomber à quelques textes et performances qui rendent vivants la ritournelle de la création artistique.

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