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MollatVox 40

Publié le 19/01/2010
Les libraires sont de retour avec leurs coups de cœur sonores. Montez le son !


Underworld USA de James Ellroy (Rivages) présenté par Olivier Pène

24 février 1964, 7 h 16 du matin à Los Angeles. Attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus, trois braqueurs morts ; le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes.
C'est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s'ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid. Le narrateur reste dans l'ombre ; il a « suivi des gens, posé des micros et mis des téléphones sur écoute ». Il nous prévient que le livre est fondé sur « des documents publics détournés, des journaux intimes dérobés, la somme de mon expérience personnelle et quarante années d'études approfondies ».

Le récit lui-même peut alors commencer, suite directe d'American Death Trip. Été 1968 : Martin Luther King et Robert Kennedy ont été les victimes de conspirations meurtrières. La Convention démocrate de Chicago est sabotée par des spécialistes en coups fourrés. Howard Hughes s'est fait escroquer dans le rachat des casinos de Las Vegas par la mafia. Les militants noirs se préparent à l'insurrection dans les quartiers sud de Los Angeles, et le FBI, toujours sous la houlette de J. Edgar Hoover, utilise tous les moyens pour les détruire. À la croisée de ces événements, le destin a placé trois hommes : Dwight Holly, l'exécuteur des basses oeuvres de Hoover, Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d'héroïne, et Don Crutchfield, jeune détective obsédé par les femmes. Dwight, Wayne, Don : leurs vies s'entrechoquent sur la piste de Joan Rosen Klein, la « Déesse rouge », et chacun d'eux paiera « un tribut élevé et cruel à l'Histoire en marche ».

En 131 chapitres et cinq parties au titre aussi évocateur que provocateur, ce roman noir et politique reconstruit les années les plus tourmentées de l'Amérique du XXe siècle, avec une largeur de vision et une profondeur stupéfiantes. 


Hatchepsout : la reine mystérieuse de Christiane Desroches-Noblecourt (Flammarion) présenté par Marlène Treuthard

Hatchepsout, illustre pharaon au féminin, le premier en titre, gouverna l'Égypte pendant vingt ans. Maintenant la paix dans son royaume, la souveraine sera l'initiatrice de grands projets architecturaux, hauts lieux de ferveur religieuse et d'innovations artistiques, comme en témoigne son remarquable temple funéraire de Deir el Bahari. Mais cette magnificence ne peut cacher la disgrâce dans laquelle elle tomba après sa mort ; représentations systématiquement martelées, nom rayé des documents officiels ... La figure d'Hatchepsout se para alors de mystère ; elle reste aujourd'hui encore une énigme.

De l'enquête minutieuse de Christiane Desroches Noblecourt émerge l'émouvante personnalité d'une femme à l'intelligence subtile et à l'indomptable volonté. L'ouvrage, riche en anecdotes et illustre avec soin, se lit comme un roman. « Se risquer à faire revivre l'aventure d'une souveraine égyptienne morte il y a plus de 3400 ans mais plus que jamais médiatique, écrit l'auteur, tel est le défi qu'a voulu relever cet ouvrage. »


Zola Jackson de Gilles Leroy (Mercure de France) présenté par Sylvie Latour

«On nous l'avait promis. Juré. Que les nouveaux ouvrages jamais ne céderaient pas. Solides comme le roc. Plus forts encore que le barrage Hoover - un rempart infrangible. On nous l'avait promis et bêtement j'y ai cru. Zola ! Sois maudite ! Zola, tu étais mère, comment as-tu pu t'aveugler à ce point ?... Mon enfant est loin depuis longtemps. Dieu merci, mon enfant vit au loin. Au nord. Mon enfant a préféré le froid où jamais la sueur ne trahit en auréoles fautives sous les bras. Il avait raison, ce pays sous la mer ne vaut rien. Nos métiers ne valent rien. Nos maisons de bois ne valent rien. Mais ce piège est le mien, c'est là que je vis, c'est ma maison, mon cabanon, je n'ai qu'elle, elle et Lady. »

Août 2005, delta du Mississippi : l'ouragan Katrina s'abat sur La Nouvelle-Orléans. Les digues cèdent sur le lac Pontchartrain et les quartiers modestes sont engloutis.

La catastrophe touche de plein fouet la communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, l'institutrice Zola Jackson s'organise chez elle pour sa survie. L'eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct. Réfugiée dans le grenier avec sa chienne Lady, Zola n'a peut-être pas dit son dernier mot.

Sous la plume de Gilles Leroy, Zola Jackson, femme de trempe et mère émouvante, rejoint le cercle des grandes héroïnes romanesques.


Matriochka de Sandra Nelson et Sébastien Pelon (Père-Castor-Flammarion) présenté par Adeline Macéra

Au coeur de la forêt russe, vit une famille de modestes moujiks, Ivan, Natacha, et leurs cinq adorables filles : Katérina, Anna, Marina, Tatiana et Véra. Toutes les cinq sont inséparables et se ressemblent tant que seule leur taille les différencie.

Hélas ! La misère vient à frapper le foyer. Les parents doivent envoyer Katérina travailler pour la terrible ogresse Baba Yaga. Mais pas question pour les fillettes d'abandonner leur sœur aînée. Au mépris du danger, elles décident de l'accompagner.

Et si toutes les cinq réunies avaient le pouvoir de vaincre les maléfices de la sorcière ?


La douane volante de François Place (Gallimard-Jeunesse) présenté par Véronique Durand

Bretagne, 1914. La guerre menace.

Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais ... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l'Égaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante ?

Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d'écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

La saison des flèches de Guillaume Trouillard et Samuel Stento (Editions de la Cerise) présenté par Loïc Nicolas

Irving McMulligan fit une invention, en 1879, des plus étranges : il a trouvé le moyen de mettre des Indiens en boîte ! Si bien qu'aujourd'hui, il est possible d'accueillir chez soi, grâce à la Mulligan's Tradition Inc. de véritables Indiens : « le Far-West à la maison pour 19 euros seulement » est-il écrit sur la boîte.

Un couple de retraités charentais se laisse tenter et accueille une famille Sioux dans leur appartement sans balcon. Il est difficile de cohabiter. Dans les pas des Indiens, arrivent les bisons et les chercheurs d'or, le couloir se transforme en canyon, un lac naturel surgit devant le canapé, un gigantesque arbre à flèches bourgeonne dans la chambre à coucher. Le voisin du dessous se plaint d'infiltrations d'eau.

Un somptueux délire graphique.
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