Chargement...
Chargement...

La RDA

Un dossier de
Publié le 18/02/2026
À l’occasion de la sortie d’une ambitieuse "Histoire globale de la RDA" par Nicolas Offenstadt aux éditions Tallandier, revenons sur la trajectoire de ce pays disparu en 1990 au moment de la réunification de l’Allemagne.

La République démocratique allemande

La RDA est officiellement fondée le 7 octobre 1949, quelques mois après la création de la RFA – République fédérale d’Allemagne – dans la zone occupée par les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France. Issue d’une volonté politique née dans l’esprit de certains communistes exilés à Moscou durant la Seconde Guerre mondiale, la RDA représente alors un idéal politique en réaction aux affres du nazisme mais également en opposition au modèle économique occidental. Le poète Franz Fühmann s’enthousiasme alors pour ce nouvel Etat : « Depuis la fin du Troisième Reich, nous avons une responsabilité face à l’histoire, celle de prouver qu’il existe un véritable socialisme » (cité par Élisa Goudin, Ce qui reste de la RDA, article La vie des idées, 2019). Bien qu’il y ait un président en RDA, l’homme fort du pays se trouve à la tête du SED, Parti socialiste unifié d’Allemagne, issu de la fusion en 1946 entre le KPD (Parti communiste) et le SPD (Parti social-démocrate), fusion forcée par les Soviétiques. La RDA s’inspire économiquement du fonctionnement de l’URSS avec une forte politique de nationalisation. Les convergences ne s’arrêtent pas au domaine économique. Calquée sur le NKVD soviétique, la Stasi contrôle la population en fichant des millions de personnes et en traquant les opinions opposées au régime.

Le Rideau de Fer et le Mur de Berlin

Un discours officiel défend le bloc de l’est comme le bloc de la paix face à l’impérialisme occidental et promeut le communisme et la dénazification au sein de la RDA. Malgré ce discours qui peut imprimer dans l’esprit de certains, le manque de liberté, de démocratie et les problèmes économiques tendent à faire germer chez beaucoup d’Allemand de l’Est une envie de traverser la frontière pour profiter du développement économique plus rapide à l’ouest. Un exode important a donc lieu ce qui fait dire au maire de Berlin-Ouest Willy Brandt, les Allemands de l’Est « votent avec leur pieds ». Face à cela, l’URSS décide de mettre en place le Rideau de Fer matérialisé à Berlin par la construction du Mur en 1961.
La période qui s’étend de 1961 à la chute du Mur en novembre 1989 et la réunification l’année d’après est marquée par une crise économique latente en RDA et au sein du bloc de l’Est de manière générale. Malgré des rapprochements diplomatiques entre les deux Allemagnes dans les années 1970, la crise et le mécontentement de la population dans les années 1980 deviennent trop importants pour que Mikhaïl Gorbatchev puisse empêcher la fin programmée de la RDA. Le président soviétique annonce qu’il n’y aura pas de répression des manifestations où des slogans comme « Wir sind ein Volk » (Nous sommes un peuple) résonne de plus en plus. Le 9 novembre 1989, le SED annonce la levée des restrictions de voyages entre les deux Allemagne ce qui accélère la chute du Mur dans la nuit.

1990 : L’Allemagne redevient unie

Il faut rappeler le choc mondial de cet évènement heureux qui intervient après des épisodes dramatiques bouleversant l’opinion mondial. « La mémoire de 1989 est tellement dominée par l’incroyable joie à la chute du mur de Berlin qu’on en oublierait presque que la fin de la RDA et l’unification allemande en 1990 ont été précédées de tant de peur et d’indignation, à Tian’anmen, à Leipzig, à Prague, puis à Bucarest et Timisoara. » souligne ainsi Hélène Miard-Delacroix dans son excellent ouvrage Les émotions de 1989 paru chez Flammarion en 2025.
Dès lors, en 1990 a lieu la réunification. Le modèle de la RFA s’impose complètement sur le territoire de la RDA. Nicolas Offensdadt parle ainsi de « pays disparu » pour décrire cet état de fait (Le pays disparu : sur les traces de la RDA, Nicolas Offenstadt, Folio). Rien de la RDA n’a en effet subsisté dans l’Allemagne réunifiée. Cette annexion plus que cette réunification provoque encore aujourd’hui du ressentiment dans les Länders de l’Est. Les inégalités entre l’Ouest et l’Est du pays sont toujours visibles plus de 35 ans après la chute du Mur.

Une culture, un paysage, une mémoire

Lorsque Nicolas Offensdadt se rend sur les traces de la RDA dans son ouvrage Urbex RDA paru chez Albin Michel, il remarque qu’il « faut peu de temps pour tomber sur des bâtiments abandonnés, qu’il s’agisse de grands ensembles, d’ateliers, de complexes industriels, ou encore d’institutions sociales ou politiques, sur le site même qu’elles occupaient du temps de l’Allemagne socialiste ». La RDA a donc laissé un paysage et des objets qui produise une mémoire.
La RDA c’est aussi une culture, fortement contrôlée et impulsée par les autorités. « La production culturelle s’inscrit dans ce volontarisme d’en haut, d’État qui est aussi un contrôle des orientations culturelles afin de promouvoir une « culture socialiste », dont le contenu est plus ou moins ouvert, selon les lieux et les moments » (Nicolas Offensdadt, Histoire globale de la RDA). En réaction à ce contrôle de l’Etat, des contre-cultures émergent dans les années 1980 notamment le mouvement punk (Too much future, michael Boehlke et Henryk Gericke, Allia).
Pour mieux comprendre l’histoire de ce pays disparu, aux réalités complexes et à la mémoire plurielle, nous vous proposons une sélection d’études historiques, de romans, de bandes dessinées et d’albums photographiques.

Découvrir la RDA

Le Mur de Berlin

Histoire de l'Allemagne contemporaine

Cultures et paysages

La RDA dans la littérature

Pour en savoir plus

Nicolas Offenstadt - Histoire globale de la RDA

Une analyse profonde et nuancée de la République démocratique allemande, loin des clichés de la G...
Nicolas Offenstadt vous présente son ouvrage "Histoire globale de la RDA" aux éditions Tallandier...

1