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Une histoire du football mais pas que…

Publié le 10/06/2010
La Coupe du monde, pour la première fois sur le sol africain, est pour nous l'occasion de revenir sur ce sport emblématique qui cristallise de nombreuses représentations.
Populaire descendant des jeux de balles pratiqués partout dans le monde (en Europe, chez les Indiens d'Amérique comme au Japon), le football naît officiellement en octobre 1848. C'est au Trinity College de Cambridge que sont édictées les règles officielles du football. Elles sont alors adoptées par les plus grands collèges britanniques et, de là, seront peu à peu popularisées dans tout le Royaume-Uni avec la création de ligues professionnelles et amateurs, et de championnats. Les Anglais, formidables voyageurs, commencent dès le début du XXe siècle à universaliser le football. Ils créent ainsi des associations, des clubs et des fédérations en Europe, en Amérique latine, en Asie ou bien encore en Afrique. Point d'orgue de cette pandémie footballistique, la première Coupe du monde voit le jour en 1930 et se déroule en Uruguay. C'est le coup d'envoi d'une folie planétaire qui fera du football la discipline médaille d'or au championnat du monde des sports. En effet, la Coupe du monde attire tous les quatre ans un nombre record de téléspectateurs. C'est pourquoi, le choix du cru 2010, l'Afrique du Sud n'est absolument pas anodin. Le football africain trouve ses origines pendant la colonisation, lorsque les colons, pour différentes raisons, commencent à enseigner le football aux « indigènes ». Les Britanniques se servent de ce sport pour inculquer leurs règles sociales aux enfants des chefs de clans. Les Français voient dans le football un simple exercice physique destiné à garder les colonisés en forme tandis que les religieux Belges y trouvent l'occasion de se forger une image paternaliste. Lors de la décolonisation, le football se mue dans de nombreux pays en symbole de l'identité nationale et chaque match gagné est perçu comme une victoire contre les colonisateurs. L'indépendance acquise, le football sert alors de levier aux pays africains pour faire entendre leurs voix sur la scène internationale. A contrario, les instances internationales comme la FIFA contribueront pour beaucoup à la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. D'autre part, le grand talent des footballeurs africains et leur style de jeu très offensif leur ouvrent très tôt les portes de l'Europe. La vertu fédératrice du foot implique également des responsabilités en termes d'images et de morale. Aujourd'hui le football joue encore un rôle assimilateur pour les immigrants Africains qui trouvent dans ce sport un moyen de dépasser les discriminations grâce à leur talent et à leur soif de victoire. Ce sport représente pour bon nombre de jeunes un facteur d'intégration dans les cités mais aussi dans la cour de récréation. Le ballon rond amène spontanément les gens à partager, à échanger.

Le foot invite à la diversité, à la mixité raciale et sociale, implique un respect des règles et de l'adversaire. Recouvrant de nombreux domaines, il intéresse les sociologues pour l'aspect « fanatique » qu'il peut faire naître, Jean-Marie Brohm parle alors « d'opium du peuple ». Quant aux économistes ils analyseront l'empire financier de ce sport qui possède une multitude de produits dérivés, qui influence l'audimat télévisuel et use de nombreux réseaux de communications (Internet, journaux spécialisés, téléphonie…). Les intellectuels s'intéressent au football pour de nombreuses raisons sans oublier que pour certains jeunes des joueurs comme Zidane ou Chamakh deviennent de véritables modèles d'identification et incarnent des valeurs populaires et universelles.
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