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Les intellectuelles françaises

Publié le 22/09/2010
Lumière sur le monde intellectuel au féminin.
« Le XXème siècle a consacré l'intellectuel en tant que figure masculine » déclarait Jean-François Sirinelli, le directeur du centre d'Histoire de l'Institut des Sciences Politiques. Le constat reste vrai en ce début de siècle : la parole intellectuelle publique reste largement dominée par la gent masculine. Pourtant, les femmes talentueuses ne manquent pas !
Voici quelques-unes de ses figures :


Fabienne Brugère


Philosophe et professeure à l'université Bordeaux III, membre du comité de rédaction de la Nouvelle Revue d'Esthétique, elle dirige avec Anne Sauvagnargues la collection "Lignes D'art" aux éditions PUF.
Par ailleurs, elle préside le Conseil de Développement Durable de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Elle travaille sur les philosophies du dix-huitième siècle, sur la philosophie de l'art mais aussi sur la philosophie morale et politique (les sentiments moraux, l'éthique du care et les nouveaux partages du privé et du public).

« Les intellectuelles de ma génération ne se situent plus par rapport à de grandes idéologies. Cette liberté ou cette absence de repères nous a permis de forger de nouvelles theories critiques et faire surgir des concepts comme le "care", la sollicitude, le souci des autres. Que des politiques s'emparent de nos idées, ce n'est pas un péché honteux, au contraire ! C'est plutôt une bonne nouvelle que les idées puissent circuler ».



Cynthia Fleury

Cynthia Fleury, philosophe de formation, est professeure à l'American University of Paris, chercheuse à l'Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC) et maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris. Ses travaux portent sur les conduites entropiques des démocraties, la réforme des institutions et des comportements, les outils de régulation démocratique et de gouvernance publique.

« Je travaille sur la réforme de la démocratie et le travestissement des principes démocratiques, leurs dérives, leurs dysfonctionnements ou conflit d'intérêts... J'utilise la méthodologie et le corpus philosophiques pour décrypter le monde aujourd'hui et maintenant. »



Catherine Malabou

Catherine Malabou est professeure de philosophie à l'Université de Paris X Nanterre et directrice de la collection de philosophie aux Éditions Léo Scheer. Elle rédigea sa thèse sur Hegel sous la direction de Jacques Derrida dont elle devint un "compagnon de route".

« Mon rapport à la philosophie ressemble beaucoup il est vrai à une querelle acharnée et constante entre un homme et une femme. Mais l'issue de cette bataille est de plus en plus incertaine et inattendue. Je me démarie, me désaccouple, divorce un peu plus de la philosophie à mesure que se construit ma pensée. De penser je suis absolue, isolée, absolument isolée. Je traverse l'espace philosophique dans une solitude absolue. Du coup, il n'a plus de limites, plus de murs, il ne me retient pas. C'est là ma seule chance. Il se peut que de cette désorientation résulte une œuvre. Je rejoindrais alors le cortège dont j'étais partie, celui de la marche progressive vers la libération. Des femmes ? »



Marie-Rose Moro

Marie Rose Moro est psychiatre d'enfants et d'adolescents. Psychanalyste, elle préside l'Association Internationale d'Ethno-Psychanalyse (AIEP). Elle est fondatrice et directrice scientifique de la revue L'autre, Cliniques, Cultures et Sociétés. C'est la chef de file actuelle de l'ethno-psychanalyse et de la psychiatrie transculturelle en France.

« Les migrations modifient la nature même des sociétés qui les accueillent, elles entrainent des processus de métissages profonds qui transforment l'identité collective dans une respiration vivante et ouverte. Ce processus est le même que celui qui traverse les migrants eux-mêmes, individuellement et collectivement : ils s'acculturent, se confrontent à des représentations et des manières de penser, de dire et de faire qui les modifient. Leur identité se modifie dans un processus de long, parfois douloureux mais toujours créatif. ».



Myriam Revault d'Allonnes

Philosophe et professeure des universités à l'École pratique des Hautes Etudes, elle est spécialisée dans la philosophie morale et politique. Elle dirige de la collection « Chouette penser » chez Gallimard-Giboulées.

« Peut-être idéalisons-nous trop tout ce qui touche à la politique ? La démocratie est nécessairement imparfaite et inachevée, mais c'est aussi sa grandeur. On introduit la confusion dans l'esprit des gens parce qu'on leur donne l'impression que toutes leurs attentes à l'égard de la politique peuvent être satisfaites. La déception est inévitable, d'où le désenchantement et même le dégoût. En réalité, la politique ne peut pas satisfaire toutes les attentes. Elle se joue dans la marge du possible mais le possible, ce n'est pas rien. La passion politique n'est pas éteinte dans notre pays, mais encore faut-il l'aider à se formuler intelligemment. »
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