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Goncourt : le dernier carré

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Publié le 27/10/2011
À qui le prix Goncourt 2011 : Sorj Chalandon (tout juste lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française 2011) ? Alexis Jenni ? Carole Martinez ? Lyonel Trouillot ?Réponse : le mercredi 2 novembre.Sans se faire jurés, les libraires vous livrent leurs impressions sur les derniers romans de ce quatuor et donnent la parole aux auteurs en vidéo...
Retour à Killybegs de Sorj Chalandon (Grasset) - Grand Prix du roman de l'Académie française 2011

Tyrone Meehan, le fameux « traître » d'un des précédents romans de Sorj Chalandon, revient dans la maison de son enfance pour y mourir. L'occasion pour lui de se replonger dans ses années au sein de l'IRA et de revivre le moment où tout a basculé. Une histoire sensible, toute en finesse, qui pose des questions sans jamais prendre parti sur le poids de la conscience et de la trahison. Assurément un évènement de cette rentrée littéraire.





L'art français de la guerre
d'Alexis Jenni (Gallimard)

Le plus ambitieux mais aussi le plus réussi des romans de la rentrée, qui plus est un premier roman dont les dimensions, les analyses et l'interrogation de l'Histoire auront tôt fait de séduire les lecteurs exigeants. Un jeune homme qui vit son aventure personnelle en décalage avec une société devenue incompréhensible dans son fanatisme d'auto-destruction, fait la connaissance d'un vieux peintre qui trace à l'encre de sublimes tableaux. A son contact il va entendre l'histoire de quelques décennies à travers le prisme des guerres vécues par celui qui fut un soldat de métier engagé dans des guerres de plus en plus sales. Impitoyable analyse d'une nation qui abandonne sa grandeur imaginaire sans rien comprendre, L'Art français de la guerre choisit la démesure narrative pour ne céder à aucun des vertiges réducteurs et politiquement corrects qui interdisent à la littérature de se mêler d'Histoire. Stimulant intellectuellement, construit avec habileté et sans que se devine l'architecture du projet, cet épais roman tient ses promesses jusqu'au bout. Un miracle en somme ? (Podcast de la rencontre à la librairie)





Du domaine des murmures de Carole Martinez (Gallimard)

Après l'Espagne du XIXe siècle, c'est dans la France du Moyen Age que Carole Martinez choisit de situer l'action de son deuxième roman, Du Domaine des murmures. L'auteur dresse un superbe portrait de femme à travers son héroïne, la jeune Esclarmonde, qui va s'opposer à la volonté d'un père hargneux et violent en refusant le mariage pour choisir une vie de religieuse cloîtrée. On suit ainsi le destin douloureux d'une femme dont la vie est entièrement vouée à la foi et à la méditation dans le XIIe siècle sombre des guerres de religion. (Podcast de la rencontre à la librairie)





La belle amour humaine de Lyonel Trouillot (Actes Sud)

Sur mollat.com : Quand elle décide de découvrir qui était son père, qu'elle n'a pratiquement pas connu, Anaïse réalise un long voyage pour Anse-à-Fôleur, à Haïti, qu'elle atteindra en sept heures de route. Pendant tout ce temps, son guide et chauffeur parle inlassablement – ou plutôt se décharge – de toutes ces pensées, réflexions, scènes qu'il a vues et entendues dans son automobile au fil des années par les touristes qui, sous prétexte d'avoir payé un billet d'avion, se permettent de critiquer un pays qu'ils ne connaissent pas. Comme le ferait un proche, il la met en garde contre ce qu'elle espère découvrir ; ce que d'autres avant elles n'ont pas trouvé, et sur le comportement des individus dits respectables. Lyonel Trouillot signe ici un merveilleux roman chargé d'humour et de cynisme qui donne à réfléchir sur la place de l'être humain dans le monde et sur ce mouvement de solidarité qui devrait tous nous animer, mais dont beaucoup n'ont même pas l'idée.

Sur le blog des littératures, Ces mots-là, c'est Mollat : Quelle est la place de l'homme sur cette Terre ? Que doit-il faire de sa vie ? Pourquoi naître blanc ou noir ? Où est donc passé la solidarité entre les êtres humains ? Tant de questions qui sont traitées avec humour, cynisme, tristesse dans le nouveau roman de Lyonel Trouillot : La belle amour humaine, publié aux éditions Actes Sud. Anaïse n'a pas bien connu son père, c'est pourquoi elle décide d'entreprendre un long voyage pour Anse-à-Fôleur à Haïti. Dans la voiture qui l'amène à destination, le guide parle sans cesse de tous les touristes qu'il a transportés, de leurs déplorables réflexions sur un pays qu'ils ne connaissent pas, de leur bêtise face à ce qu'ils appellent « l'exotisme » ou du comportement qu'ils ont les uns envers les autres. Sur un ton fraternel il met en garde la jeune femme contre ce qu'elle croit pouvoir trouver alors que d'autres ont échoué avant elle ou sur l'attitude désastreuse que peuvent avoir des hommes dits respectables. Anaïse vit dans un monde de lumière. Que ce soit le jour où la nuit, les rues sont toujours éclairées à la capitale. Elle ne comprend pas les coutumes d'Anse-à-Fôleur, mais cela a peu d'importance comparée à sa présence en ce lieu magique où l'on chante, danse, joue pour célébrer la mort d'un homme plutôt que de le laisser seul entre quatre planches. Ici, elle découvrira d'autres couleurs et d'autres émotions qui étaient jusqu'alors bien enfouies dans ses gênes. Après Yanvalou pour Charlie qui a remporté le prix Wepler en 2009, Lyonel Trouillot nous offre encore un merveilleux roman qui invite à se réconcilier avec l'espèce humaine et à donner le meilleur de nous-même les jours suivants.
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