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French New Wave

Une actualité de Vincent Dourthe
Publié le 07/10/2021
1978 le punk s'est déjà autodétruit. C'est le moment où la France s’approprie le mouvement New Wave avec la volonté de se détacher de l'influence anglaise.

Lorsqu'on évoque la "Nouvelle Vague" en France on se trouve dans l'univers cinématographique, on cite Godard, Truffaut, Rohmer et bien d'autres, mais lorsqu’on veut découvrir le versant musical on emploie étonnamment un terme anglais "French New Wave". Est-ce à dire ,contrairement au cinéma, que nous n'avons fait que "créer" une copie absolument identique d'un phénomène musical né de l'autre côté de la Manche ?

Oui et non. Il est impossible de nier l'influence des changements de perspectives de la mouvance Rock'n'Roll britannique, des méga-groupes inventant la Pop Music comme les Beatles ou les Kinks aux serviteurs du blues (Rolling Stones, Led Zeppelin) jusqu'à la déferlante Punk de la fin des années 70 . Les groupes français ne font que suivre bien sûr et les paroles en anglais la plupart du temps dénotent cette soumission.

Alors pourquoi la French New Wave vient apporter un certain intérêt sur la capitale française et d'autres scènes hexagonales ?

On va tout d'abord sortir des clichés rock et de ses limites, on va être plus cérébral et intellectuel (ça ne vous rappelle rien ?). C'est une autre façon de faire de la musique sans doute plus prétentieuse.

En général un mouvement culturel est un tout, il ne peut se passer de l'apport de la mode, de lieux nocturnes et de journalistes. On parle de Jean-Eric Perrin et sa rubrique mensuelle  "Frenchy But Chic" dans Rock & Folk, Michka Assayas, Louis Philippe, Jean-Pierre Dionnet, Géant Vert, les inévitables Yves Adrien et Alain Pacadis, Patrick Eudeline.  

On déambule dans le Paris des années Palace, Rose Bonbon, Bains Douches… mais la Province n'est pas en reste : Rennes, Rouen, Nantes, Lyon accueillent des groupes , des disquaires et des salles de concerts. 

La jeunesse hyper stylée vient y écouter Étienne Daho, Indochine, Alain Bashung,  Marquis de Sade, Taxi Girl, Elli & Jacno, Les Rita Mitsouko, Modern Guy, Suicide Romeo, Marie et les Garçons. Ces "jeunes gens modernes"comme le journal "Actuel" par l'intermédiaire de son créateur Yves Bizot, les a catalogués. Les filles participent à la fête , la reine des punks Edwidge Belmore (Mathématiques Modernes), Lizzy Mercier Descloux  Elli Medeiros, Pascale Le Beurre (Complot Bronswick/Marc Seberg), Agathe Labernia (Regrets), Véronique Vincent (Les Tueurs de la Lune de Miel), Mona Soyoc (Kas Product), Marie France, Laurence Romance (Radio Romance), Isabelle Anténa.

On chante en français ? Pas exclusivement mais la plupart du temps, des textes légers d'un côté, plus froids et littéraires d'un autre. 

La New Wave française, réminiscence de la scène punk auto destructive, devait créer ses propres structures pour accompagner le mouvement. Les labels Sordide Sentimental, Celluloïd, Les Disques du Crépuscules, Crammed Discs, Invitation au Suicide, Les Disques du Soleil et de  l’Acier, Réflexes, New Rose, sonnent encore aujourd'hui à nos oreilles comme des pépites. 

Ce mouvement durera une dizaine d'années. Entre les fêtes, la poudre blanche qui circule, le sida qui commence sa propagation, beaucoup de protagonistes vont "Tomber pour la France" comme le chantait Etienne Daho.

Bibliographie