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Les O.L.N.I. (Objets Littéraires Non Identifiés) 1

Publié le 30/10/2007
La suite de notre dossier sur ces livres étranges et venus d'ailleurs...

Le cornet acoustique, Léonora Carrington
Objet : Professeur Tournesol
Un savoureux récit mi-autobiographique, mi-fantastique sous la plume de la turbulente compagne de Marx Ernst.  Des textes hors du temps, qui nous conduisent dans l'univers délavé d'une Mère Grand, dans un lieu asilaire, traité avec grand humour.

Paulina 1880, Pierre Jean jouve
Objet : Soeur Blandine et Cie
L'Italie, une novice, un amour illicite, un drame. Aux  frontières de la poésie, ce récit est fulgurant, haché, précipité, laissant toute sa place aux mystères de l'inconscient. Le journal au couvent, rythmé par des petites croix noires, vous guideront vers un chemin hautement mystique et vous vous surprendrez à prier avec l'os de Saint Vincent au côté de Paulina.

L'écume des jours, Boris Vian
Objet : l'amour sur un air de Duke Ellington
Un livre culte. L'Ecume des jours raconte l'histoire poignante de deux amants, Colin et Chloé. C'est aussi une véritable immersion dans l'univers loufoque, décalé, mais tellement poétique de Boris Vian. Ici, les murs bougent sans cesse, les pianos fabriquent des cocktails et le jazz est omniprésent.

Dondog, Antoine Volodine
Objet : un délire post-exotique
Un univers cahotique où la misère, la crasse et les blattes sont omniprésentes; des personnages au passé trouble, dont l'identité change sans cesse, et un héros, Dondog, "l'homme aux quatre noms", rescapé des camps et hanté par un désir de vengeance toujours inassouvi. A travers ce roman, Volodine nous initie au fameux concept de "post-exotisme" dont il est l'initiateur: une littérature où réel et imaginaire se confondent, une réflexion sur l'histoire politique du XXe siècle, sur les révolutions, sur la guerre. Dans ce monde en déliquescence où la violence est sous-jacente, le lecteur perd sans cesse ses repères. Dondog est véritablement un roman dont on ne sort pas indemne.

Belle du seigneur, Albert Cohen
Objet : Les histoires d'amour finissent mal, en général
Belle du Seigneur  est sans doute le plus grand comme le plus terrible des romans d'amour du XXe siècle. A travers le couple Ariane et Solal, Cohen opère une démystification de la passion amoureuse. Ecrit avec l'empreinte prégnante de la Deuxième Guerre Mondiale, l'oeuvre revêt aussi une grande dimension politique: attaque de la bourgeoisie, mise à mal des rapports sociaux, le tout mené avec beaucoup d'ironie et d'humour. Et ce n'est peut être pas un hasard si ce roman tellement ambitieux et critique soit paru en 1968...

L'année du jardinier, Karel Capek
Objet : Almanach de la main verte
Qu'est ce qu'un almanach de jardinier vient faire dans un rayon littérature, peut-on se demander ? Mais on comprend vite, en parcourant les saisons de ce livre, que l'auteur ne se contente pas de donner des conseils d'entretien et de plantation à des jardiniers convaincus, mais qu'il nous communique sa passion, ses réflexions, dans un style  drôle et poétique. De quoi donner envie au plus fervent citadin de marcher les pieds nus dans l'herbe. Un vrai petit bonheur de lecture et une bouffée d'air frais.

La petite fille dans le cercle de la lune, Sia Fiegel
Objet : "Triste Tropique"
Une petite fille qui raconte son quotidien, en littérature, ça c'est déjà vu... Mais, ce qui fait de ce livre un objet particulier, c'est la forme et le style utilisés par l'auteur pour nous faire comprendre le choc culturel vécu par le personnage. Les chapitres sont courts et Sia Fiegel emploie beaucoup de mots du vocabulaire des Iles Samoa. Le lecteur est un peu perdu et doit faire un effort pour comprendre le récit de l'enfant. Il se retrouve ainsi dans la même position que la petite Samoana.

Les exercices de style, Raymond Queneau
Objet : 99 fois
Comment raconter quatre vingt dix neuf fois la même histoire sans lasser le lecteur ? En choisissant une histoire "quelconque" (un jeune homme monte dans un autobus, a une altercation avec un passager, jeune homme que le narrateur recevra plus tard), Raymond Queneau se donne la liberté de se concentrer sur le style. Le narrateur est tour à tour "ampoulé, "vulgaire", "hélléniste" ou "animiste" et l'histoire prend une nouvelle saveur à chaque nouvelle personalité endossée. Un savoureux exercice littéraire...

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